Managing the emergency: the case of the reconstruction of the school system after the earthquake of May 2012 in Emilia Romagna

Patrizio BIANCHI (Università di Ferrara, Regione Emilia‐Romagna)

3ème Table Ronde «Incertitude et connaissances en SHS : production, diffusion, transfert», Nice, 23-24 juin 2014, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Share Button

L’incertitude dans la relation d’enquête ethnographique en Sciences sociales

Christian RINAUDO (Unité de Recherche Migrations et Sociétés, CNRS – UMR 8245, IRDUMR 205, Université Nice Sophia Antipolis ‐ Paris Diderot)

3ème Table Ronde «Incertitude et connaissances en SHS : production, diffusion, transfert», Nice, 23-24 juin 2014, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


 L’examen de la littérature sociologique et anthropologique qui a traité, d’une manière ou d’une autre, la question de la prise en compte de l’incertitude sur les sujets dans la relation d’enquête nous amène à faire une distinction entre trois postures distinctes à partir desquelles sont envisagées la production et l’interprétation des données ethnographiques. Celle selon laquelle « faire science » consiste à écarter toute possibilité d’incertitude. Celle, désormais la plus courante et la plus diversifiée, consistant, face à cette attitude positiviste qui ne questionne pas les effets de la situation d’enquête, à reconnaître l’incertitude et à tenter de la réduire ou de la neutraliser pour « faire science ». Celle, enfin, encore peu courante, qui vise à tirer parti de l’incertitude pour produire de la connaissance, à « faire science » non pas en dépit de l’incertitude sur les sujets dans la relation d’enquête, mais du fait même de celle-ci.

Share Button

Évaluation des domaines d’incertitude et de leur éventuelle diminution dans un projet collectif de recherche interdisciplinaire : le cas du PCR Réseau de lithothèques en Rhône‐Alpes

Christophe TUFFERY (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, Paris), Paul FERNANDES (Paléotime), Jean-Paul RAYNAL (Université de Bordeaux, UMR 5199 PACEA, et Department of Human Evolution, Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology – Leipzig)

3ème Table Ronde «Incertitude et connaissances en SHS : production, diffusion, transfert», Nice, 23-24 juin 2014, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


La mise en œuvre depuis 2006 du PCR Réseau de lithothèques en Rhône-Alpes-Auvergne répond au besoin d’une mise en commun d’un ensemble de contenus, actuellement dispersés et multiformes, sur l’identification, la caractérisation et le géoréférencement des géoressources en silex sur une partie de la France métropolitaine. Initialement délimité à la région Rhône-Alpes et l’Auvergne, ce projet s’est récemment étendu à l’ensemble du sud de la France. Il devrait s’étendre prochainement à des régions des pays limitrophes (Italie, Espagne, Suisse).

Les premières étapes du travail ont très vite révélé la diversité des pratiques et des modalités de description et de caractérisation des formations à silex in situ (qui sont plutôt le fait de géologues), des échantillons géologiques (qui relèvent davantage des pétrographes et des géochimistes), et enfin des pièces lithiques (qui proviennent des travaux d’archéologues). A ces trois domaines disciplinaires correspondent des méthodes d’observations différentes.

Le PCR Réseau de lithothèques se veut un projet résolument interdisciplinaire entre Sciences Humaines et Sociales (archéologie, géographie), Sciences de l’Univers (géologie, géochimie, pétrographie), et Sciences de l’écologie et de l’environnement (paléoenvironnement, paléoécologie, géoressources, chimie environnementale), sans oublier les Sciences de l’information qui, même si elles ne sont pas formellement associées, n’en sont pas moins mobilisées à travers les systèmes d’information géographique et la mise en œuvre des données scientifiques sur des plateformes de diffusion des données et des connaissances.

La nécessité de déterminer la provenance de la matière première ayant servi à la fabrication des outils de pierre (pétroarchéologie), démarche aussi ancienne que les premières recherches des préhistoriens, est pourtant souvent biaisée du fait d’une connaissance imparfaite et incomplète du domaine minéral.

La pétroarchéologie du silex est une discipline qui se pratique généralement à l’échelle régionale. Sa pertinence repose sur notre connaissance des disponibilités actuelles et passées en géomatériaux. Le degré d’exhaustivité des collections de référence est très inégal d’une région à l’autre et les limites administratives cloisonnent inutilement les initiatives : le manque de contact entre prospecteurs est par conséquent fréquent et génère des protocoles d’acquisition des données différents, des dérives de problématique et des usages parfois incorrects du vocabulaire descriptif. Les données offertes sont disparates et s’avèrent inadéquates face aux questionnements archéologiques relatifs à la circulation des matériaux, donc des hommes.

C’est pour répondre à ces dérives que dès 2007[1] nos cartes furent élaborées selon un protocole commun mis au point par les membres du PCR « Réseau de Lithothèques en Rhône-Alpes-Auvergne »[2]. Les premières données géoréférencées utilisaient des systèmes de coordonnées différents (Lambert 2 zone, Lambert 2 étendu, WGS 84), ce qui a nécessité un important travail de reprojection des données en un système commun de géoréférencement, problème très courant en géographie[3].

Une fois harmonisées, ces données ont permis de visualiser les lieux potentiels de prélèvements de silex dans les régions Rhône-Alpes et Auvergne et de les confronter aux données archéologiques. Pour le Paléolithique moyen, cette démarche permet par exemple de répondre en partie à la question des relations entre vallée du Rhône et Massif central[4]. La qualité et l’ampleur de la documentation acquise permettent d’envisager des modèles d’exploitation qui dépassent les limites géographiques régionales.

Toutefois, ces premières cartes localisaient les ressources identifiées sous forme de points : bien que fidèles, elles ne traduisaient que partiellement l’étendue des formations primaires et secondaires qui recèlent les ressources minérales et encore moins le fait qu’elles soient organisées en topo-séquences.

Dès 2009, nous nous sommes donc concentrés sur un mode de géoréférencement, non plus des affleurements, mais de l’ensemble de la formation contenant des silicifications. Cette démarche a fusionné des données qui avaient été utilisées pour produire plusieurs cartes[5],[6],[7],[8].

En 2011, nous avons décidé d’élargir le champ de ces investigations à tout le sud de la France afin de répondre aux problèmes posés par la présence de silex d’origine lointaine (plus de 100 km) dans les séries archéologiques. La carte établie alors indique les limites topographiques et l’origine stratigraphique des principales formations à silex dans six régions (Aquitaine, Auvergne, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte-D’azur, Rhône-Alpes).

A partir de 2012, plusieurs initiatives ont vu le jour pour harmoniser les systèmes de bases de données, refonder les méthodes de caractérisation et optimiser les dispositifs d’accès à la documentation. De ce fait, un réseau professionnel fédérant la plupart des acteurs concernés s’est constitué dans le giron des UMR du grand sud de la France. Confortés par cette synergie et les récents travaux sur les capacités d’enregistrement du silex[9], nous avons entamé un traitement spatial visant à décrypter la dynamique de diffusion pour chaque type de silex marqueur collecté en position primaire. En reconstituant l’itinéraire parcouru par les silex (la chaine évolutive) nous précisons la provenance du mobilier lithique présent dans une unité archéologique.

A ce jour, si les approches mobilisées par ce projet, demeurent ancrées dans leur horizon disciplinaire d’origine, elles ont néanmoins toutes compris la nécessité de remettre en partie en cause leurs pratiques traditionnelles de référencement de leurs données respectives, pour tendre vers une interopérabilité sémantique, et pas seulement technique, des corpus de connaissances qu’elles produisent, rejoignant des préconisations méthodologiques déjà connues[10]. Certes les chercheurs peuvent légitimement redouter les facteurs d’incertitude révélés à l’occasion d’échanges interdisciplinaires. Mais plutôt que de les fuir, il semble admis aujourd’hui par tous les partenaires que les divers facteurs d’incertitude disciplinaire sont des paramètres à admettre[11]. « Faire science avec l’incertitude » devient alors non seulement un contexte, une contrainte, mais aussi une nécessité épistémologique. Des évolutions dans les pratiques de la recherche se font ainsi jour, non pas pour affirmer que la connaissance produite jusque là n’était pas de qualité, mais que celle-ci nécessite de devenir davantage explicitée pour pouvoir être échangée, ce qui constitue à la fois une condition et un enjeu à une pratique pluridisciplinaire où l’incertitude semble mieux admise et donc assumée.

Enfin il ne faut pas oublier que l’incertitude n’est pas seulement appréciée collectivement par des équipes de chercheurs, mais qu’elle l’est aussi par chacun des chercheurs à titre individuel. A ce titre, l’incertitude est aussi une affaire de psychologie et de biographie des chercheurs. Les façons de « faire science avec l’incertitude » ne sont donc pas les mêmes au sein des collectifs de chercheurs et « tout dépend de l’idéal de scientificité auquel la description considérée se trouve chez chaque auteur rapportée[12].


[1] BRESSY C. et al. (2007) Réseau de lithothèques en Rhône-Alpes, rapport d’activités du Projet Collectif de Recherche. 105 p.
[2] FERNANDES P. et al. (2013) – Une carte et une base de données pour les formations à silex du sud de la France : un outil pour la pétroarchéologie. Paléo, n°24, décembre 2013, pp.219-228.
[3] L’incertitude dans les sciences géographiques : spécificités, schémas d’appréhension. . « Faire science avec l’incertitude ». Proposition pour la 1ère table ronde « L’incertitude : regards pluridisciplinaires », Nice, 19 juin 2013
[4] RAYNAL J.-P. ,MONCEL M.-H., FERNANDES P., BINDON P., DAUJEARD C., FIORE I., SANTAGATA C., LECOOR-LE-BEUX M., GUADELLI J.-L., LE PAPE J.-M., TAGLIACOZZO A., LIABEUF R., SERVANT L., AULANIER M., SERET H. (2013b) – Land-Use Strategies, Related Tool-Kits and Social Organization of Lower and Middle Palaeolithic Groups in the South-East of the Massif Central, France, Quartär, 2013, n° 60, p. 29-59.
[5] GUIBERT R. (2000) – Gestion des industries lithiques mésolithiques et néolithiques du Sud-Est de la France. Thèse de 3ème Cycle, Université Paris-I, 369 p
[6] AFFOLTER J. (2009) Les Douattes (Musièges, Haute-Savoie) : les séries magdaléniennes et aziliennes des fouilles Jayet et Pion (1999-2002) In : G. Pion et L. Mevel (dir.) La fin du Paléolithique supérieur dans les Alpes du nord et le jura méridional. Approches culturelles et environnementales. Projet collectif de recherche dirigé par Gilbert Pion. Mémoire de la Société préhistorique française, 50, 161-172 p.
[7] AFFOLTER J. et BRESSY C. (2009) Les matières premières siliceuses: méthodes d’études et ressources In : G. Pion et L. Mevel (dir.) La fin du Paléolithique supérieur dans les Alpes du nord et le jura méridional. Approches culturelles et environnementales. Projet collectif de recherche dirigé par Gilbert Pion. Mémoire de la Société préhistorique française, 50, 143-159 p.
[8] BRESSY C. (2009) – Approvisionnements en silex à l’azilien récent: le site de Gerbaix (Saint-Christophe, Savoie) In : G. Pion et L. Mevel (dir.) La fin du Paléolithique supérieur dans les Alpes du nord et le jura méridional. Approches culturelles et environnementales. Projet collectif de recherche dirigé par Gilbert Pion. Mémoire de la Société préhistorique française, 50, 173-194 p.
[9] FERNANDES P. (2012) – Itinéraires et transformations du silex : une pétroarchéologie refondée, application au Paléolithique moyen. PHD Thesis, Université Bordeaux 1, ED Sciences et Environnement, Spécialité Préhistoire, Vol. 1 texte et figures 452 p, Vol. 2 Annexes 164 p.
[10] GARDIN J.‐C. (1979) – Une archéologie théorique. Paris, 339 p., Hachette Littérature, L’Esprit critique.
[11] BERTONCELLO F. (2013) – L’incertitude en archéologie. « Faire science avec l’incertitude ». Proposition pour la 1ère table ronde « L’incertitude : regards pluridisciplinaires », Nice, 19 juin 2013

[12] SOLER L., 2001, « Certitudes, incertitudes et enjeux de la philosophie des sciences contemporaine », Le Portique [En ligne], 7 | 2001, mis en ligne le 10 mars 2005, consulté le 18 mai 2014. URL : http://leportique.revues.org/236


Share Button

Prise de conscience et prise en compte des sous-déterminations en géographie de modélisation

Franck VARENNE (Université de Rouen, Groupe d’Etude des Méthodes de l’Analyse Sociologique de la Sorbonne ‐ UMR 8598)

3ème Table Ronde «Incertitude et connaissances en SHS : production, diffusion, transfert», Nice, 23-24 juin 2014, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


Dans les années 1950, la « révolution de la géographie théorique et quantitative » (Burton, 1963) s’était en partie justifiée par l’invocation de l’épistémologie théorique de type positiviste, épistémologie selon laquelle, à partir des faits, il est en droit toujours possible de déterminer de manière univoque la théorie susceptible de les expliquer. Mais, à l’époque même où l’épistémologie théorique fournit sa propre autocritique en introduisant au moyen d’arguments conceptuels et philosophiques la notion de sous-détermination Théories/Faits (Quine, 1953), la géographie – tant physique qu’humaine – fait sur le terrain l’épreuve de l’existence d’une pluralité de sources et donc de types de sous-détermination, mutuellement irréductibles.

Cet exposé a pour premier objectif de rappeler brièvement les différentes conditions et les différents contextes dans lesquels la géographie – qui s’affichera notamment du fait de cette prise de conscience de moins en moins « théorique » et de plus en plus « de modélisation » – a fait l’épreuve de la sous-détermination. Ces points d’histoire des sciences récentes nous permettrons de distinguer la sous-détermination philosophique Théorie/Faits conçue par Quine de certaines variétés de sous-déterminations techniques éprouvées tantôt sur le terrain, tantôt dans la pratique de formalisation effective des modélisateurs.

Nous distinguerons ainsi deux grands types de sous-détermination technique : la sous-détermination technique Lois/Données et la sous-détermination technique Processus/Loi. Alors que la sous-détermination Lois/Données rend compte des conséquences d’une insuffisante qualité des données lorsque l’on veut décider du meilleur type de lois de distribution statistique de certaines données (Robson, 1973 ; Pumain, 1982), la sous-détermination Processus/Loi (P/L) vient directement contrarier l’espoir qu’ont maints géographes de pouvoir aisément imposer tel ou tel type de modèle de processus lorsqu’il s’agit d’expliquer les lois morphologiques par ailleurs empiriquement constatées, comme la loi de Horton en géomorphologie ou la loi rang-taille en géographie urbaine (Berry, Garrison, 1958 ; Kirchner, 1993). Le constat d’une sous-détermination P/L énonce qu’il existe un rapport multivoque entre plusieurs modèles théoriques de processus possibles et une loi empirique que ces modèles visent à expliquer. Davantage, nous montrerons qu’à la faveur du tournant computationnel subi récemment par les pratiques de modélisation et de simulation en géographie, il y a lieu de distinguer maintenant entre deux types de sous-détermination P/L : la sous-détermination P/L par raisonnement et la sous-détermination P/L par calcul.

Le second objectif de notre exposé est de montrer, à partir de quelques exemples récents (Pumain, Sanders, Frankhauser, Banos, Daudé), comment la géographie de modélisation a intégré ces faits, notamment les faits de sous-détermination P/L par calcul. Les discussions récentes sur les différentes fonctions épistémiques des modèles et des simulations – plus ou moins détaillées ou au contraire idéalisées – témoignent de l’existence de différentes approches d’enrôlement et d’assimilation de tels faits de sous-détermination. Pour certains, les sous-déterminations P/L en géographie humaine seraient la preuve positive de la pluralité et de l’intrication des rationalités des agents humains. Pour d’autres, ce serait le signe qu’il vaut mieux se contenter d’analyser et de modéliser des situations et des agents extrêmement stylisés, cela de manière à dégager des mécanismes essentiels. Mais cette approche suppose qu’il existe toujours des processus majoritaires dans les phénomènes sociaux, comme avait très tôt décidé de le supposer Stuart Mill (1843) en ce domaine. D’autres approches comptent sur la certaine robustesse a posteriori des phénomènes d’émergence significatifs dans les systèmes computationnels à visée de simulation sociale. Tandis qu’une autre approche encore insiste sur la fonction d’empirie seconde des simulations détaillés (« géographie artificielle ») plutôt que sur leur fonction directement explicative en termes de modèles de processus.


Bibliographie :


Banos, A., Sanders, L., 2013, « Modéliser et simuler les systèmes spatiaux en géographie », in F. Varenne, M. Silberstein, Modéliser & simuler. Epistémologies et pratiques de la modélisation et de la simulation, Tome 1, Paris, Matériologiques, pp. 839-869.

Berry, B.J.L., Garrison, W.L., 1958, “Alternate Explanations of Urban Rank–Size Relationships”, Annals of the Association of American Geographers, Vol. 48, No. 1 (Mar., 1958), pp.83-91.

Burton, I., 1963, “The quantitative revolution and theoretical geography”, The Canadian Geographer, 1963, VII, 4, pp. 151-162.

Daudé, E., 2005, « Systèmes multi-agents pour la simulation en géographie: vers une Géographie Artificielle », in Guermond, Y. (dir.), Modélisations en géographie, Paris, Lavoisier, pp. 353-380.

Frankhauser, P., 1994, La fractalité des structures urbaines, Paris, Anthropos – Economica.

Kirchner, J.W., 1993, “Statistical inevitability of Horton’s law and the apparent randomness of stream channel networks”, Geology, Vol. 21, July 1993, pp. 591-594.

Pumain, D., 1982, La dynamique des villes, Paris, Economica.

Pumain, D., Robic, M.C., « Le rôle des mathématiques dans une ‘révolution’ théorique et quantitative : la géographie française depuis les années 1970 », Revue d’Histoire des Sciences Humaines, 2002, vol. 6, pp. 123-144.

Quine, W. v. O., 2003 [1953], Du point de vue logique, Paris, Vrin.

Robson, B. T., 1973, Urban growth: an approach, London, Methuen & Co Ltd.

Sanders, L., 1992, Système de villes et synergétiques, Paris, Anthropos-Economica.

Schaefer, F. K., 1953, “Exceptionalism in Geography: A Methodological Examination”, Annals of the Association of American Geographers, vol. 43, n°3, Sept. 1953, pp. 226-249.

Stanford, Kyle, « Underdetermination of Scientific Theory », The Stanford Encyclopedia of Philosophy (Winter 2013 Edition), Edward N. Zalta (ed.), [http://plato.stanford.edu/archives/win2013/entries/scientific-underdetermination/]

Stuart Mill, J., Système de Logique (1843), traduction par Louis Peisse sur la 6ème édition, Paris, Ladrange, 1866, fac-similé : Bruxelles, Mardaga, 1988, Deuxième volume, pp. 430-432.

Varenne, F., 2010, « Les simulations computationnelles dans les sciences sociales », Nouvelles perspectives en sciences sociales, 5 (2), 2010, pp. 17-49. [http://www.erudit.org/revue/npss/2010/v5/n2/044073ar.html?vue=resume]




Share Button

Terres inconnues, cygnes noirs et unicornes splendides. Réflexions sur l’incertitude extrême en géographie et en aménagement

Giovanni RABINO (Department of Architecture and urban Studies, Politecnico di Milano)

3ème Table Ronde «Incertitude et connaissances en SHS : production, diffusion, transfert», Nice, 23-24 juin 2014, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


Le point de départ de la réflexion est le constat que, dans l’avancement des sciences (de la science de la Grèce ancienne à la mécanique newtonienne, à la thermodynamique, à l’évolutionnisme biologique et à la mécanique quantique… jusqu’à la science moderne des systèmes complexes) une vision incertaine, mais réaliste, du monde a peu à peu pris le dessus.
À la lumière de ce fait, pour survivre dans un tel contexte, les stratégies traditionnelles de la cognition et de l’action (basées sur le savoir et la conscience de savoir) deviennent de plus en plus fallacieuses et potentiellement dangereuses et laissent la place à des approches plus conscientes de l’ignorance et des risques qui y sont associés.
Dans ce contexte, cette communication souhaite attirer l’attention sur les analyses qui se sont récemment dédiées aux événements dits « extrêmes » (ou, si l’on veut, à des événements hautement rares ou improbables). Elle propose, comme contribution originale, une taxonomie des comportements (cognitifs et d’action) des individus et des sociétés, par rapport à la différente probabilité/possibilité des événements qui nous attendent (ou que nous croyons qui nous attendent, plus ou moins sciemment).
Une attention particulière sera portée à la relation entre ce qui vient d’être dit/proposé et la diffusion des connaissances liée aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Sera ainsi analysée la relation avec la réduction de l’« intelligence du risque » et avec l’affaiblissement de l’attention au principe de précaution.



Share Button

Faire science avec l’incertitude : réflexions sur la production des connaissances en SHS

Giovanni FUSCO (ESPACE – UMR7300, Nice), Frédérique BERTONCELLO (CEPAM–UMR 7264 et GDR3359 MODYS, Nice), Jean‐Charles BRIQUET-LAUGIER (MSHS Sud‐Est–USR3566, Nice), Joël CANDAU (LAPCOS‐EA 7278, Nice), Elisabetta CARPITELLI (BCL‐UMR 7320, Nice), Karine EMSELLEM (ESPACE–UMR7300, Nice), Thomas HUET (CEPAM–UMR 7264, Nice), Christian LONGHI (GREDEG‐UMR 7321, Nice), Sébastien POINAT (CRHI‐EA 4318, Nice), Jean-Luc PRIMON (URMIS‐UMR 205, Nice), Christian RINAUDO (URMIS‐UMR 205, Nice).

3ème Table Ronde «Incertitude et connaissances en SHS : production, diffusion, transfert», Nice, 23-24 juin 2014, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


« Faire science avec l’Incertitude » c’est intégrer explicitement l’incertitude dans le processus de production de connaissances, depuis la conceptualisation des objets d’étude jusqu’à l’aide à la décision, en passant par l’analyse et la modélisation des phénomènes. Partant du constat d’une certaine maturité de la recherche scientifique qui, ayant dépassé à la fois un positivisme naïf et un relativisme radical, perçoit l’incertitude non plus comme une défaillance mais comme un paradigme du processus de connaissance, le groupe de recherche interdisciplinaire qui s’est constitué en 2013 au sein de la MSHS de Nice s’est donc intéressé, au travers de l’incertitude, à la manière dont la connaissance est produite en SHS : Quels sont les processus de production de connaissance ? Quelle valeur accorder aux connaissances produites ? Sans prétendre représenter les différents courants de pensée existant au sein de chaque discipline, le collectif, composé d’anthropologues, d’archéologues, d’économistes, de géographes, de linguistes, de philosophes et de sociologues, propose quelques réflexions sur les caractéristiques de l’incertitude en Sciences Humaines et Sociales, qui sont notamment liées à ses objets d’étude, à la complexité des systèmes étudiés et au processus de production de connaissances en SHS. S’arrêtant sur certaines étapes de ce processus, la présentation abordera les incertitudes qui sont liées à la conceptualisation de l’objet d’étude et à l’élaboration des données, à l’administration de la preuve et à la généralisation des connaissances produites. Seront également proposées des suggestions sur différentes configurations de travail interdisciplinaire en matière de connaissance incertaine.



Share Button

3ème Table ronde internationale : « Incertitude et connaissances en SHS : production, diffusion, transfert » – 23-24 juin 2014

 

Dans le cadre du projet : « Faire science avec l’Incertitude » (axe 4), la MSHS Sud-Est organise la 3ème table ronde, intitulée « Incertitude et connaissances en SHS : production, diffusion, transfert », les lundi 23 et mardi 24 juin 2014, amphi 031 de la MSHS (SJA3).

Après deux rencontres consacrées respectivement aux enjeux pluridisciplinaires et aux «Démarches, méthodes et approches de l’incertitude», cette 3ème table ronde a pour objectif d’élargir la réflexion au‐delà du collectif constitué dans le cadre du projet «Faire Science avec l’Incertitude» en y conviant des collègues Français et étrangers, autour de trois thématiques principales : Incertitude et évolutions disciplinaires ; Incertitude et sujet ; La praxis de l’incertitude.

 

 

 

 

Picto_pdfPROGRAMME


Lundi 23 juin 2014


09:30-10:00 : Introduction
[learn_more caption= »Session 01 : Incertitude et évolutions disciplinaires »]

Dépassant à la fois le positivisme et le relativisme scientifique radical, on peut considérer que la recherche scientifique a atteint une certaine maturité dans la mesure où l’incertitude n’est plus perçue comme une défaillance mais comme un paradigme à part entière du processus de connaissance. Le dialogue interdisciplinaire engagé dans le cadre du projet « Faire Science avec l’Incertitude » a mis en lumière des analogies dans la perception et la prise en compte de l’incertitude par les différentes sciences humaines et sociales représentées. Cette session vise à explorer ces récurrences ou au contraire ces spécificités disciplinaires, ainsi que les enjeux d’incertitude particuliers à la pratique interdisciplinaire, et à évaluer l’impact de cette prise de conscience sur les évolutions disciplinaires (changements de paradigmes, de questionnements, de pratiques, etc.).[/learn_more]

10:00-10:30 : Picto_Doc2 Giovanni FUSCO (ESPACE – UMR7300, Nice), Frédérique BERTONCELLO (CEPAM–UMR 7264 et GDR3359 MODYS, Nice), Jean‐Charles BRIQUET-LAUGIER (MSHS Sud‐Est–USR3566, Nice), Joël CANDAU (LAPCOS‐EA 7278, Nice), Elisabetta CARPITELLI (BCL‐UMR 7320, Nice), Karine EMSELLEM (ESPACE–UMR7300, Nice), Thomas HUET(CEPAM–UMR 7264, Nice), Christian LONGHI (GREDEG‐UMR 7321, Nice), Sébastien POINAT (CRHI‐EA 4318, Nice), Jean-Luc PRIMON (URMIS‐UMR 205, Nice), Christian RINAUDO (URMIS‐UMR 205, Nice). « Faire science avec l’incertitude : réflexions sur la production des connaissances en SHS »


Picto_Doc210:30-11:00 : Giovanni RABINO (Department of Architecture and urban Studies, Politecnico di Milano). « Terres inconnues, cygnes noirs et unicornes splendides. Réflexions sur l’incertitude extrême en géographie et en aménagement »


Pause


Picto_Doc211:30-12:00 : Frank VARENNE (Université de Rouen, Groupe d’Etude des Méthodes de l’Analyse Sociologique de la Sorbonne ‐ UMR 8598). « Prise de conscience et prise en compte des sous-déterminations en géographie de modélisation »


12h00 ‐ 12h30 : Discussion


Pause repas


Picto_Doc214:00-14:30 : Christophe TUFFERY (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, Paris), Paul FERNANDES (Paléotime), Jean-Paul RAYNAL (Université de Bordeaux, UMR 5199 PACEA, et Department of Human Evolution, Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology – Leipzig). « Évaluation des domaines d’incertitude et de leur éventuelle diminution dans un projet collectif de recherche interdisciplinaire : le cas du PCR Réseau de lithothèques en Rhône‐Alpes »
[learn_more caption= »Session 02 : Incertitude et sujet »]

Le propre des sciences humaines et sociales est d’avoir comme objets d’études des sujets ou des groupes de sujets, ou bien des phénomènes sociaux, culturels, économiques, historiques, politiques, etc. qui découlent de l’action des sujets. Il est dès lors intéressant de s’interroger sur les problématiques d’incertitudes liées aux sujets sociaux et individuels. Cette session s’y attèlera, en proposant des interventions portant sur deux aspects complémentaires :

  • « L’incertitude sur le sujet » : incertitude liée à la production de connaissances dans les disciplines où les matériaux empiriques se basent sur des récits ou des enquêtes auprès des sujets (question de la transcription et de l’interprétation des discours – oraux ou écrits –, des décalages pouvant exister entre les catégories conceptuelles des « enquêteurs » et des « enquêtés », …). Il sera également question de l’incertitude du sujet connaissant, le chercheur, dans sa démarche de production de connaissances sur d’autres sujets.
  • « L’Incertitude du sujet » : dans plusieurs disciplines, les chercheurs s’interrogent sur le comportement des sujets en contexte d’incertitude (incertitude des statuts sociaux, incertitude des situations vécues, etc.), sur les stratégies individuelles ou collectives mises en oeuvre pour faire face à l’incertitude (incertitude dans les interactions dans la vie quotidienne), sur la perception incertaine que les individus et les groupes ont de l’environnement dans lequel ils évoluent.[/learn_more]

Picto_Doc214:30-15:00 : Christian RINAUDO (Unité de Recherche Migrations et Sociétés, CNRS – UMR 8245, IRDUMR 205, Universités Nice Sophia Antipolis ‐ Paris Diderot). « L’incertitude dans la relation d’enquête ethnographique en Sciences sociales »


15:00-15:30 : Pierre GARROUSTE (Groupe de Recherches en Droit, Economie, Gestion ‐ UMR 7321, Université Nice Sophia Antipolis) : « Risque, incertitude, ambiguïté et ignorance en économie »


Pause


Picto_Doc216h00-16h30 : Patrizio BIANCHI (Università di Ferrara, Regione Emilia‐Romagna) : « Managing the emergency: the case of the reconstruction of the school system after the earthquake of May 2012 in Emilia Romagna »


16:30- 17:00 : Discussion


Mardi 24 juin 2014


Picto_Doc209:00-09:30 : Philippe BOISSINOT (Travaux et Recherches Archéologiques sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés ‐ UMR 5608, Université de Toulouse II ‐ Le Mirail). « Certitudes et incertitudes de l’enquête archéologique. Approche épistémologique »
Intervention annulée

[learn_more caption= »Session 03 : La praxis de l’incertitude »]

Intégrer explicitement l’incertitude dans le processus de production des connaissances en S.H.S. implique d’accepter l’éclatement des schémas de pensée classiques du positivisme sans pour autant renoncer à produire des connaissances formalisées, partagées et transférables, malgré les incertitudes qui leur sont attachées. Se pose alors la question de la diffusion de connaissances incertaines vers la société civile : comment informer, sensibiliser, alerter parfois (cf. l’exemple emblématique du réchauffement climatique) tout en transmettant la part de flou, d’incertitude inhérentes aux connaissances et modèles produits, sans prêter le flanc aux « marchands de doute » qui font du discours scientifique une opinion comme une autre ? Les implications sont encore plus directes en contexte de prise de décision où les modèles et prospectives proposés ont une visée applicative (aménagement du territoire, santé, environnement, sciences économiques, etc.). Au sein de cette session, les communications privilégieront l’exposé de retours d’expérience de professionnels ayant dû communiquer ou prendre des décisions en contexte d’incertitude, ou bien ceux de chercheurs ayant travaillé dans de projets en recherche‐action, dans lesquels des problématiques d’incertitude ont émergés.[/learn_more]

Picto_Doc209:30-10:00 : Paul ALLARD (DESMID, Étude des Structures, des Processus d’Adaptation et des Changements de l’Espace – UMR7300, Arles). « Gérer l’eau dans le delta du Rhône : questions d’incertitude »


Picto_Doc210:00-10:30 : Warren WALKER (Faculty of Technology, Policy and Management, Delft University of Technology). « Adapt or perish: an approcah to planning under deep uncertainty »


Pause


Picto_Doc211:00-11:30 : Dominique GRIMAUD (Espace éthique azuréen, Département d’Ethique et Sciences Humaines de la Faculté de Médecine de Nice). « L’incertitude en santé, ou entre la Vie et la Mort »


11:30-12:30 : Discussion et conclusion de la table ronde

Share Button

Colloque « Penser autrement la propriété » – 2-3 juin 2014

« Penser autrement la propriété. Des formes de conceptualisation alternatives de la propriété » 2-3 juin 2014, Nice
Amphithéâtre 202, Faculté de droit de l’Université de Nice Sophia Antipolis
Colloque du GREDEG–CREDECO (UMR 7321), du centre Maurice Halbwachs et de la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société Sud-Est.

Télécharger le programme (pdf)

Problématique :


 Il est courant de présenter le droit des biens français comme opposant les partisans d’une théorie classique de la propriété – qui la définissent comme un faisceau de prérogatives (usus, fructus et abusus) –, aux tenants d’une théorie renouvelée de la propriété – qui la regardent telle une relation d’exclusivité entre une personne et sa chose (Ginossar, F. Zenati et Th. Revet) –. L’on ne saurait toutefois manquer de voir que ces doctrines demeurent, audelà de leurs divergences, fermement attachées à la conception juridique moderne et à ses présupposés jus-naturalistes, voire plus généralement essentialistes. Toutes deux restent en particulier centrées sur une seule vision de la propriété : celle que l’on a pu nommer « maîtrise souveraine », lors même que la démonstration a été faite que le Code civil contient en germe d’autres possibilités (M. Xifaras). Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour déplorer la crise que traverserait le droit des biens, allant parfois jusqu’à affirmer que la discipline se trouve, aujourd’hui en France, « sinistrée » (ibid., 2013, communication orale). De fait, le « modèle propriétaire » dominant, qui identifie le propriétaire à un maître et souverain, dissimule mal l’existence de multiples autres formes de propriété, irréductibles à la vision traditionnelle absolutiste. Ce sont ces formes « alternatives » de conceptualisation de la propriété qui seront explorées les 2 et 3 juin prochain, à Nice : partant du postulat que le dialogue entre les disciplines et, notamment, celui du droit avec les sciences humaines peut aider à l’émergence de nouvelles idées et, en particulier ici, participer à la découverte de nouvelles formes de propriété, nous investirons les champs du droit, de l’histoire du droit et de la théorie du droit comme ceux de la sociologie, de la philosophie, de l’anthropologie et de l’économie. Au fil des communications, nous découvrirons les interprétations contemporaines de la propriété en termes d’accès et de contrôle, mais aussi de « faisceaux de droit », et verrons quels liens peuvent être tissés avec ce qu’il est désormais convenu d’appeler les « communs » ; nous reconsidérerons les propriétés communes ou collectives, souvent méconnues, et nous demanderons dans quelle mesure il serait possible de renouer avec les anciennes formes de « propriétés simultanées ». L’on s’efforcera de s’ouvrir aux visions non occidentales de la propriété, au risque de voir le concept purement et simplement rejeté. Enfin, des études de cas, illustrant la difficulté de rendre compte de la propriété selon la conception orthodoxe, complèteront des exposés de portée plus conceptuelle.

Caroline GUIBET LAFAYE (Directrice de recherches au CNRS) et Sarah VANUXEM (Maître de conférences à l’UNS).

Document(s) associé(s) :


Repenser la propriété. Revue internationale de droit économique, 2014, n°3, t.XXVIII, 140 p., Ed. De Boeck Supérieur.
ISBN : 9782804193447. ISSN : 1010-8831

Retrouvez les actes du colloque dans leur version électronique sur CAIRN.INFO

Share Button

Séminaire : « Tourisme durable dans les espaces protégés » – 18 mars 2014

Mardi 18 mars 2014, 14h-16h, salle 128, Maison des Sciences de l’Homme et de la Société Sud-Est, Pôle universitaire Saint-Jean d’Angély 3, 3, bd François Mitterrand à Nice (arrêt tramway : St-Jean d’Angély Université)

Intervenant :
Jean-Charles BRIQUET-LAUGIER : « Tourisme durable dans les espaces protégés : un nouveau cadre d’analyse »

La Maison des Sciences de l’Homme et de la Société Sud-Est (MSHS Sud-Est) lance en 2014 dans le cadre de son axe de recherche n° 4 (« Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »), un projet intitulé : « Tourisme durable dans les espaces protégés ». Alors que les différents aspects du tourisme durable (économiques, écologiques, sociaux, culturels, juridiques, etc.) font trop souvent l’objet de recherches séparées, ce projet propose de développer des recherches interdisciplinaires prenant en compte ces différents aspects.  L’objet d’étude sera celui des espaces naturels protégés, dont l’objectif est d’œuvrer pour un tourisme respectueux des ressources naturelles, culturelles et sociales, tout en étant un facteur de développement économique.

Ce premier séminaire sera consacré à l’exposé d’un cadre d’analyse qui permet de rendre représenter, sous une forme graphique, les  enjeux, objectifs et instruments d’application du tourisme durable.

A la suite de cette présentation, une large place sera consacrée au débat entre disciplines, avec pour objectif de réfléchir à la pertinence et à l’enrichissement du cadre d’analyse proposé, puis d’envisager un programme de travail en commun.

Ce séminaire est ouvert à toute personne intéressée.

Contact :
Jean-Charles Briquet-Laugier  – Téléphone : 04 89 88 14 03
Mél. : briquet@unice.fr

Share Button

Projet « Faire Science avec l’incertitude »

Initié en 2013, le projet « Faire science avec l’incertitude » est porté par la MSHS Sud Est en partenariat avec l’UMR 7264-CEPAM, l’UMR 7300-ESPACE et le GDR 3359-MODYS, et bénéficie du soutien de la ville de Nice (subvention dans le cadre du Comité Doyen Lépine). Le projet implique la plupart des laboratoires de la MSHS Sud-Est : UMR 205-URMIS, UMR 7264-CEPAM, UMR 7320-BCL, UMR 7321-GREDEG, EA 1193-CMMC, EA 4318-CRHI, EA 7278-LAPCOS.

Par son caractère interdisciplinaire, ce projet est à même de développer les transversalités entre les laboratoires constitutifs de la MSHS Sud-Est et avec les géographes de l’UMR ESPACE autour d’une thématique fédératrice qui s’inscrit dans l’axe n° 4 « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux ».

Résumé : Si toutes les sciences sont confrontées, à des degrés divers, à l’indétermination, à l’imprécision, au flou, à l’inexactitude, à l’imprédictibilité (des données, des mesures, des résultats,…), la question de l’incertitude se pose en Sciences Humaines et Sociales avec une acuité particulière en raison de la complexité des systèmes étudiés. L’étude des sociétés sous leurs différents aspects et dans la très longue durée – de la Préhistoire à la période actuelle et jusque dans une démarche prospective – mobilise en effet des données plurielles et hétérogènes qui présentent des niveaux de complétude, de précision et de résolution spatiale et temporelle très divers. L’incertitude est toutefois souvent envisagée en SHS dans le seul cadre de la prise de décision, en association étroite avec la notion de risque. Le projet « Faire science avec l’incertitude » vise au contraire à appréhender l’incertitude sous ses différentes formes et aux différentes phases d’une démarche de recherche, depuis sa conception, l’acquisition et l’analyse des données, jusqu’à l’interprétation des résultats et leur restitution vers la communauté scientifique ou la société civile. À travers l’incertitude, c’est donc la question de la production de la connaissance en Sciences Humaines et Sociales qui est posée : Quels sont les processus de production de connaissance ? Quelle valeur accorder aux connaissances produites ?

Regroupant des archéologues, des historiens, des géographes, des économistes, des sociologues, des anthropologues, des linguistes, des psychologues et des philosophes, le projet est structuré autour d’un cycle de tables rondes (deux rencontres par an pendant deux ans : 2013 et 2014), formule particulièrement adaptée aux échanges et transferts interdisciplinaires.

Les responsables scientifiques du projet sont Frédérique BERTONCELLO (UMR 7264-CEPAM et GdR 3359-MoDyS) et Giovanni FUSCO (UMR 7300-ESPACE).

Le comité de pilotage est composé de : Jean-Charles BRIQUET-LAUGIER (USR 3566-MSHS), Sébastien POINAT (EA 4318-CRHI), Nicolas POIRIER (GdR 3359-MoDyS et UMR 5608-TRACES), Georges SCHADRON (EA 7278-LAPCOS).
L’assistance à la réalisation du projet est assurée par Jean-Charles BRIQUET-LAUGIER (renseignements : briquet@unice.fr).

Manifestations du projet :

Share Button

Table ronde « Démarches, méthodes et approches de la connaissance incertaine » – 28 novembre 2013

Deuxième table ronde du projet « Faire science avec l’Incertitude » consacrée aux « Démarches, méthodes et approches de la connaissance incertaine ».
Lieu : campus universitaire St Jean d’Angély 3, amphi 031.
Organisateurs : MSHS Sud-Est, CEPAM, GdR MoDyS et UMR ESPACE, avec le soutien de l’Université Nice Sophia Antipolis.

Entrée libre mais inscription obligatoire : mshs@unice.fr

Picto_pdfPRESENTATION et PROGRAMME


08:30 Accueil des participants


09:00 Giovanni FUSCO (UMR ESPACE, Nice). Introduction

Picto_Doc209:10 Henri PRADE (UMR IRIT, Toulouse). «Modèles qualificatifs de l’incertitude en sciences du traitement de l’information »


10:00 1ère séance ‐  Incertitudes et Probabilités


Picto_Doc2Sébastien POINAT (CRHI, ESPE de l’Académie de Nice, Université Nice Sophia Antipolis). « Quel(s) sens donner aux probabilités ? »



Picto_Doc2Giovanni FUSCO (UMR ESPACE, Nice). « Modéliser l’incertitude dans la connaissance des systèmes spatiaux. L’apport des Réseaux Bayésiens »


Discussion


12:00 Repas


13:30 2ème séance ‐ L’incertitude au‐delà des Probabilités.


Picto_Doc2Thomas HUET (CEPAM-CNRS, UMR 7264, Université Nice Sophia Antipolis). « L’apport des analyses multifactorielles dans les déterminations chronologiques incertaines : le cas des gravures du mont Bego »


Picto_Doc2Nicolas POIRIER (UMR TRACES, Toulouse), Johnny DOUVINET, Laure CASANOVA (UMR ESPACE, Avignon). « Représenter l’incertitude dans la restitution graphique des dynamiques spatio‐temporelles »


Discussion

15:30 Pause

15:45 Discussion générale et conclusion de la rencontre avec Henri PRADE (UMR IRIT, Toulouse)
Share Button

Modèles qualificatifs de l’incertitude en sciences du traitement de l’information

Henri PRADE (UMR IRIT, Toulouse)

2ème Table Ronde « Démarches, méthodes et approches de la connaissance incertaine », Nice, 28 juin 2013, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

 

 

Share Button

Représenter l’incertitude dans la restitution graphique des dynamiques spatio‐temporelles

Nicolas POIRIER (GdR 3359 Modys, CNRS UMR 5608 TRACES – Toulouse), Johnny DOUVINET (GdR 3359 Modys, Université d’Avignon, UMR 7300 ESPACE), Laure CASANOVA (Université d’Avignon, UMR 7300 ESPACE)

2ème Table Ronde « Démarches, méthodes et approches de la connaissance incertaine », Nice, 28 juin 2013, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


L’objectif de l’intervention est de présenter des éléments de l’état des lieux, dressé dans le cadre du GdR Modys, pour ce qui concerne la représentation de l’incertitude dans les restitutions graphiques des dynamiques spatio-temporelles.

            Le GdR 3359 Modys (2010-2013), situé au croisement des sciences historiques et de la géographie a pour objet la formalisation et la modélisation de phénomènes localisés dans l’espace et dans le temps. Le programme est structuré selon deux axes : 1) multi-temporalités et longue durée, 2) incertitude et multi-représentations. L’ambition est de contribuer à améliorer la compréhension des transformations des objets spatiaux considérés, selon les disciplines, dans le temps long.

            On s’attachera dans une première partie à donner des exemples de procédés utilisés pour représenter les dynamiques spatio-temporelles. On s’interrogera en particulier sur l’utilisation des cartes et restitutions 3D animées : ne condamnent-elles qu’à animer des successions d’états au détriment de la représentation des dynamiques elles-mêmes ? Les outils proposés par la Time Geography (comme l’aquarium spatio-temporel) permettent une réelle représentation conjointe des dynamiques dans l’espace et le temps. La chrono-chorématique et la modélisation graphique animée contribuent enfin à la définition et la formalisation de réelles sémiologies graphiques pour les processus spatio-temporels.

            Une deuxième partie décrira les différents facteurs d’incertitude pouvant affecter les restitutions graphiques des processus spatio-temporels. On abordera d’abord l’incertitude liée à l’imprécision des mesures et au hasard : elle concerne le pas de temps de mesure des processus et l’incertitude liée aux datations, particulièrement sensible en sciences historiques ;  elle porte également sur la résolution spatiale de localisation et d’emprise des objets étudiés ; elle renvoie enfin à la lacunarité des informations mobilisables, dans le temps et dans l’espace. On abordera ensuite l’incertitude liée au comportement inattendu ou imprévisible des systèmes complexes étudiés, notamment dans le cadre d’études prospectives.

            Une troisième partie interrogera la manière dont sont pris en compte (ou non) ces facteurs d’incertitude en matière de représentation graphique des processus spatio-temporels.  Une telle prise en compte peut prendre la forme d’un changement d’échelle conduisant par exemple à mobiliser des données spatiales imprécises à très petite échelle pour masquer cette imprécision, ou encore à grouper des points temporels incertains dans des classes chronologiques dont l’amplitude sera supérieure au degré d’imprécision. On peut également faire le choix de composer avec l’incertitude, en la niant tout simplement ou en tentant de la quantifier. On verra enfin que la représentation graphique de l’incertitude répond à des règles sémiologiques encore peut formalisées mais largement partagées (épaisseur des traits, niveaux de transparence, etc…).

 

 

Share Button

Quel(s) sens donner aux probabilités ?

Sébastien POINAT (CRHI, ESPE de l’Académie de Nice, Université Nice Sophia Antipolis)

2ème Table Ronde « Démarches, méthodes et approches de la connaissance incertaine », Nice, 28 juin 2013, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


 Les probabilités sont d’abord des outils mathématiques : en général, une fonction de probabilité attribue aux éléments d’un groupe quelconque un nombre compris entre 0 et 1. Mais, au-delà du sens purement mathématique, on peut se demander comment comprendre ces mêmes probabilités lorsqu’on les applique à des objets du monde ou à des événements : au temps qu’il fera demain (ou qu’il faisait il y a 10 000 ans), à la décision que prendra un agent économique, au résultat d’un tirage au sort… Sont-elles simplement la mesure de notre ignorance, comme l’affirme les interprétations subjectivistes des probabilités ? Ou bien faut-il considérer qu’elles représentent un trait caractéristique du monde, comme c’est le cas selon les interprétations objectivistes ? Et si oui, quel trait du monde ?

            Selon les interprétations subjectivistes des probabilités, les probabilités ne décrivent que notre ignorance au sujet des événements auxquels elles sont appliquées. Elles ne sont pas supposées représenter un état du monde, une indétermination intrinsèque, mais seulement l’état de notre connaissance du monde. De telles probabilités mesurent ainsi le degré de fiabilité d’une assertion, d’une hypothèse, ou encore d’une croyance. Elles supposent qu’entre l’ignorance pure et simple et la connaissance pleine et entière existent plusieurs degrés, dont elles fournissent la mesure.

            Selon les interprétations objectivistes, au contraire, les probabilités disent quelque chose du monde, elles traduisent une de ses caractéristiques. L’interprétation fréquentiste affirme ainsi que les probabilités décrivent la fréquence relative d’apparition d’un événement particulier parmi une famille d’événements similaires. Pour calculer une probabilité, il faudrait ainsi reproduire un nombre suffisant de fois une même expérience et calculer la fréquence statistique d’apparition des différents résultats. Dans cette perspective, les probabilités n’ont de sens que pour un ensemble suffisamment grand d’événements ou d’objets, elles n’ont de sens que statistique

            Pour éviter cette difficulté, l’interprétation fréquentiste peut être complétée par la thèse selon laquelle ces fréquences relatives d’apparition traduisent l’existence de potentialités, ou de propensions (comme le disait Popper), dans les choses : des tendances à produire tel ou tel résultat, ou à réaliser tel ou tel événement. La probabilité a alors un sens même lorsqu’on ne considère qu’un événement isolé ou un objet unique.

            Ces différentes interprétations des probabilités ont leurs mérites et leurs défauts respectifs. On peut penser qu’il est inutile de vouloir les classer en général, indépendamment du contexte dans lequel on veut les utiliser. Certains cas sont typiques : si l’on cherche à mesurer la pertinence ou la fiabilité d’une assertion, en général c’est  l’interprétation subjectiviste qui s’impose. Si l’on s’attache à des phénomènes collectifs, pour lesquels on possède des données de nature statistique, l’interprétation statistique est la plus pertinente. Certaines situations intermédiaires peuvent, cependant, poser problème et il n’est pas toujours facile de dire quelle est l’interprétation la plus approprié

 

 

Share Button

Trois champs d’application de la théorie des ensembles flous en Géographie : Connaissance des territoires à risque, appréhension du changement spatio‐temporel, et régionalisation du monde

Jérôme DUTOZIA, Karine EMSELLEM, Christine VOIRON (UMR ESPACE, Nice)

2ème Table Ronde « Démarches, méthodes et approches de la connaissance incertaine », Nice, 28 juin 2013, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


La théorie des ensembles flous, introduite par Zadeh en 1965, suscite chez les géographes un intérêt tout particulier, puisque l’espace géographique est par essence flou, c’est-à-dire avec des limites imprécises, plus ou moins nettes et continues. Par exemple, un espace polarisé par un centre est un espace imprécis, dans la mesure où l’influence de ce centre ne s’exerce pas uniformément sur tout l’espace. On peut alors définir un cœur et des marges d’imprécision plus ou moins larges et continues. La formalisation théorique des espaces flous établit que l’appartenance d’un espace à un ensemble peut se valuer par une probabilité entre la valeur 0 (n’appartient pas) et la valeur 1 (appartient) : on arrive donc à positionner sur une échelle l’imprécision et l’incertitude géographiques.

            Les travaux des géographes utilisant cette approche se centrent autour quatre thématiques. C’est d’abord pour modéliser la perception des espaces que la logique floue est employée puisqu’un espace subjectif est toujours incertain et imprécis, parce que perçu par une connaissance imparfaite et des filtres cognitifs. Ensuite, la mesure et la spatialisation de l’évolution des territoires peuvent se réaliser par l’application de la logique floue : on peut détecter des possibilités de changement, en pointant facteurs spatiaux et lieux particuliers. Enfin, la géographie s’intéressant tout particulièrement à la délimitation des espaces, la logique floue sert à définir des régions imprécises, et par extension un découpage spatial qui admet des zones de recouvrement (Rolland-May, 2000). Un dernier axe de travail se singularise quand certains géographes utilisent la théorie des ensembles flous pour construire des faits et des règles qui formalisent le raisonnement spatial (Ruffray, 2007).

            L’objectif de cette présentation, réalisée par trois géographes, est d’exposer les intérêts de l’utilisation de la théorie des ensembles flous en Géographie, à travers trois exemples qui relèvent des domaines d’application majeurs. Une mise en perspective de ces exemples permettra d’enrichir la comparaison et montrer des possibilités de transfert vers d’autres disciplines.

            Une première approche montrera les apports des traitements flous des variables qualitatives linguistiques qui portent sur l’espace. En prenant l’exemple de la spatialisation de la coupure électrique de Barcelone survenue entre le 23 et le 25 juin 2007, nous présenterons l’intérêt d’un recours aux concepts d’espaces flous et aux méthodes de traitement de données spatiales imprécises dans le champ de l’analyse rétrospective d’évènements à risques (Dutozia, 2013). En effet, compte tenu de l’absence de données spatiales fines et exhaustives sur les périmètres de coupures électriques dans les rapports officiels, reconstruire a posteriori la dynamique spatiale de ce type d’évènements impose d’avoir recours à des sources d’informations hétérogènes, dont la fiabilité et la précision spatiale peuvent être fortement variables (presse, témoignages localisés, données quantitatives, forum internet). La fusion de données hétérogène nous conduit à mettre en œuvre une spatialisation de l’information particulière, d’une part en incluant différents niveaux de grilles imbriquées auxquelles les informations vont être rattachées en fonction de leur précision spatiale (Dutozia, 2009), et d’autre part, en prenant en compte les localisateurs et les quantificateurs flous parfois utilisés dans les récits verbaux décrivant les lieux impactés.

            Une seconde perspective ouvrira le champ du changement spatio-temporel. En effet, L’incertitude est omniprésente dans tout ce qui touche aux dynamiques, qu’il s’agisse des causalités et des mécanismes en jeu dans les processus d’évolution, des lieux et dates de survenue des changements, des impacts des changements sur le fonctionnement des territoires. La démarche habituelle s’emploie à tirer les leçons du passé de deux manières. D’une part, en appliquant aux évènements passés, le principe de la plausibilité rétrospective ; le monde est appréhendé en « re-racontant les évènements passés à la lumière de ce qui nous paraît leur conférer après coup un sens logique » (Taleb, 2008). C’est ce qui fait qu’un évènement totalement imprévisible ou une suite d’évènements surprenants paraissent explicables a posteriori. D’autre part, en considérant que le futur est contenu dans le passé. Or, cette démarche classique induit deux erreurs, l’erreur de confirmation qui découle de la tendance à focaliser l’attention sur des parties seulement de ce que nous voyons puis à généraliser à ce que nous ne voyons pas, et l’erreur de narration qui émane de notre besoin de réduire les dimensions de la complexité, de simplifier. Elle ne met pas le scientifique en situation de détecter les phénomènes rares et nouveaux puisque la connaissance se construit en se basant sur la répétition d’évènements et ne tient pas compte de ceux qui ne se produisent pas (Taleb, 2008). Ces écueils conduisent certains scientifiques à remettre en question les méthodes habituelles et à proposer des démarches non conventionnelles, voire iconoclastes (Voiron-Canicio, 2012). Nous présenterons l’intérêt de méthodes nouvelles d’anticipation du futur spatio-temporel, en géographie, qui focalisent l’attention sur la manière dont un système spatial est susceptible de réagir à un évènement, et qui mobilisent, dans la modélisation et les simulations, les notions de potentialité, de sensibilité et de réactivité, dans un contexte d’imprécision et d’incertitude (Voiron-Canicio, et alii, 2013).

            Enfin, un troisième exemple développera une approche méthodologique basée sur la logique floue pour analyser des cartes mentales réalisées à l’échelle mondiale (Didelon et alii, 2011), et ainsi régionaliser le monde. Le projet EuroBroadMap « Visions de l’Europe dans le Monde » a permis d’interroger près de 10 000 étudiants dans le monde et de récolter leurs propres délimitations spatiales des régions du monde : il s’agit donc bien de cartes mentales, aux dessins imprécis et aux contours incertains, parce que subjectifs mais aussi parce que portant sur des objets de connaissance incertains (l’Europe par exemple). En conséquence, les cartes produites contiennent des franges spatiales floues, des situations intermédiaires d’appartenance à une région que la logique floue permet de formaliser. Ainsi, des régions d’appartenance, et des cœurs et des marges d’identification régionales seront mis en évidence (Didelon et alii, 2013) pour les étudiants dans le monde.

Bibliographie


– DIDELON C., De RUFFRAY S., LAMBERT N., BOQUET M. (2011), “A World of Interstices: A Fuzzy Logic Approach to the Analysis of Interpretative Maps », The Cartographic Journal, vol. 48, pp. 100-107, May

– DIDELON C., EMSELLEM K., De RUFFRAY S., BOQUET M. (2013),Students spaces of belonging on European borders”, Colloque de l’AAG (Association of American Geographers), Avril 2013, Los Angeles (Californie – USA).

– DUTOZIA J. (2009), « Compréhension des systèmes de risques, pratiques de terrain et reconstruction à posteriori des dynamiques spatiales d’évènements à partir d’informations qualitatives, hétérogènes, incertaines, imprécises et lacunaires.», Forum Méthodologique de l’UMR ESPACE 6012 CNRS, Terrain et Analyse Spatiale, Aix-en-Provence, 18 Septembre 2009.

– DUTOZIA J. (2013), Espaces à enjeux et effets de réseaux dans les systèmes de risques, Thèse de Doctorat de Géographie, 313 p., Nice, 25 Septembre 2013.

– ROLLAND-MAY C. (2000), L’Évaluation des territoires : concepts, méthodes et modèles. Paris : Hermes Science, 381 p.

– RUFFRAY S. de (2007). L’Imprécision et l’Incertitude en géographie. L’Apport de la logique floue aux problématiques de régionalisation. Paris : Université Paris Diderot-Paris 7, mémoire d’habilitation à diriger des recherches, 284 p.

– TALEB N.N. (2008), Le cygne noir : la puissance de l’imprévisible, Editions Belles lettres.

– ZADEH L.A. (1965). « Fuzzy sets ». Information and Control, vol. 8, no 3, p. 338-353.

– VOIRON–CANICIO C. (2012), « L’anticipation du changement en prospective et des changements spatiaux en géoprospective », l’Espace géographique 2012-2, p. 99-110.

– VOIRON–CANICIO C., ARTEAU K., SANT F., TORTOROLLO N., (2013), “Assessing possible changes in a town’s buildings Fuzzy logic and 3D simulation applied to the city of Nice”, Actes du 18th European Colloquium of Theoretical and Quantitative Geography, Dourdan, septembre 2013.

Share Button

L’apport des analyses multifactorielles dans les déterminations chronologiques incertaines : le cas des gravures du mont Bego

Thomas HUET (UMR CEPAM, Nice)

2ème Table Ronde « Démarches, méthodes et approches de la connaissance incertaine », Nice, 28 juin 2013, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


Les gravures rupestres du mont Bego (Alpes-Maritimes), forment un système symbolique préhistorique de quelques 14 000 figures de bovidés, 4 000 représentations géométriques, 1 500 gravures d’armes et autres thèmes, concentrées dans une aire bien délimitée. Les spécialistes ne se mettent pas d’accord sur leur signification, ce que l’on peut simplifier en disant que l’interprétation des gravures reste incertaine.

Grâce à un travail dirigé depuis 45 ans par Henry de Lumley, le corpus quasi-exhaustif des gravures a été relevé et celles-ci peuvent être précisément étudiées à travers leurs dimensions iconographiques et spatiales. Les informations chronologiques absolues sont à ce jour impossibles et les indications d’antéro-postérité (superpositions) entre les gravures sont rares. L’étude des superpositions, compliquée par l’érosion des surfaces gravées, semble indiquer une périodisation des principaux thèmes avec des gravures d’armes, par exemple, plus récentes que des gravures géométriques. Telles que nous les voyons, les surfaces gravées subsument donc différents systèmes symboliques. L’incertitude liée à l’interprétation des gravures dépend donc, en premier, de leur chronologie.

Il semblait raisonnable de débuter l’étude des gravures par leurs aspects les mieux renseignés : en mesurant les relations/distances iconographiques et spatiales entre chacune d’entre elles. Les analyses multifactorielles (AF) permettent d’identifier des structures masquées par l’importance numérique des données. Quand il existe une structure d’ordre sur les individus et les variables, et que ces structures sont associées, le nuage de points prend une forme parabolique, appelée « effet Guttman » (Escoffier, Pagès 2008 p. 231). Cette mise en série des individus et des variables repose sur le postulat dit de « l’unimodalité des cycles de vie des objets » (apparition, déploiement, maximum de réalisation, décroissance, disparition définitive), ce que les archéologues appellent la typo-chronologie. Selon ce postulat, les objets, que l’on peut identifier à des individus statistiques, se succèdent en incorporant graduellement de nouveaux attributs (variables) et en perdant les plus anciens.

Je présenterai le cadre théorique et méthodologique (postulat et outils) de ma recherche sur les gravures. À partir d’exemples pris dans les gravures du mont Bego, je montrerai en quoi l’utilisation des AF peut permettre d’ordonner chronologiquement des objets dont les datations sont incertaines.

Bibliographie


– ESCOFFIER B., PAGES J., 2008, Analyses factorielles simples et multiples. Objectifs, méthodes et interprétation, Paris, Dunod, 318 p.

Share Button

Modéliser l’incertitude dans la connaissance des systèmes spatiaux. L’apport des Réseaux Bayésiens

Giovanni FUSCO (UMR ESPACE, Nice)

2ème Table Ronde « Démarches, méthodes et approches de la connaissance incertaine », Nice, 28 juin 2013, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


Dans cette présentation, je souhaiterais d’abord présenter les grandes lignes d’une typologie de l’incertitude dans la connaissance géographique (incertitude sémantique vs. Incertitude syntaxique) ainsi qu’une classification des niveaux d’incertitude dans la connaissance scientifique en général. Ensuite, je montrerai dans quelle mesure les différents types d’incertitudes peuvent être modélisés par le formalisme des Réseaux Bayésiens. Finalement, seront présenté une série de recherches conduites à ESPACE en géographie humaine et mobilisant le formalisme des Réseaux Bayésiens.

            La conceptualisation de l’univers géographique part de la position du géographe américain B. Plewe (2002). Pour cet auteur, toute entité géographique est situé dans un univers tridimensionnel fait d’espace, de temps et d’attributs thématiques. Pour dépasser cette vision de géographie descriptive et parvenir à une géographie explicative, je propose de rajouter une quatrième dimension à l’univers géographique, celle des relations qui lient entre elles plusieurs entités définies sur les axes espace-temps-thème. Cette vision élargie de l’univers géographique nous permet également d’opérer une différenciation dans la nature (sémantique ou syntaxique) de l’incertitude qui caractérise les éléments de la connaissance géographique.

            En ce qui concerne la classification des niveaux d’incertitude dans la connaissance scientifique en général, plusieurs auteurs (Taleb 2008, Walker et al. 2010, Kwakkel et Pruyt 2011, Stirling 2010) ont proposé l’existence de niveaux gradués d’incertitude entre les deux extrêmes de la connaissance certaine et de l’ignorance complète. Les concepts différemment définis de shallow, medium et deep uncertainty (incertitude faible, moyenne et profonde) renvoient également à des méthodologies différentes dans le traitement des connaissances incertaines.

            Sur la base de ces conceptualisations, je présenterais les Réseaux Bayésiens (Pearl 2000, Jensen 2001, Nicholson et Korb 2004) en tant que solution de modélisation à base de connaissances incertaines des systèmes spatiaux, dans un contexte d’incertitudes faibles ou moyennes. Technique de modélisation au croisement entre les statistiques multivariées et l’intelligence artificielle, les Réseaux Bayésiens se fondent sur une approche probabiliste subjective : les probabilités sont des paramètres susceptibles de mise à jour (théorème de Bayes), caractérisant l’état de nos connaissances sur le système étudié, plutôt que des caractéristiques objectives qui lui sont inhérentes. La structure (ensemble de relations qualitatives) et les paramètres (valeurs quantitatifs des fonctions de probabilités) d’un Réseau Bayésien se prêtent ainsi particulièrement bien à modéliser l’incertitude syntaxique dans la connaissance d’un système spatial. Les probabilités marginales caractérisant chaque élément du système sont en revanche une bonne modélisation de l’incertitude sémantique sur les entités du système spatial. Plus particulièrement, ces incertitudes marginales peuvent prendre en compte la propagation d’éléments de connaissance certaine, incertaine (probabilités, vraisemblances) ou même contradictoire, grâce précisément à la modélisation à syntaxe incertaine. Seront également évoquée les ouvertures méthodologiques consistant à l’hybridation des Réseaux Bayésiens avec d’autres approches dépassant la seule théorie des probabilités (logique floue, théorie des évidences).

            Depuis désormais 10 ans les chercheurs d’ESPACE, et l’auteur de cette contribution en première ligne, conçoivent des protocoles de recherche à l’aide des Réseaux Bayésiens. Ailleurs, les Réseaux Bayésiens ont été d’abord utilisés dans les aspects les plus techniques de la géographie physique (télédétection, modélisation du risque hydraulique, sismique et incendie) dès les années 90. À ESPACE, ce sont en revanche des thématiques de géographie humaine, et plus précisément de géographie urbaine et de la santé qui ont été abordé par l’approche des Réseaux Bayésiens. Seront ainsi rapidement présenté des applications, à différentes échelles, dans les domaines de l’interaction ville/transports/environnement, de la métropolisation des territoires, des comportements résidentiels et des mobilités des populations, de la géoprospective territoriale d’une métropole touristique littorale (Fusco 2004, 2008, 2010, 2012, Fusco et Scarella 2012). Ces recherches ont mis en place différents types d’applications de la modélisation de connaissances incertaines : découverte de connaissances causales probabiliste, inférence probabiliste, classification bayésienne avec variables non observables, construction et évaluation probabiliste de scénarios.

Bibliographie


– FUSCO G., 2004, Looking for Sustainable Urban Mobility through Bayesian Networks, Cybergeo, n° 292, http://cybergeo.revues.org/2777, 22 p.

– FUSCO G., 2008, Spatial Dynamics in the Coastal Region of South-Eastern France , in O. Pourret, P. Naïm. B.G. Marcot (Eds.), Bayesian Networks: A Practical Guide to Applications, New York, John Wiley & Sons, p. 87-112.

– FUSCO G., 2010, Handling Uncertainty in Interaction Modelling in GIS: How will an Urban Network Evolve?, in H. Prade, R. Jeansoulin, O. Papini, S. Schockaert (Eds.) Methods for Handling Imperfect Spatial Information, Berlin, Springer, p. 357-378.

– FUSCO G., 2012, Démarche géo-prospective et modélisation causale probabiliste, Cybergéo, n° 613, http://cybergeo.revues.org/25423, 23 p.

– FUSCO G., Scarella F., 2012, Looking for socio-geographic profiles from survey data: the case of home ownership in the French Riviera, 15th AGILE International Conference on Geographic Information Science, Avignon, April 25th-27th 2012, 6 p.

– JENSEN F.V., 2001, Bayesian Networks and Decision Graphs, New York, Springer.

– KORB K.B., NICHOLSON A.E., 2004, Bayesian Artificial Intelligence, Boca Raton, FA, Chapman & Hall

– KWAKKEL J., PRUYT E.,2011, Exploratory Modelling and Analysis: an approach for model-based foresight under deep uncertainty, Fourth International Seville Conference on Future-Oriented Technology Analysis, Seville, May 12th-13th 2011.

– PEARL J., 2000, Causality – Models, Reasoning and Inference, Cambridge, Cambridge University Press.

– PLEWE B., 2002, The Nature of Uncertainty in Historical Geographic Information, Transactions in GIS, 6(4), p. 431-456.

– STIRLING A., 2010, Keep it complex, Nature, vol. 468, p. 1029-1031.

– TALEB N. N., 2008, The Fourth Quadrant: a Map of Limits of Statistics, Edge Foundation, 17 p.

– WALKER W., LEMPERT R., KWAKKEL J., 2010, Deep Uncertainty, in S.I. Gass, M. Fu (Eds.) Encyclopaedia of Operations Research and Management Science, Berlin, Springer

 

 

Share Button

Estimation de la structure par âges d’une population archéologique à partir de données d’âge indirectes

Luc BUCHET (CEPAM-CNRS, UMR 7264, Université Nice Sophia Antipolis)

2ème Table Ronde « Démarches, méthodes et approches de la connaissance incertaine », Nice, 28 juin 2013, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


Pour estimer les paramètres démographiques de populations pour lesquelles n’existent aucune donnée enregistrée de l’âge (c’est le cas de la plupart des séries ostéoarchéologiques), le paléodémographe ne dispose le plus souvent, pour chaque individu, que d’indicateurs de son stade d’évolution biologique (croissance pour les sujets immatures et vieillissement pour les adultes).

– Premier facteur d’incertitude : la corrélation âge civil/âge biologique.
Malnutrition, maladies infantiles, épidémies perturbent la croissance ; conditions sanitaires et patrimoine génétique influent sur le vieillissement. C’est pourquoi aucun des indicateurs d’âge ne présente une bonne corrélation statistique avec l’âge biologique.

– Deuxième facteur d’incertitude : la population de référence.
Pour passer de la distribution par stades à la distribution par âges, les paléodémographes s’appuient sur les données fournies par une population de référence adaptée (matrice donnant à la fois le sexe, l’âge civil et le stade de chaque individu). Le choix de cette population est donc déterminant.

– Troisième facteur d’incertitude : la représentativité de l’échantillon.
Des facteurs sociaux (pratiques funéraires) et biochimiques (conservation différentielle des os) perturbent l’image que l’on a de la population étudiée, tant sous l’angle de l’effectif que sous celui de la structure. La précision du résultat dépend donc étroitement de la précision de la méthode employée, mais aussi de l’effectif considéré. Il est donc important de préciser les limites statistiques des résultats obtenus (intervalles de confiance, intervalles de crédibilité).

– Solution proposée : nouvelle méthode, fondée sur le principe de l’inférence bayésienne.
Par opposition à une méthode fréquentiste dans laquelle les paramètres inconnus sont supposés fixés, une méthode bayésienne considère que ces paramètres sont des variables aléatoires ; on se donne alors une loi a priori pour ces paramètres (dans notre cas, le «standard» de mortalité défini pour les sociétés préindustrielles) et on calcule la loi a posteriori, c’est-à-dire la distribution révisée pour un site cible donné en fonction des données observées sur ce site (la répartition par stades).

Nous présentons, dans un premier temps, pour évaluation, les résultats obtenus par cette méthode pour une population dont la structure était connue grâce à des sources écrites (religieuses de Maubuisson, XVIIe-XVIIIe siècle) puis, dans un second temps, ceux obtenus pour Frénouville aux périodes gallo-romaine (IIIe-Ve siècle) et mérovingienne (du Ve à la fin du VIIe siècle).

Références bibliographiques


– CAUSSINUS (H.), COURGEAU (D.), 2010. Estimer l’âge sans le mesurer en paléodémographie. Population, 65 (1), p. 117-145.

– SEGUY (I.), BUCHET (L.), 2011. Manuel de paléodémographie, Paris, éd Ined.

– SEGUY (I.), CAUSSINUS (H.), COURGEAU (D.), BUCHET (L.), 2013. Estimating the Age Structure of a Buried Adult Population: A New Statistical Approach Applied to Archaeological Digs in France. American Journal of Physical Anthropology, 150, p. 170-183

 

 

Share Button

Symposium sur le loup du 9 au 12 octobre 2013

j3gn0oi3

Du 9 au 12 octobre, se dérouleront les journées consacrées au symposium sur le loup, à St Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes).

Retrouvez toutes les informations sur le document joint et n’hésitez pas à vous inscrire :

Dossier de presse-1

Share Button

Symposium sur le loup – 9 au 12 octobre 2013

loupJournées dédiées au symposium sur le loup, à St Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes), du 9 au 12 octobre.

Retrouvez toutes les informations sur le document joint et n’hésitez pas à vous inscrire :

dossier-de-presse-1

Share Button
1 2 3 4