Journée d’étude « Les catégorisations raciales. Justification savantes, usages politiques et productions épistémologiques » – 12 février 2016

L’axe 3 vous propose une journée d’étude sur « Les catégorisations raciales. Justifications savantes, usages politiques et productions épistémologiques », dans l’amphi 031 de la MSHS, le 12 février 2016, de 10h à 17h.


Résumé :

À l’heure où certains auteurs rendent compte de l’émergence d’un « nouveau paradigme de la race » et du retour du concept biologique de « race » [1], de la création de programmes de santé réservés aux Noirs dans l’Amérique contemporaine[2] et des nouvelles pratiques telles que les tests d’ascendance génétique[3], une mise en perspective sur le temps long et une approche critique telles que peuvent les proposer les sciences humaines apparaissent comme un détour salutaire pour mieux appréhender la complexité de cette notion[4] et les enjeux autour de son dépassement[5].

Cette journée d’étude a pour objectif de lancer une réflexion interdisciplinaire à la croisée de la philosophie, de l’histoire et de la sociologie sur les mécanismes de production du concept de « race » ou, plutôt, de ses contours successifs. Par-delà la diversité des approches et des méthodes, les liens entre savoir et pouvoir ont été depuis plus d’un demi-siècle un champ d’investigation privilégié par ces trois disciplines. Parce que le dialogue entre ces expertises pourrait contribuer à comprendre la longévité et la ductilité de cette modalité de catégorisation des individus et d’ordonnancement des populations par la « race », cette journée d’étude propose d’explorer les imbrications entre productions savantes et usages politiques des catégories raciales.

Il s’agira d’interroger la manière dont l’ancrage dans des contextes historiques et géographiques donnés participent de la construction de régimes d’altérité spécifiques, tout en étant attentif aux effets de la circulation des savoirs et des politiques de la « race » entre les métropoles et les colonies, entre les empires et entre les États-nations, entre l’Europe et les Amériques. À la lumière des différentes études de cas exposées durant cette journée, nous tenterons aussi de comprendre les modalités selon lesquelles certains de ces différents régimes d’altérité ont pu dans le passé ou peuvent aujourd’hui être travaillés par des rapports de dominations qui visent à imposer comme point de vue universel des conceptions particulières de la « race »[6].


[1] Doron Claude-Olivier et Lallemeand-Stempak Jean-Paul, « Un nouveau paradigme de la race ? », La vie des idées, Mars 2014 ; Doron Claude-Olivier, « L’ascendance biogéographique : génétique des populations et généalogie des individus », in I. Luciani et V. Piétri (Éds), L’incorporation des ancêtres, Marseille, Presses universitaires d’Aix-Marseille, à paraître.

[2] Nelson Alondra, Body and Soul. The Black Panther Party and the Fight Against Medical Discrimination, Saint Paul, University of Minnesota Press, 2013 ; Peretz Pauline, « Race et santé dans l’Amérique contemporaine. Entretien avec Alondra Nelson », La vie des idées, Février 2012.

[3] Bliss Catherine, Race Decoded: The Genomic Fight for Social Justice, Stanford, CA, Stanford University Press, 2012 ; Bolnick Deborah A., « Individual ancestry inference and the reification of race as a biological phenomenon », in B. A. Koenig, S. Soo-Jin Lee et S. S. Richardson (Éds), Revisiting race in a genomic age, Rutgers University Press, 2008, p. 70-89 ; Jordan Bertrand, L’humanité au pluriel. La génétique et la question des races, Paris, Le Seuil, 2008.

[4] Schaub Jean Frédéric, Pour une histoire politique de la race, Paris, Le Seuil, 2015.

[5] Bessone, Magali, Sans distinction de race ? Une analyse critique du concept de race et de ses effets pratiques, Paris, Vrin, 2013 ; Peretz Pauline (ed.), L’Amérique post-raciale ?, Paris, PUF, 2013.

[6] Bourdieu Pierre et Wacquant Loïc, « Sur les ruses de la raison impérialiste », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 121-122, Mars 1998, p. 109-118.


 

Programme :

10h00 : Bienvenue et présentation

10h20 : Francisco Bethencourt (Department of History, King’s College London)

Les races entre racisme et identité

11h10 : Elsa Dorlin (Université Paris 8 – UMR/LABTOP-CRESPPA)

L’invention du mâle dominant – racisme, sexisme et naissance de la primatologie

12h00 : Magali Bessone (Université de Rennes 1, IUF)

Les focales de la catégorisation raciale et la théorisation de la justice

13h00-14h00 : Buffet

14h00 : Cécile Vidal (EHESS, CENA/Mondes Américains UMR 8168)

Perspectives modernistes sur les rapports entre l’histoire sociopolitique et l’histoire intellectuelle de la race de part et d’autre de l’Atlantique

14h50 : Paul Schor (Université Paris Diderot, LARCA UMR 8225)

La « nationalité » des statistiques raciales, le cas des Etats-Unis

15h40 : Elisabeth Cunin (IRD, URMIS UMR 8245 – 205)

Le métissage en Amérique latine entre racisme et antiracisme

16h30 : Discussion finale


Résumés des communications :

Francisco Bethencourt (Department of History, King’s College London) : Les races entre racisme et identité.Le mot « race » a une utilisation instable. Il désigne d’abord, au Moyen Age, les lignages nobles, pour descendre après dans l’échelle sociale, en étant appliqué, dans la Péninsule Ibérique, aux convertis d’origine juive ou musulmane pour indiquer une « tache » de sang, ensuite aux noirs d’origine africaine, au dix-huitième siècle aux femmes et, finalement, au dix-neuvième siècle, aux nations. Entretemps, les théories des races du dix-huitième et dix-neuvième siècles avaient renforcé une hiérarchie des races liée aux continents, déjà esquissée au seizième siècle, qui permettait aux Européens d’affirmer leur prétendue supériorité et de justifier leurs projets d’expansion.

La classification des races a renforcé les pratiques racistes préalables, mais elle a aussi favorisé une intériorisation de l’infériorité physique et/ou mentale par les populations subjuguées. Des populations qui n’avaient jamais eu des rapports étroits entre elles se sont vues agglutinées, mais le fait que la classification des entités coloniales a été en partie assimilée para les populations colonisées ou menacées de colonisation pose des problèmes. Le premier concerne le renversement d’une classification hiérarchique qui vise la subordination. Elle peut être utilisée comme forme d’affirmation d’identité collective ou d’une lutte commune contre, justement, l’exploitation coloniale ou postcoloniale. Les mouvements panafricains et pan-asiatiques expriment ces projets de résistance au vingtième siècle. Le mouvement des Afro-américains va encore plus loin, puisqu’il affiche la même notion de race qui les avait infériorisés pour exprimer leur identité (le « désir » de race) et pour dénoncer toute forme d’oppression. Le deuxième problème concerne l’identité ethnique, qui échappe en partie aux grandes classifications de race, comme dans le cas du peuple juif, dont la perpétuation historique peut être liée aux formes de persécution subies.

 

Elsa Dorlin (Université Paris 8 – UMR/LABTOP-CRESPPA) : L’invention du mâle dominant – racisme, sexisme et naissance de la primatologie

En 1950 et 1951, une vingtaine de scientifiques de renommée internationale s’attèlent aux « Déclarations sur la race et les différences raciales » sous l’égide de l’Unesco. Ces textes doivent être considérés comme la démonstration non pas tant de l’invalidation scientifique de la race et de la différenciation raciale de l’espèce Homo Sapiens, mais de sa stricte délimitation au profit des variations environnementales et culturelles liées à la conceptualisation de « groupes ethniques ». Parmi les rédacteurs du second texte, celui de 1951, davantage centré sur l’anthropologie physique et la génétique humaine (quand celui de 1950, notamment signé par C. Lévi-Strauss, rassemblait plutôt des anthropologues et des sociologues), on trouve Solly Zuckerman. Inspiré par Totem et Tabou et l’idée d’une histoire pré-civilisationnelle de la sexualité, le pathologiste et taxinomiste Solly Zuckerman est réputé pour ses travaux sur les primates et notamment pour l’étude qu’il a menée sur une colonie implantée de babouins au Zoo de Londres en 1925 – dont Donna Haraway consacra un long commentaire dans son livre majeur Primate Visions publié en 1992.

Devenu l’un des grands théoriciens de la théorie du « mâle dominant » et de l’idée selon laquelle la « compétition pour les femelles » et « la coopération des mâles » sont structurées par une système hiérarchique fondé sur la domination d’un seul, Zuckerman en fait la condition de possibilité de toute société et la condition continuée de la coopération pacifiée entre les groupes humains. Personnage tragique d’une analogie universelle pour penser l’histoire de sociétés humaines originellement « patriarcale », le Babouin – et plus largement les grands singes observés par la primatologie à partir de l’entre-deux-guerres, puis dans les années cinquante, soixante et soixante-dix – permet ainsi de théoriser un ordre sexuel pré-civilisationnel, condition de la sociabilité et de la non-conflictualité des sociétés.

Cet exposé entend souligner l’importance que joue la primatologie dans les mutations du discours sur la race et le sexe à partir du milieu du XXe siècle : nous ferons l’hypothèse de l’émergence d’un patriarcat fonctionnel (ou d’un ordre sexuel hiérarchique) dans les discours savants contemporains, qui devient, au cours du XXe siècle, la condition de possibilité de la pacification des sociétés humaines en général et, en particulier, de l’éradication du racisme. En témoigne le fait que, dans la rhétorique des rédacteurs de la déclaration de 1951, l’idée de l’organisation hiérarchique axée sur la domination d’un mâle est largement mobilisée pour affirmer qu’en son absence, les sociétés humaines développent des tendances à s’entretuer. Le racisme est ainsi invalidé non pas tant au nom du caractère idéologique du concept de race, mais comme le symptôme de sociétés humaines désorganisées et dysfonctionnelles en matière de hiérarchie sexuelle.

 

Magali Bessone (Université de Rennes 1, IUF) : Les focales de la catégorisation raciale et la théorisation de la justice

La question des jeux d’échelle est largement débattue depuis une vingtaine d’années en histoire. Comme l’affirme Romain Bertrand[1], il ne s’agit pas cependant de reproduire la querelle de l’histoire globale comme prétention à l’omniscience contre la micro-histoire comme prétention à la description compréhensive, de jouer « l’astronomie » contre « l’entomologie ». Parlant en termes de « focale » plutôt que d’« échelle » et d’histoire connectée plutôt que d’histoire globale, il souligne ainsi « qu’il n’existe pas de ‘global’ comme niveau autonome d’analyse mais seulement des ‘connexions’ établies, habitées, réfléchies par les acteurs eux-mêmes » (54) que l’histoire a pour fonction de mettre au jour. Cette réflexion sur la discipline historique me conduit à poser deux questions, l’une conceptuelle, l’autre méthodologique, à la philosophie politique lorsqu’elle se préoccupe d’injustices raciales.

Sur le plan conceptuel, comment de telles modifications de focale « travaillent-elles » l’objet « race » dans nos analyses philosophiques ? Et que dit sur notre exigence de justice sociale en situation de discriminations la prise en compte d’une histoire de la construction différenciée du concept de race, selon qu’on le considère comme potentiellement explicatif globalement ou devant être expliqué localement ? Étudier la généalogie du concept de race en le situant dans les discours qui le mobilisent fait apparaître la contingence de ce concept, ce qui à son tour a un effet à la fois sur la « provincialisation » croissante de l’Europe et sur l’ajustement de la focale d’explication des injustices liées à des identifications et assignations raciales. On passe d’une problématisation des inégalités socio-politiques à partir de la nature anthropologique de l’homme à leur problématisation par des pratiques socio-politiques spécifiques, faisant intervenir des concurrences entre autorités locales, régionales, nationales, internationales.

Cependant, sur le plan de la méthode, si le discours philosophique, ancré dans les jugements et les catégories des acteurs, peut alors espérer fournir un modèle descriptif de la réalité sociale et des inégalités raciales, peut-il encore servir l’ambition normative cohérente d’une « théorie de justice » ? Aborder la question de la justice par le diagnostic des injustices sociales telles qu’elles sont perçues par les acteurs, couplé à l’analyse historique et empirique de la catégorisation et la discrimination raciales, permet-il d’aller au-delà d’une critique sociale qui ne se soucie pas des principes – mais quelle place alors pour la normativité ? La philosophie politique peut-elle renoncer à fournir le critère selon lequel la catégorisation raciale est souhaitable ou non, certaines inégalités raciales sont injustes et d’autres non ? J’aborderai ces deux questions, conceptuelle et méthodologique, tour à tour dans ma présentation.

 

Cécile Vidal (EHESS, CENA/Mondes Américains-UMR 8168) : Perspectives modernistes sur les rapports entre l’histoire sociopolitique et l’histoire intellectuelle de la race de part et d’autre de l’Atlantique

Cette communication plaidera pour une meilleure prise en compte de l’histoire de la période moderne afin de considérer différemment les imbrications entre productions savantes et usages politiques des catégories raciales, tant par les acteurs historiques que par les chercheurs en sciences sociales, entre les États-Unis et la France. En premier lieu, l’affirmation selon laquelle le racisme actuel dans chacun de ces deux pays aurait partie liée avec des héritages historiques très différents, d’un côté l’esclavage et la ségrégation et de l’autre la colonisation, ignore l’histoire commune que l’Europe, l’Afrique et les Amériques partagèrent entre le XVIe et le XIXe siècle. Les mondes atlantiques, formés par la multiplication et l’intensification des connexions entre les trois continents, se distinguaient par les effets croisés de l’impérialisme, du colonialisme et de l’esclavagisme. Ce sont ces trois phénomènes liés que la mise en place d’ordres raciaux sur les deux rives de l’Atlantique vint légitimer et soutenir. Plutôt que d’adhérer à un exceptionnalisme négatif qui mettrait à part l’Amérique du Nord anglaise puis britannique, les historiens des mondes atlantiques à la période moderne tendent dorénavant à examiner la place jouée par la race dans l’ensemble des sociétés américaines sans solution de continuité, les différences existant entre elles étant alors de degré plutôt que de nature.

Les processus de racialisation qui se développèrent au sein des mondes atlantiques dès le XVIe siècle permettent, en outre, de questionner la propension de nombre de chercheurs en sciences sociales à penser les justifications savantes de la race comme premières devant les usages politiques du concept. La période moderne s’en trouve réduite à celle de la préhistoire ou protohistoire de la race avant l’élaboration des premières théories philosophiques et scientifiques afférentes dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Pourtant, avant même 1750, plus de 4,7 millions d’Africains avaient déjà été déportés aux Amériques, tandis que les mariages mixtes entre blancs et noirs étaient interdits dès 1691 en Virginie et 1724 en Louisiane française. La race n’est pas seulement ou premièrement un langage et une idéologie. Aussi est-il nécessaire, d’une part, de tenir compte de la multiplicité des acteurs impliqués dans la production, reproduction et transformation des ordres raciaux sans en faire un phénomène top down qui accorderait une place centrale aux seules élites politiques et intellectuelles, et, d’autre part, d’analyser plus finement les rapports complexes entre les conceptions et les politiques de la race, ainsi qu’entre les pratiques de catégorisation, classification et hiérarchisation et celles de discrimination, ségrégation et violence raciale.

 

Paul Schor (Université Paris Diderot , LARCA UMR 8225) : La « nationalité » des statistiques raciales, le cas des Etats-Unis

Les catégories raciales américaines servent souvent de référence dans les débats sur la construction des catégories et notamment pour les politiques publiques antidiscriminatoires dans le cas des statistiques. Cette question se pose aussi aux chercheurs en sciences sociales dans un contexte où les paradigmes circulent et où l’université américaine a tendance à être exportatrice de concepts et d’outils. Pour que ces circulations se passent, ces catégories sont souvent déhistoricisées et perçues comme flottantes ou applicables à d’autres contextes. Or l’histoire de leurs usages montre que depuis le 19e siècle les producteurs et utilisateurs américains de ces catégories, en premier lieu le bureau du recensement, ont inscrit leurs catégories dans une fiction naturaliste d’universalité. Revenir sur l’histoire de leur fabrication et des problèmes concrets posés par leur exportation à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle permet de montrer que si les statistiques raciales américaines s’inscrivent dans un contexte d’internationalisation des sciences sociales et de l’expertise, elles n’en restent pas moins profondément nationales et idiosyncratiques en ce qu’elles répondent à des demandes politiques propres au contexte américain et participent d’un projet de construction nationale. En rendant leur « nationalité » à ces catégories, cette communication invitera à réfléchir au rôle des appareils étatiques et des contextes nationaux dans la production des outils et méthodes des sciences sociales.

 

Elisabeth Cunin (IRD, URMIS UMR 8245 – 205) : Le métissage en Amérique latine entre racisme et antiracisme

L’Amérique latine est traditionnellement associée au métissage, considéré comme un dépassement des différences raciales, une fusion des « races » s’incarnant dans la figure du « mestizo ». Ce paradigme de la « démocratie raciale » a été mis en avant au niveau international, notamment en opposition avec le modèle étatsunien ou dans les politiques antiracistes mises en place par l’UNESCO à partir de 1945. Depuis les années 1970, ce régime d’altérité est contesté. Le métissage est désormais considéré comme un « mythe », qui cacherait la permanence de hiérarchies raciales et une idéologie du blanchiment. Le multiculturalisme (et plus récemment l’Etat plurinational) viendrait alors remplacer le métissage, en définissant la nation par ses différences et en appréhendant celles-ci en termes d’ethnicité. Ce « tournant multiculturel » est lui-même ancré dans le cadre néo-libéral qui s’impose à l’échelle globale depuis les années 1980. Je reviendrai dans cette communication sur le métissage, entre valorisation et contestation, en me centrant plus particulièrement sur le Mexique, modèle de ce métissage latino-américain, et sur la Colombie, laboratoire du multiculturalisme dans la région. Dans les deux cas, le politique et le scientifique sont en constante interaction, voire superposition. Il s’agira ainsi de s’interroger sur la place de la « race » dans des politiques nationales légitimées scientifiquement afin de nuancer l’opposition entre « color blind policies » et « race conscious policies », entre racisme et antiracisme



[1] Romain Bertrand, « Histoire globale, histoires connectées », in Le tournal global des sciences sociales, S. Dufoix et A. Caillé dirs., Paris, La Découverte, 2012.

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L’étranger : Altérité, Altération, Métissage. Rencontres universitaires internationales, 7-9 octobre 2015, Corte

affiche Recontres UniversitairesRencontres universitaires internationales « L’étranger : Altérité, Altération, Métissage », avec l’appui de la MSHS Sud-Est.

1ère table ronde organisée du 7 au 9 octobre 2015, à l’initiative de l’axe 3 et du LISA.

Lieu : Università di Corsica Pasquale Paoli, Campus Mariani, Corte

La question de l’étranger interroge le rapport à soi-même et à l’autre. Qu’elle soit individuelle ou collective, la notion d’identité semble indissociable de la notion d’altérité, l’une définissant l’autre, dans la perception paradoxale d’une perpétuelle et inévitable porosité de leurs caractères. Lorsque le « moi » désigne l’autre en l’affublant du qualificatif d’étranger, il se livre à une mise à distance qui implique la notion de territoire et s’inscrit dans une dialectique du dedans et du dehors, l’étranger se trouvant relégué à la frontière qui parfois devient la marge. La question du regard sur soi, sur le groupe, sur l’autre, fondamentale dans l’appréhension de l’étranger, induit des relations d’inclusion ou d’exclusion et convoque les notions de l’un et du multiple, du soi (ipse) et de l’autre.
Mais qu’est-ce qu’être étranger dans nos sociétés modernes ? À l’heure de la mondialisation économique, des échanges et de la circulation des hommes, des idées et des savoirs, les mouvements migratoires contribuent à une nouvelle perception de la rencontre avec cet autre jadis lointain, cet étrange inconnu -noble étranger ou inquiétante figure-, cette « figure du dehors » (Kenneth White) ou cette image stéréotypée, générant parfois un sentiment de méfiance. Les bouleversements suscités fragilisent le concept d’état-nation et conduisent à des reconfigurations, des altérations, et des interactions à la fois culturelles, religieuses et linguistiques qu’il convient d’étudier car elles influent sur les cultures européennes et bousculent les formes possibles de l’appartenance. L’éclatement de l’unité, le métissage, la « contamination », les configurations « multi » -culturelles, linguistiques, ethniques…-, la créolisation de l’Europe (Édouard Glissant) interrogent notre rapport à l’autre et au monde.
Au croisement de l’histoire, de la sociologie, de l’anthropologie, de la psychanalyse, de la philosophie, de la littérature, de la linguistique, la question de l’étranger constitue l’un des grands enjeux de la vie en société, offrant des perspectives de recherche tant dans le domaine des sciences humaines que dans les arts, le cinéma, le théâtre et la littérature.

Contact :
Paola Camuffo
Université de Corse
UMR CNRS 6240 LISA
camuffo_p@univ-corse.fr

Picto_pdf Télécharger le programme

 

 

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Conférence « Qu’appelle-t-on avoir une identité collective? » – 2 décembre 2015

Conférence donnée dans le cadre du programme « Questions d’Europe », mercredi 2 décembre de 14h à 16h, amphi 031 à la MSHS.

Intervenant: Vincent DESCOMBES (EHESS)

Cette conférence abordera trois questions :

1° Comment passe-t-on de l’identité au sens logique d’un jugement d’identité à l’identité au sens moral d’une définition de soi qui mette en cause l’amour-propre d’un individu ou d’un groupe et le sentiment qu’ils ont de leur dignité ?

2° Quels sont les critères d’identité pour un être collectif (tel qu’une université, une profession, une ville, un Etat, une nation, etc.) ?

3° L’identité européenne est-elle culturelle ou politique ?

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Séminaire IVI : Idée Vérité Image – 2 octobre 2015

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6ème séance du séminaire IVI
Saint-Jean d’Angély 3 – Amphi 31 (rdc) – Vendredi 2 octobre de 9h30 à 12h30

Intervenants :

– Frédérique ILDEFONSE (CNRS, Centre Jean Pépin, UPR 76, Villejuif). « Que peuvent apporter certaines occurrences d’agalma à une réflexion sur l’image ? »

– Dimitri EL MURR (Université Panthéon Sorbonne, CNRS, SPHERE-UMR 7219, Paris). « Paradigme et réminiscence: quelles fonctions pour les modèles dans l’épistémologie platonicienne ? »

Entrée libre.
 
 
 
 

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Conférence « Repenser l’illuminisme. Franz Joseph Thun et l´ésotérisme au XVIIIe siècle » – 24 septembre 2015

Conférence organisée de 10h à 12h, en salle 129 à la MSHS.

Intervenant : Ivo CERMAN

Maître de conférences à l’Université de Bohême de Sud, République tchèque, Ivo Cerman s’intéresse à  l’histoire des noblesses en Europe centrale à l’âge des Lumières. Depuis quelques années il travaille en particulier sur l’histoire de droit naturel et de droits de l’homme. Ses ouvrages principaux sont Habsburgischer Adel und Aufklärung (2010) et le volume collectif The Enlightenment in Bohemia. Religion, Morality and Multiculturalism (2011) qu´il a dirigé en collaboration avec Rita Krueger et Susan Reynolds, ainsi que Aufklärung oder Illuminismus? Die Enzyklopädie des Grafen Franz Josef Thun (2015). Il a publié aussi plusieurs articles sur la francophonie de la noblesse.

Résumé :


 Le XVIIIe siècle n’a pas été seulement le siècle de la raison, mais aussi celui de la déraison. Quand on parle des Lumières, on ne doit pas oublier l’illuminisme. Le XVIIIe siècle a éprouvé une crise de l’autorité des Eglises et de la confiance en leurs dogmes. Cependant, il serait faux de dire que cette crise apprit au genre humain à penser d’une une manière rationnelle. Il faut prendre en compte l’existence d’un courant de penseurs qui a utilisé cette liberté pour construire ses propres rêveries religieuses. Ces penseurs ne voulaient pas abandonner la religion, ils voulaient la protéger contre les Lumières radicales d’une manière plus efficace que ce que les Eglises établies proposaient. Bien qu’ils protégeaient la religion, ils attaquaient les Eglises eux- aussi, parce qu’ils accusaient les prêtres d’avoir obscurci la religion. Le comte Franz Joseph Thun était un représentant de ce courant ésotérique et le but de notre communication est de présenter l’encyclopédie ésotérique dont nous avons retrouvé le manuscrit il y a quelques années dans les archives de sa famille. De son vivant, le comte de Thun fut connu comme un illuminé et un guérisseur. Ses séances publiques de guérison déclenchèrent un scandale qui le contraignit de se retirer, mais il consacra les dernières années de sa vie à écrire un ouvrage qui aurait dû exprimer sa vision du monde (Weltanschauung). C’est à partir de cet ouvrage que nous nous proposons de repenser la signification de l’illuminisme pour la culture intellectuelle du XVIIIe siècle. Notre conférence s’appuie sur le livre Aufklärung oder Illuminismus? (2015) qui vient de paraître à Stuttgart.

 

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5ème séance du séminaire IVI – 12 juin 2015

Seminaire_12juin5ème séance du séminaire Idée, Vérité, Image à l’UFR LASH, salle de conférence de la BU Henri Bosco (1er étage).

Intervenants :

Rosa-Maria DESSÌ (CEPAM) : « Images, fantômes et vérité: Aby Warburg et les historiens »

Picto_Doc2 Giulia PUMA (CEPAM) : « Le rôle de l’image dans la prière et l’accès au divin au-delà de l’image »

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Table ronde et conférence Journée mondiale des réfugiés – 19 juin 2015

Téléchargez l'affiche de la conférenceAmphi 031 à la MSHS, de 13h30 à 21h.

Dans le cadre de la journée mondiale des réfugiés, cette manifestation est organisée par la MSHS en collaboration avec l’IDPD, le projet Mobilités, frontières et co-développement en Méditerranée de l’axe interdisciplinaire Altérités et mondialisations (UNS) et l’association Forum Réfugiés.
La manifestation se déroulera en deux temps :
1- une table ronde académique visant à présenter et discuter les recherches actuelles portant sur la question des réfugiés dans l’espace méditerranéen (IDPD-URMIS-Institut international de droit humanitaire, San Remo);
2- une session plus grand public co-organisée avec l’association Forum Réfugiés : témoignage de réfugié et prise de parole des associations Amnesty International, Cimade, Forum Réfugiés Cosi, ALC, ATE.

 
 
 
 
 

PROGRAMME


14h00 – 16h00 : Table ronde académique


Josiane AUVRET-FINCK  (IDPD) : L’agenda européen en matière de migration : le pari de la responsabilité et de la solidarité pour répondre à l’urgence humanitaire en Méditerranée


Mehdi MEZAGUER  (GREDEG) : Vers un nouveau système de répartition des réfugiés et demandeurs d’asile dans l’UE


Louis BALMOND (IDPD) : L’utilisation de la Politique de Sécurité et de Défense Commune face à la question des réfugiés en Méditerranée


Swanie POTOT (URMIS) : L’accueil des réfugiés de Libye en Tunisie durant les révolutions arabes


Aurore MOTTET (URMIS) : « Pas tout à fait des réfugiés ». Entre asile et migration, réflexions autour de la figure du « réfugié subsaharien » au Maroc


Nicolas PUIG (URMIS) : Itinéraires de Palestiniens du Liban : de refuges en migrations


Maria PIA MONNO (IDPD) : Le système d’accueil des réfugiés et des demandeurs d’asile en Italie



16h30 – 18 h30 :  Conférence « Migrants en Méditerranée : quelle protection pour les réfugiés ? »

16h30 : Catherine WITHOL de WENDEN (CERI, Centre d’études et de recherches internationales) : les voies de protection pour les réfugiés rejoignant l’Europe par la Méditerranée

17h15 : Témoignage d’un réfugié sur son parcours jusqu’à l’accès à une protection en France

17h30 : Débat animé par Nadine CAMP, Forum réfugiés-Cosi

18h30 : Buffet
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Conférence « la génétique et la question des races » – 10 juin 2015

08-17 Jordan - genetique - MEPConférence organisée par l’ URMIS (unité de recherches « Migrations et société « ) et la Maison des sciences de l’homme de la société du Sud-Est, à 14h30.

Cette conférence débat s’inscrit dans le cadre du groupe de recherche sur les usages scientifiques, sociaux et politiques de la race (axe interdisciplinaire « Altérité et mondialisation » de l’université Nice Sophia Antipolis) et dans le cadre de l’axe de recherches « l’Europe et ses Autres » de la MSHS.

Intervenant : Bertrand JORDAN

Bertrand Jordan est un biologiste et généticien de renommée internationale, directeur de recherche émérite au CNRS, fondateur de la génopole Marseille-Nice. Il est l’auteur notamment d’un ouvrage de référence sur le statut de la race dans la recherche génétique contemporaine intitulé « L’humanité au pluriel : la génétique et les questions de race » paru aux éditions du seuil en 2008 (actuellement épuisé et en cours de réimpression).

 

Résumé :


L’existence de races humaines, longtemps vérité scientifique, a été battue en brèche après la 2e guerre mondiale, et notamment après le séquençage de notre génome. Pourtant, et malgré la grande homogénéité génétique de notre espèce, des techniques d’analyse très performantes permettent, depuis une dizaine d’années, de remonter aux origines des individus, de préciser leur ascendance, et de les rattacher à des groupes géographiques. Ces derniers ont néanmoins des limites floues, une diversité interne élevée, et bien sûr aucune relation hiérarchique. Les races, au sens classique du terme, n’existent pas, même si la pluralité humaine est bien réelle et si elle peut être analysée de plus en plus finement grâce aux progrès rapides de la technologie.

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Séminaire interne « Le cocorico de l’homme blanc » – 29 mai 2015

Séminaire interne de l’axe 3, en salle 129 à la MSHS, de 14h à 16h.

Présentation du séminaire : Jean-Luc GAUTERO (CRHI)

Discutant : Jean-Luc PRIMON (URMIS).

Résumé :


Le concept de racisme anti-blancs, propagé par l’extrême-droite et accepté par certaines organisations antiracistes, semble apparaître en France dans l’ouvrage du romancier et essayiste Pascal Bruckner, Le sanglot de l’homme blanc. C’est pourquoi, sans prétendre ainsi épuiser la question, il peut être utile pour éclairer ce concept de se pencher sur cet ouvrage et sur ces cibles, et de mettre par là-même en évidence aux origines du concept un certain regard sur les relations entre l’Europe et ses anciennes colonies.

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Séminaire IVI : Idée Vérité Image – 17 avril 2015

Seminaire IVI_17_avrilDans la cadre de l’axe 3, le séminaire IVI vous invite à une quatrième séance intitulé : « Peut-on voir les Idées de Platon ? », par Leone GAZZIERO (CNRS, Lille, UMR 8163- STL) et « Connaissance par images: connaissance des Idées ou connaissance des images? Autour du Cratyle de Platon », par Franco TRABATTONI  (Università di Milano),  de 9h30 à 13h30, en salle du Conseil, campus Carlone (UFR LASH). Ce séminaire fait également partie de l’axe interdisciplinaire HISA (Histoire des Idées, des Sciences et des Arts) organisé par le CRHI et le CEPAM.

 
 
 
 
 
 
 
 

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Conférence « L’amitié masculine. Frontières de l’altérité et rapport au monde dans la France des Lumières » – 27 avril 2015

Conférence organisée dans le cadre de l’axe 3, en amphi 031 à la MSHS, de 10h à 12h.

Intervenant : Kenneth LOISELLE, Associate Professor of History at Trinity University et chercheur associé au Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine (CMMC).

Résumé :


Coéditeur avec Pierre-Yves Beaurepaire de Diffusions et circulations des pratiques maçonniques, XVIIIe-XXe siècles (Classiques Garnier, 2013), Kenneth Loiselle a récemment publié un livre intitulé Brotherly Love. Freemasonry and Male Friendship in Enlightenment France (Cornell University Press, 2014) qui s’inscrit au carrefour de l’histoire culturelle, de l’histoire des genres, de l’histoire intellectuelle et de l’histoire des sensibilités. La conférence insistera sur la nouvelle façon de percevoir la masculinité au XVIIIe siècle. Elle intègre la dimension sensible du mâle : il devient dès lors envisageable de s’épancher, d’ »aimer ses frères », au risque parfois d’être taxé de dévirilisation et de déviance sexuelle. Cette découverte d’un autre intérieur conditionne aussi le nouveau rapport au monde des Lumières.

 

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Projet « L’Europe et ses autres : Figures et Histoires »

Afin de permettre aux différents collègues concernés par l’axe 3 de la MSHS de se rencontrer et de travailler ensemble, nous proposons un séminaire interne, intitulé L’Europe et ses autres : Figures et histoires. Lors de chaque séance, un membre d’une des équipes de la MSHS présente un travail récent ou en cours de publication (article, ouvrage, etc.), ce travail est ensuite discuté par un collègue d’une autre équipe de la MSHS, avant de faire l’objet d’une discussion générale. Ce séminaire entend ainsi prouver, par l’exemple, que le dialogue interdisciplinaire est possible et fructueux.

-> Cycle de séminaires internes :

2015


2014

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Projet « Questions d’Europe »

Dans le cadre de l’axe 3 de la MSHS « L’Europe et ses ‘Autres’ », nous proposons au public, aux chercheurs et aux étudiants une série de conférences et de manifestations scientifiques. Il s’agit d’interroger les différentes figures de l’Europe, en montrant comment les sciences humaines permettent de mieux comprendre une réalité aperçue de manière simplifiée ou inutilement polémique. En mobilisant aussi bien l’histoire que le droit, la philosophie, l’économie, la sociologie ou la géographie, on entend offrir des clefs nouvelles pour lire un aspect essentiel de l’actualité et des réalités contemporaines. On questionne ainsi, à titre d’exemples, la crise économique et l’Europe, la politique migratoire européenne, le populisme en Europe, la construction européenne dans ses apports et ses apories.

-> Cycle de conférences et manifestations scientifiques  :

2015

2014

2013

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Conférence « Juifs, chrétiens, musulmans : 15 siècles de cohabitation en Europe. Enseigner la diversité religieuse dans nos écoles » – 19 mars 2015

A 9h – Amphi 031 de la MSHS.

Cette conférence s’inscrit dans le cadre des activités du Centre d’Analyse des Processus en Education et Formation (ESPE), de l’URMIS, de l’Axe interdisciplinaire de l’UNS Altérités et mondialisations et des initiatives « Questions d’Europe » promues par l’Axe 3 de la MSHS « L’Europe et ses ‘Autres’ ».

Intervenant : John TOLAN, professeur à l’université de Nantes.

 

Résumé :


La diversité religieuse en Europe s’enracine dans les pratiques des sociétés médiévales. Les dirigeants du moyen âge, chrétiens et musulmans, accordèrent des statuts protégés et inférieurs à certaines minorités religieuses. L’étude des sources juridiques montre que les sociétés médiévales, comme la nôtre, ont subi des changements constants en matière religieuse et que la cohabitation, certes pas toujours pacifique, a été la règle plutôt que l’exception dans l’histoire européenne. Depuis 2010, une équipe d’historiens se penche sur ce sujet à Nantes dans le cadre d’un programme de recherche financé par le Conseil européen de la recherche et hébergé à l’université de Nantes. Ce programme, RELMIN, étudie le statut légal des minorités religieuses dans l’Europe médiévale, en particulier les lois qui réglèrent (ou tentèrent de le faire) les relations entre membres de différentes confessions. (voir www.relmin.eu). Ces textes de lois, en latin, grec, arabe, hébreu, ou dans des langues vernaculaires médiévales (français, espagnol, etc.) ont été éditées et mis en ligne par notre équipe, avec des traductions, commentaires et bibliographies (voir http://www.cn-telma.fr/relmin). Cette base de données est à la fois un outil de recherche mis à la disposition d’historiens, juristes, sociologues et d’autres travaillant sur ces questions et une ressource pédagogique à la disposition d’enseignants du secondaire et de l’université, en France et à l’étranger (le site peut être consulté en français et en anglais). Il contient désormais plus de 600 textes légaux et à terme en comportera plus de 1000. Il s’agira dans cette conférence de présenter, dans les grandes lignes, l’apport de cette base de données et d’explorer quelques pistes de sa possible utilisation dans l’enseignement secondaire.[/tab] [/tabs]


Voir aussi : http://urmis.unice.fr/?Conference-de-John-Tolan-Juifs

Picto_videoVidéo en ligne sur Canal-u.tv


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Séminaire « Un concept d’Europe » – 27 mars 2015

Séminaire interne sur « Un concept d’Europe » organisé en salle 129 à la MSHS, de 14h à 16h.

Résumé :


Il s’agit d’exposer le concept d’Europe impliqué par le concept d’Afrique que nous essayons d’élaborer, dans le cadre d’une thèse de philosophie. Nous insisterons sur trois points principaux : premièrement, le rapport historique de l’Afrique et de l’Europe explique que tout concept d’Afrique implique un concept d’Europe ; deuxièmement, tout concept d’Europe impliqué par un concept d’Afrique contredit le concept d’Europe issu de la tradition ouest-européenne comme téléologie de la raison ; troisièmement, la réflexion philosophique de l’Europe par l’Afrique révèle pour l’Europe la possibilité de s’émanciper de la domination qu’elle a exercée sur elle-même en l’exerçant sur le reste du monde.

Intervenant : Salim ABDELMADJID.
Attaché temporaire d’enseignement et de recherche au département de philosophie de l’Université de Nice Sophia Antipolis.
Doctorant en philosophie à l’Université Paris-Sorbonne. Titre de la thèse : Un concept d’Afrique.
Directeur de programme au Collège international de philosophie.

Discutants : Pierre-Yves BEAUREPAIRE et Silvia MARZAGALLI (CMMC, Université Nice Sophia Antipolis et Institut Universitaire de France)

 

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Séminaire interne « Nicolas de Cues (1401-1464) et l’Islam » – 5 février 2015

Séminaire interne, Axe 3, le 5 février de 16h à 18h, en salle 129 à la MSHS.

Animé par Hervé PASQUA (CRHI). Discutant : Fabrice WENDLING (CEPAM)

Hervé PASQUA, membre statutaire du CRHI, enseigne la philosophie médiévale, spécialiste du Moyen Âge tardif, il est l’auteur de plusieurs études sur Maître Eckhart et Nicolas de Cues, dont il traduit et publie l’œuvre latine aux PUF dans la collection Epiméthée. Il est  Président de la Société Française Cusanus,  Membre de la Société Philosophique de Louvain, Membre du Wissenschaftlichen Beirates der Cusanus-Gesellschaft, Membre de la Société Internationale pour l’Etude de la Philosophie Médiévale.
Dernière publication : Le pouvoir-est de Nicolas de Cues, Introduction, traduction et notes, PUF Epiméthée, Paris 2014.
Prochaine publication : La chasse de la sagesse de Nicolas de Cues, Introduction, traduction et notes, PUF Epiméthée, Paris 2015.

 

Résumé :


L’intérêt pour le monde musulman s’est manifesté dès le Moyen Âge avec les premières traductions du Coran. Parmi celles-ci celle de Pierre le Vénérable dont s’inspire Nicolas de Cues auteur d’un ouvrage important, la Cribratio Alchorani (Le Coran tamisé), qu’il acheva dans le courant de l’hiver 1461. Il dédia cette œuvre au pape Pie II, qui l’avait prié de lui donner les éléments d’une appréciation critique du mahométisme. Dans cette œuvre, conformément à l’esprit irénique du De pace fidei, écrit en 1453, l’année même de la chute de Constantinople, le Cardinal cherche avant tout à souligner les points d’accord entre les religions, ouvrant ainsi un dialogue exemplaire avec l’Islam qui peut nourrir le thème de recherche sur l’Europe et les autres qui anime ces rencontres interdisciplinaires.

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Le libéralisme dans tous ses États : circulation des hommes et des idées en Europe (XVIIIe-XXIe)

Séminaire de recherche explortoire CMMC-LIRCES en partenariat avec l’UMR IRCL de Montpellier (MSH Montpellier)


CONTACTS


– Pierre-Yves BEAUREPAIRE (CMMC) : Pierre-Yves.Beaurepaire@unice.fr

– Marc MARTI (LIRECES) : marti@unice.fr

– Pierre-Yves QUIVIGER : Pierre-Yves.Quiviger@unice.fr


ORIENTATION


Le libéralisme comme doctrine croise le champ du politique avec celui de l’économie. Les relations que l’on peut établir entre libéralisme économique et libéralisme politique sont complexes, atteignant parfois des dimensions paradoxales. Malgré des précédents qui peuvent se situer au début de l’époque moderne, le libéralisme émerge réellement au XVIIIe, en particulier dans la pensée des Lumières européennes. D’une certaine façon, il est le produit d’une volonté de comprendre ou de découvrir les «lois naturelles» qui régissent l’économie et la politique. Ces «lois naturelles» feront rapidement l’objet d’une diffusion dans toute l’Europe, diffusion qui se traduira paradoxalement par une territorialisation partielle de la doctrine. Le libéralisme originel va se transformer, en fonction des espaces et des temporalités, en «libéralismes» dont les derniers avatars sont sans doute les doctrines dites «néo-libérales» de nos sociétés contemporaines.

L’objectif que propose le séminaire est d’observer, d’analyser et d’interpréter les variations et les diffusions de la doctrine dans les sociétés européennes entre le XVIIIe et le XXIe siècle. Nous proposons pour cela quatre axes pour mener à bien cette recherche.

  1. Comment une doctrine à visée universaliste, comme d’autres théories issues des Lumières, a pu connaître une diffusion importante, qui s’est paradoxalement traduite par une territorialisation plus ou moins marquée en fonction des époques ?
  2. Quels ont été et quels sont les canaux et les acteurs de la diffusion du libéralisme ?
  3. Comment et pourquoi a-t-il été mis en pratique dans la sphère politique, sociale, économique, juridique, institutionnelle des états européens et/ou des organisations transnationales ? Ce questionnement ne pourra éviter d’analyser la permanence de la doctrine depuis le XVIIIe siècle qui doit être interrogée, sans doute, à travers sa plasticité et sa capacité évolutive.
  4. Quelles sont les relations entre libéralisme politique et libéralisme économique ?

ORGANISATION


Ce séminaire exploratoire vise à développer une approche interdisciplinaire autour de la thématique choisie, en faisant notamment appel à des historiens, des philosophes, des économistes et des juristes. Il viendra s’insérer dansl’axe 3 de la MSH Sud-Est, dans la problématique «L’Europe et ses autres». Il permettra par ailleurs de développer une collaboration avec la MSH de Montpellier (MSHM) qui développe la thématique générale «Dynamique des interactions euro-méditerranéennes» ainsi qu’avec son partenaire canadien le CIERL (Centre Interuniversitaire d’Études sur la République des Lettres, U. de Laval) pour la partie concernant l’Ancien Régime.

– Un 1er séminaire a eu lieu le 12 décembre 2014, avec les intervenants suivants : Marc MARTI (Nice): « Aristocrates et bourgeois libéraux dans l’Espagne de la fin du XVIIIe : contractions et évolutions de la pensée économique » et Paul CHENEY (University of Chicago): « L’économie politique de la colonisation: de la monarchie composite à la nation ».

– Il a été suivi d’un 2ème séminaire le 24 avril 2015, avec les intervenants suivants : Pierre-Yves QUIVIGER (professeur de philosophie, CRHI, Université Nice Sophia Antipolis), et Jacques GUILHAUMOU, Directeur de recherche émérite au CNRS en sciences du langage, UMR « Triangle », ENS/LSH Lyon, « La généalogie historique au fondement de l’analyse discursive de l’idée d’Europe ».

– Le 3ème séminaire s’est déroulé le 16 octobre 2015, avec les intervenants suivants : Franck SALAÜN (Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et ses Lumières, IRCL – UMR 5186), « Politique de la librairie au temps de Malesherbes : une approche libérale? » et Jean-Pierre SCHANDELER (Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et ses Lumières, IRCL – UMR 5186), « Condorcet le libéral au prisme du stalinisme ».

– Le 4ème séminaire s’est déroulé le 7 juin 2016, avec les intervenants suivants : Catherine LARRERE (Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne), « Les ennemis de la liberté : Montesquieu, John Law et la critique du despotisme », Jean CARTELIER (Université de Paris-Ouest, EconomiX), « L’anti-colbertisme n’est pas (toujours) un libéralisme : l’exemple de Quesnay », et Joël Thomas RAVIX (Université de Nice Sophia Antipolis, GREDEG), « Contre les colbertistes et les anglomanes : Du Pont de Nemours et la liberté du commerce extérieur ».

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Journée d’étude « Modéliser et représenter les circulations en Europe et dans le monde » – 10 avril 2015

Dans le cadre de l’axe 3 « l’Europe et ses ‘Autres' », une journée d’étude est organisée en amphi 031, sur le thème « Modéliser et représenter les circulations en Europe et dans le monde », avec le concours du Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine, Nice  http://cmmc-nice.fr/ et le soutien du groupement RES-HIST  http://reshist.hypotheses.org/

PROGRAMME

09h00 : Silvia MARZAGALLI (CMMC, Université Nice Sophia Antipolis & Institut Universitaire de France). Introduction


I. Représenter et modéliser les transports.  La circulation des navires et des hommes


09h15 : César DUCRUET (géographe CNRS, UMR Géographie-Cités, Paris et PI du programme ERC Starting Grant « World-Seastems »). Régions, flux, réseaux : cartographie des types de trajectoires portuaires à partir de données maritimes à l’échelle mondiale (1890-2008)


10h15-10h40 : Pause café


10h40 : Laurent ETIENNE (géomaticien, BDTNL, Université de Tours). Patrons de trajectoires de navires


11h40 : Sandrine ALINAT (géographe, Telemme, IUT Aix-Marseille). Mobilité en territoires ruraux. Usages et pratiques. Digne-les-bains. Alpes-de-Hautes-Provence


12h40 : Pause déjeuner


II. Représenter et modéliser les circulations culturelles


14h00 : Pierre-Yves BEAUREPAIRE (CMMC, Université Nice Sophia Antipolis & Institut Universitaire de France). Circulation, territoires et réseaux dans l’Europe des Lumières : retour sur le programme ANR CITERE


15h00 : Marion MAISONOBE (doctorante en géographie, UMR LISST – Laboratoire interdisciplinaire Solidarité, Sociétés, Territoires, Université Toulouse Jean Jaurès). Les réseaux contemporains de collaborations scientifiques : leur spatialisation et leur visualisation à travers une approche bibliométrique


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« L’intégration régionale euro-méditerranéenne : histoire d’un échec » – 11 mai 2015

Conférence organisée dans le cadre du séminaire « Questions d’Europe » de l’axe 3, de 17h à 19h, amphi 031 de la MSHS.

Intervenant :
Albert MAROUANI, Professeur émérite des Universités en sciences économiques, Président honoraire de l’Université Nice-Sophia Antipolis.

Résumé :


Dans un premier temps, nous analyserons les différentes étapes de la coopération euro-méditerranéenne en fonction du contexte économique et géo-politique (mondial, européen et sud et est-méditerranéen) pour mettre en évidence les continuités et les ruptures au regard des objectifs poursuivis et de la complexité des programmes Med de l’UE. Dans un second temps nous montrerons que les relations euro-méditerranéennes sur le plan des échanges commerciaux, des flux de capitaux et des flux humains se sont distendues et que l’on n’a pas assisté à un processus de rattrapage et de convergence Nord-Sud. Enfin nous essaierons de définir quelques pistes de réflexion pour une coopération mutuellement avantageuse et une intégration régionale euro-méditerranéenne inclusive.

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L’UE est-elle autre chose que l’Europe des apories ?

Robert CHARVIN (Professeur émérite, Doyen honoraire de la Faculté de Droit, Université Nice Sophia Antipolis)

Colloque international « La construction européenne et ses apories », Nice, 29-31 janvier 2015, organisation MSHS Sud-Est, soutiens cercle condorcé 06, CRHI et CMMC,  Axe 3 : « L’Europe et ses autres »

Résumé :


L’Union Européenne est marquée par la répétition de son commencement contradictoire : incarner une prétendue troisième voie entre les Grands  en faveur de la paix et se réaliser comme Europe des Affaires. Elle demeure un outil de régulation fondé sur le libre échange et la libre concurrence. Le futur traité avec les Etats-Unis ne peut que renforcer la volonté d’impuissance des Etats face aux pouvoirs privés, neutraliser toute déviance nationale par rapport au capitalisme financier et renforcer le couple  hégémonique franco-allemand.

 

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