Projet « L’Europe et ses autres : Figures et Histoires »

Afin de permettre aux différents collègues concernés par l’axe 3 de la MSHS de se rencontrer et de travailler ensemble, nous proposons un séminaire interne, intitulé L’Europe et ses autres : Figures et histoires. Lors de chaque séance, un membre d’une des équipes de la MSHS présente un travail récent ou en cours de publication (article, ouvrage, etc.), ce travail est ensuite discuté par un collègue d’une autre équipe de la MSHS, avant de faire l’objet d’une discussion générale. Ce séminaire entend ainsi prouver, par l’exemple, que le dialogue interdisciplinaire est possible et fructueux.

-> Cycle de séminaires internes :

2015


2014

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Projet « Questions d’Europe »

Dans le cadre de l’axe 3 de la MSHS « L’Europe et ses ‘Autres’ », nous proposons au public, aux chercheurs et aux étudiants une série de conférences et de manifestations scientifiques. Il s’agit d’interroger les différentes figures de l’Europe, en montrant comment les sciences humaines permettent de mieux comprendre une réalité aperçue de manière simplifiée ou inutilement polémique. En mobilisant aussi bien l’histoire que le droit, la philosophie, l’économie, la sociologie ou la géographie, on entend offrir des clefs nouvelles pour lire un aspect essentiel de l’actualité et des réalités contemporaines. On questionne ainsi, à titre d’exemples, la crise économique et l’Europe, la politique migratoire européenne, le populisme en Europe, la construction européenne dans ses apports et ses apories.

-> Cycle de conférences et manifestations scientifiques  :

2015

2014

2013

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Conférence « Juifs, chrétiens, musulmans : 15 siècles de cohabitation en Europe. Enseigner la diversité religieuse dans nos écoles » – 19 mars 2015

A 9h – Amphi 031 de la MSHS.

Cette conférence s’inscrit dans le cadre des activités du Centre d’Analyse des Processus en Education et Formation (ESPE), de l’URMIS, de l’Axe interdisciplinaire de l’UNS Altérités et mondialisations et des initiatives « Questions d’Europe » promues par l’Axe 3 de la MSHS « L’Europe et ses ‘Autres’ ».

Intervenant : John TOLAN, professeur à l’université de Nantes.

 

Résumé :


La diversité religieuse en Europe s’enracine dans les pratiques des sociétés médiévales. Les dirigeants du moyen âge, chrétiens et musulmans, accordèrent des statuts protégés et inférieurs à certaines minorités religieuses. L’étude des sources juridiques montre que les sociétés médiévales, comme la nôtre, ont subi des changements constants en matière religieuse et que la cohabitation, certes pas toujours pacifique, a été la règle plutôt que l’exception dans l’histoire européenne. Depuis 2010, une équipe d’historiens se penche sur ce sujet à Nantes dans le cadre d’un programme de recherche financé par le Conseil européen de la recherche et hébergé à l’université de Nantes. Ce programme, RELMIN, étudie le statut légal des minorités religieuses dans l’Europe médiévale, en particulier les lois qui réglèrent (ou tentèrent de le faire) les relations entre membres de différentes confessions. (voir www.relmin.eu). Ces textes de lois, en latin, grec, arabe, hébreu, ou dans des langues vernaculaires médiévales (français, espagnol, etc.) ont été éditées et mis en ligne par notre équipe, avec des traductions, commentaires et bibliographies (voir http://www.cn-telma.fr/relmin). Cette base de données est à la fois un outil de recherche mis à la disposition d’historiens, juristes, sociologues et d’autres travaillant sur ces questions et une ressource pédagogique à la disposition d’enseignants du secondaire et de l’université, en France et à l’étranger (le site peut être consulté en français et en anglais). Il contient désormais plus de 600 textes légaux et à terme en comportera plus de 1000. Il s’agira dans cette conférence de présenter, dans les grandes lignes, l’apport de cette base de données et d’explorer quelques pistes de sa possible utilisation dans l’enseignement secondaire.[/tab] [/tabs]


Voir aussi : http://urmis.unice.fr/?Conference-de-John-Tolan-Juifs

Picto_videoVidéo en ligne sur Canal-u.tv


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Séminaire « Un concept d’Europe » – 27 mars 2015

Séminaire interne sur « Un concept d’Europe » organisé en salle 129 à la MSHS, de 14h à 16h.

Résumé :


Il s’agit d’exposer le concept d’Europe impliqué par le concept d’Afrique que nous essayons d’élaborer, dans le cadre d’une thèse de philosophie. Nous insisterons sur trois points principaux : premièrement, le rapport historique de l’Afrique et de l’Europe explique que tout concept d’Afrique implique un concept d’Europe ; deuxièmement, tout concept d’Europe impliqué par un concept d’Afrique contredit le concept d’Europe issu de la tradition ouest-européenne comme téléologie de la raison ; troisièmement, la réflexion philosophique de l’Europe par l’Afrique révèle pour l’Europe la possibilité de s’émanciper de la domination qu’elle a exercée sur elle-même en l’exerçant sur le reste du monde.

Intervenant : Salim ABDELMADJID.
Attaché temporaire d’enseignement et de recherche au département de philosophie de l’Université de Nice Sophia Antipolis.
Doctorant en philosophie à l’Université Paris-Sorbonne. Titre de la thèse : Un concept d’Afrique.
Directeur de programme au Collège international de philosophie.

Discutants : Pierre-Yves BEAUREPAIRE et Silvia MARZAGALLI (CMMC, Université Nice Sophia Antipolis et Institut Universitaire de France)

 

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Séminaire interne « Nicolas de Cues (1401-1464) et l’Islam » – 5 février 2015

Séminaire interne, Axe 3, le 5 février de 16h à 18h, en salle 129 à la MSHS.

Animé par Hervé PASQUA (CRHI). Discutant : Fabrice WENDLING (CEPAM)

Hervé PASQUA, membre statutaire du CRHI, enseigne la philosophie médiévale, spécialiste du Moyen Âge tardif, il est l’auteur de plusieurs études sur Maître Eckhart et Nicolas de Cues, dont il traduit et publie l’œuvre latine aux PUF dans la collection Epiméthée. Il est  Président de la Société Française Cusanus,  Membre de la Société Philosophique de Louvain, Membre du Wissenschaftlichen Beirates der Cusanus-Gesellschaft, Membre de la Société Internationale pour l’Etude de la Philosophie Médiévale.
Dernière publication : Le pouvoir-est de Nicolas de Cues, Introduction, traduction et notes, PUF Epiméthée, Paris 2014.
Prochaine publication : La chasse de la sagesse de Nicolas de Cues, Introduction, traduction et notes, PUF Epiméthée, Paris 2015.

 

Résumé :


L’intérêt pour le monde musulman s’est manifesté dès le Moyen Âge avec les premières traductions du Coran. Parmi celles-ci celle de Pierre le Vénérable dont s’inspire Nicolas de Cues auteur d’un ouvrage important, la Cribratio Alchorani (Le Coran tamisé), qu’il acheva dans le courant de l’hiver 1461. Il dédia cette œuvre au pape Pie II, qui l’avait prié de lui donner les éléments d’une appréciation critique du mahométisme. Dans cette œuvre, conformément à l’esprit irénique du De pace fidei, écrit en 1453, l’année même de la chute de Constantinople, le Cardinal cherche avant tout à souligner les points d’accord entre les religions, ouvrant ainsi un dialogue exemplaire avec l’Islam qui peut nourrir le thème de recherche sur l’Europe et les autres qui anime ces rencontres interdisciplinaires.

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Le libéralisme dans tous ses États : circulation des hommes et des idées en Europe (XVIIIe-XXIe)

Séminaire de recherche explortoire CMMC-LIRCES en partenariat avec l’UMR IRCL de Montpellier (MSH Montpellier)


CONTACTS


– Pierre-Yves BEAUREPAIRE (CMMC) : Pierre-Yves.Beaurepaire@unice.fr

– Marc MARTI (LIRECES) : marti@unice.fr

– Pierre-Yves QUIVIGER : Pierre-Yves.Quiviger@unice.fr


ORIENTATION


Le libéralisme comme doctrine croise le champ du politique avec celui de l’économie. Les relations que l’on peut établir entre libéralisme économique et libéralisme politique sont complexes, atteignant parfois des dimensions paradoxales. Malgré des précédents qui peuvent se situer au début de l’époque moderne, le libéralisme émerge réellement au XVIIIe, en particulier dans la pensée des Lumières européennes. D’une certaine façon, il est le produit d’une volonté de comprendre ou de découvrir les «lois naturelles» qui régissent l’économie et la politique. Ces «lois naturelles» feront rapidement l’objet d’une diffusion dans toute l’Europe, diffusion qui se traduira paradoxalement par une territorialisation partielle de la doctrine. Le libéralisme originel va se transformer, en fonction des espaces et des temporalités, en «libéralismes» dont les derniers avatars sont sans doute les doctrines dites «néo-libérales» de nos sociétés contemporaines.

L’objectif que propose le séminaire est d’observer, d’analyser et d’interpréter les variations et les diffusions de la doctrine dans les sociétés européennes entre le XVIIIe et le XXIe siècle. Nous proposons pour cela quatre axes pour mener à bien cette recherche.

  1. Comment une doctrine à visée universaliste, comme d’autres théories issues des Lumières, a pu connaître une diffusion importante, qui s’est paradoxalement traduite par une territorialisation plus ou moins marquée en fonction des époques ?
  2. Quels ont été et quels sont les canaux et les acteurs de la diffusion du libéralisme ?
  3. Comment et pourquoi a-t-il été mis en pratique dans la sphère politique, sociale, économique, juridique, institutionnelle des états européens et/ou des organisations transnationales ? Ce questionnement ne pourra éviter d’analyser la permanence de la doctrine depuis le XVIIIe siècle qui doit être interrogée, sans doute, à travers sa plasticité et sa capacité évolutive.
  4. Quelles sont les relations entre libéralisme politique et libéralisme économique ?

ORGANISATION


Ce séminaire exploratoire vise à développer une approche interdisciplinaire autour de la thématique choisie, en faisant notamment appel à des historiens, des philosophes, des économistes et des juristes. Il viendra s’insérer dansl’axe 3 de la MSH Sud-Est, dans la problématique «L’Europe et ses autres». Il permettra par ailleurs de développer une collaboration avec la MSH de Montpellier (MSHM) qui développe la thématique générale «Dynamique des interactions euro-méditerranéennes» ainsi qu’avec son partenaire canadien le CIERL (Centre Interuniversitaire d’Études sur la République des Lettres, U. de Laval) pour la partie concernant l’Ancien Régime.

– Un 1er séminaire a eu lieu le 12 décembre 2014, avec les intervenants suivants : Marc MARTI (Nice): « Aristocrates et bourgeois libéraux dans l’Espagne de la fin du XVIIIe : contractions et évolutions de la pensée économique » et Paul CHENEY (University of Chicago): « L’économie politique de la colonisation: de la monarchie composite à la nation ».

– Il a été suivi d’un 2ème séminaire le 24 avril 2015, avec les intervenants suivants : Pierre-Yves QUIVIGER (professeur de philosophie, CRHI, Université Nice Sophia Antipolis), et Jacques GUILHAUMOU, Directeur de recherche émérite au CNRS en sciences du langage, UMR « Triangle », ENS/LSH Lyon, « La généalogie historique au fondement de l’analyse discursive de l’idée d’Europe ».

– Le 3ème séminaire s’est déroulé le 16 octobre 2015, avec les intervenants suivants : Franck SALAÜN (Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et ses Lumières, IRCL – UMR 5186), « Politique de la librairie au temps de Malesherbes : une approche libérale? » et Jean-Pierre SCHANDELER (Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et ses Lumières, IRCL – UMR 5186), « Condorcet le libéral au prisme du stalinisme ».

– Le 4ème séminaire s’est déroulé le 7 juin 2016, avec les intervenants suivants : Catherine LARRERE (Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne), « Les ennemis de la liberté : Montesquieu, John Law et la critique du despotisme », Jean CARTELIER (Université de Paris-Ouest, EconomiX), « L’anti-colbertisme n’est pas (toujours) un libéralisme : l’exemple de Quesnay », et Joël Thomas RAVIX (Université de Nice Sophia Antipolis, GREDEG), « Contre les colbertistes et les anglomanes : Du Pont de Nemours et la liberté du commerce extérieur ».

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Journée d’étude « Modéliser et représenter les circulations en Europe et dans le monde » – 10 avril 2015

Dans le cadre de l’axe 3 « l’Europe et ses ‘Autres' », une journée d’étude est organisée en amphi 031, sur le thème « Modéliser et représenter les circulations en Europe et dans le monde », avec le concours du Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine, Nice  http://cmmc-nice.fr/ et le soutien du groupement RES-HIST  http://reshist.hypotheses.org/

PROGRAMME

09h00 : Silvia MARZAGALLI (CMMC, Université Nice Sophia Antipolis & Institut Universitaire de France). Introduction


I. Représenter et modéliser les transports.  La circulation des navires et des hommes


09h15 : César DUCRUET (géographe CNRS, UMR Géographie-Cités, Paris et PI du programme ERC Starting Grant « World-Seastems »). Régions, flux, réseaux : cartographie des types de trajectoires portuaires à partir de données maritimes à l’échelle mondiale (1890-2008)


10h15-10h40 : Pause café


10h40 : Laurent ETIENNE (géomaticien, BDTNL, Université de Tours). Patrons de trajectoires de navires


11h40 : Sandrine ALINAT (géographe, Telemme, IUT Aix-Marseille). Mobilité en territoires ruraux. Usages et pratiques. Digne-les-bains. Alpes-de-Hautes-Provence


12h40 : Pause déjeuner


II. Représenter et modéliser les circulations culturelles


14h00 : Pierre-Yves BEAUREPAIRE (CMMC, Université Nice Sophia Antipolis & Institut Universitaire de France). Circulation, territoires et réseaux dans l’Europe des Lumières : retour sur le programme ANR CITERE


15h00 : Marion MAISONOBE (doctorante en géographie, UMR LISST – Laboratoire interdisciplinaire Solidarité, Sociétés, Territoires, Université Toulouse Jean Jaurès). Les réseaux contemporains de collaborations scientifiques : leur spatialisation et leur visualisation à travers une approche bibliométrique


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« L’intégration régionale euro-méditerranéenne : histoire d’un échec » – 11 mai 2015

Conférence organisée dans le cadre du séminaire « Questions d’Europe » de l’axe 3, de 17h à 19h, amphi 031 de la MSHS.

Intervenant :
Albert MAROUANI, Professeur émérite des Universités en sciences économiques, Président honoraire de l’Université Nice-Sophia Antipolis.

Résumé :


Dans un premier temps, nous analyserons les différentes étapes de la coopération euro-méditerranéenne en fonction du contexte économique et géo-politique (mondial, européen et sud et est-méditerranéen) pour mettre en évidence les continuités et les ruptures au regard des objectifs poursuivis et de la complexité des programmes Med de l’UE. Dans un second temps nous montrerons que les relations euro-méditerranéennes sur le plan des échanges commerciaux, des flux de capitaux et des flux humains se sont distendues et que l’on n’a pas assisté à un processus de rattrapage et de convergence Nord-Sud. Enfin nous essaierons de définir quelques pistes de réflexion pour une coopération mutuellement avantageuse et une intégration régionale euro-méditerranéenne inclusive.

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L’UE est-elle autre chose que l’Europe des apories ?

Robert CHARVIN (Professeur émérite, Doyen honoraire de la Faculté de Droit, Université Nice Sophia Antipolis)

Colloque international « La construction européenne et ses apories », Nice, 29-31 janvier 2015, organisation MSHS Sud-Est, soutiens cercle condorcé 06, CRHI et CMMC,  Axe 3 : « L’Europe et ses autres »

Résumé :


L’Union Européenne est marquée par la répétition de son commencement contradictoire : incarner une prétendue troisième voie entre les Grands  en faveur de la paix et se réaliser comme Europe des Affaires. Elle demeure un outil de régulation fondé sur le libre échange et la libre concurrence. Le futur traité avec les Etats-Unis ne peut que renforcer la volonté d’impuissance des Etats face aux pouvoirs privés, neutraliser toute déviance nationale par rapport au capitalisme financier et renforcer le couple  hégémonique franco-allemand.

 

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Séminaire « La libre circulation des personnes dans l’Union européenne : en liberté et sécurité » – 26 février 2015

Séminaire interne de l’axe 3, de 14h à 16h en salle 129 à la MSHS.

Animateur : Xavier LATOUR (Centre d’Etudes et de Recherches en Droit Administratif Constitutionnel Financier et Fiscal (CERDACFF/EA7267); discutant : Pierre-Yves QUIVIGER (CRHI).

Résumé :


La libre circulation des personnes est l’un des piliers de la construction européenne. Initialement conçue comme une liberté à finalité économique, elle a été progressivement investie d’une dimension politique.Qu’il s’agisse du libre franchissement des frontières et, surtout, de l’installation durable dans l’un des Etats membres, la libre circulation des personnes n’emporte pas forcément l’adhésion.Alors que cette liberté s’est consolidée et fait l’objet d’un droit évolué, elle est aussi une sources de fantasmes. Pour les uns, elle est une composante indispensable de Europe des citoyens en étant parée de toutes les vertus ; pour les autres, elle remet en cause la souveraineté des Etats autant que leur sécurité.Entre l’auberge espagnole des échanges Erasmus et l’Europe forteresse de Schengen, la libre circulation est un objet d’étude complexe.

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Conférence « la crise de l’Europe » – 20 janvier 2015

Conférence organisée de 17h à 19h dans l’amphi 031 de la MSHS.

Intervenant : Jean-Paul GUICHARD, Professeur émérite d’économie, Centre d’excellence Jean Monnet de l’Université Nice Sophia Antipolis, Chaire Jean Monnet ad personam « Europe-Balkans-Russie ».

Jean-Paul GUICHARD enseigne et donne des conférences à Nice (Université Nice Sophia Antipolis), Moscou (Université RUDN et Académie d’Administration Publique), Irkoutsk ( Université du Baïkal) , Belgrade (Académie d’économie). Il a récemment publié L’Etat-parti chinois et les multinationales (L’Harmattan, 2014) et, en collaboration avec Antoine Brunet, La visée hégémonique de la Chine, l’impérialisme économique (L’Harmattan, 2011), ouvrage traduit en neuf langues, mention d’honneur Prix Turgot 2012. Il a également publié des ouvrages collectifs dans le cadre de l’Association CEMAFI international L’intégration euro-méditerranéenne en panne (CEMAFI international, 2013), La Russie, l’Europe et la Méditerranée dans la crise (L’Harmattan, 2013), et La grande Europe en devenir (CEMAFI international, 2014).

Résumé :


La situation de l’Europe vis-à-vis du monde est aujourd’hui considérablement dégradée par rapport à ce qu’elle fut. A la suite de l’écroulement du mur de Berlin et de l’Empire soviétique, on pouvait espérer que s’épanouisse une Europe unie et prospère ; il n’en est rien. Les tensions sont très vives entre l’Union Européenne et la Russie qui, du fait de la conjonction des sanctions économiques et de la chute du prix des produits pétroliers, entre en récession. L’Union Européenne elle-même apparait comme particulièrement divisée et affaiblie avec, notamment, un Royaume Uni jouant un jeu très « personnel » axé sur la City et les relations avec la Chine et une zone euro marquée par une profonde division Nord/Sud ; celle-ci oppose une Europe « germanique » constituée par l’Allemagne et ses dépendances (Autriche, Pologne, etc.) à une Europe du Sud , dont la France .Cette division a une base économique : l’euro, une monnaie sans Etat (l’Union Européenne n’en est pas un) qui a supprimé, pour les pays de cette zone, la possibilité d’équilibrer leurs échanges de biens et services ; il en résulte des déficits commerciaux récurrents et très importants des pays du Sud vis-à-vis d’une Allemagne qui est de plus en plus en mesure de dicter sa loi à ses partenaires. A cela s’ajoute un problème externe d’une extrême gravité pour ces pays : leurs déficits concernent le commerce non seulement avec l’Allemagne mais aussi avec la Chine , ce qui suscite des déficits budgétaires considérables et le gonflement d’un endettement externe abyssal, un grand danger pour leur indépendance. On commence à s’apercevoir que la « construction européenne » a constitué, dans une large mesure, un relais du processus de la mondialisation dont on ressent les inconvénients aujourd’hui. Pour comprendre la cause de cette orientation, il faut sans doute revenir aux origines mêmes de cette « idée française » qui a pu s’imposer au lendemain de la guerre ; deux conceptions, très différentes l’une de l’autre s’opposaient : celle de De Gaulle et celle de Monnet ; en dépit de l’immense prestige du Général, la « méthode Monnet » fut adoptée . La crise grave de l’Europe devrait conduire à sa mise en question.

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Séminaire du programme « Le libéralisme dans tous ses Etats : circulation des hommes et des idées en Europe (XVIIIe-XXIe) » – 16 octobre 2015

Ce 3ème séminaire du programme « Libéralisme dans tous ses États : circulation des hommes et des idées en Europe (XVIIIe-XXIe) » se déroulera le 16 octobre 2015, de 14h à 17h, en amphi 031 à la MSHS.

Intervenants :

Franck SALAÜN (Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et ses Lumières, IRCL – UMR 5186). « Politique de la librairie au temps de Malesherbes : une approche libérale ? »

Résumé :


Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (1721-1794) a occupé la fonction de directeur de la Librairie de 1750 à 1763, durant une période cruciale pour l’histoire des Lumières. Les cinq mémoires sur la Librairie, qu’il présente au chancelier de France en 1759, portent sur la nécessité de transformer les règlements et sur le système des permissions tacites. Trente ans plus tard, en 1788, il rédige le Mémoire sur la liberté de la presse, qui ne paraîtra qu’en 1809. Il y réaffirme l’urgence d’une réforme des règles qui régissent la Librairie afin de tenir compte de l’évolution des mœurs, des échanges internationaux et du pouvoir croissant de l’opinion publique. On se demandera dans quelle mesure la politique de la Librairie défendue par Malesherbes peut être considérée comme libérale.


Jean-Pierre SCHANDELER (Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et ses Lumières, IRCL – UMR 5186). « Condorcet le libéral au prisme du stalinisme »

Résumé :


L’exposé se propose d’analyser la façon dont la pensée libérale de Condorcet est traitée dans deux traductions d’État de l’Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain , en URSS (1936) et en Pologne (1957). On insistera en particulier sur la seconde traduction dont la préface, réellement argumentée, révèle un maniement équivoque du concept de libéralisme.

 

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Deuxième séminaire du programme « Le libéralisme dans tous ses États : circulation des hommes et des idées en Europe (XVIIIe-XXIe) » – 24 avril 2015

2ème séminaire du programme « Libéralisme dans tous ses États : circulation des hommes et des idées en Europe (XVIIIe-XXIe) » .

Vendredi 24 avril – Amphi 031, de 10h à 12h, dans le bâtiment recherche de la MSHS.

Intervenants :

Pierre-Yves QUIVIGER (Pr. de philosophie, CRHI, Université Nice Sophia Antipolis). « Le libéralisme étatique de Sieyès : histoire des textes et histoire des idées »


Jacques GUILHAUMOU (Dir. de recherche émérite au CNRS en sciences du langage, UMR « Triangle », ENS/LSH Lyon). « L’idée d’Europe au prisme de la généalogie de la langue. Autour de Michel Foucault »

Résumé :


Dans ses Dits et écrits, Michel Foucault présente, en 1975, « le libéralisme bourgeois » comme « l’envers de la démocratie », dans la mesure il a pour fonction principale d’ « organiser le quadrillage des corps et des comportements » (II, 722). Mais c’est plus tardivement dans la présentation de son cours sur la « Naissance de la biopolitique » (1978 – 1979) qu’il précise ce qu’il entend par « le libéralisme » dans un sens moins restreint. Il écrit que « le libéralisme est à analyser comme principe et méthode de rationalisation de l’exercice de gouvernement », et qu’à ce titre il constitue « un instrument critique de la réalité », « une forme de réflexion critique sur la pratique gouvernementale » (III, 818 – 824). Présentement, notre objectif n’est pas discuter le contenu de ce cours sur l’art libéral de gouverner. Nous considérons plutôt l’hypothèse de travail suivante : dans la mesure où Foucault a achevé, à la fin des années 1970, de mettre en place sa méthode d’ensemble, l’archéogénéalogie, il peut formuler une approche extensive du libéralisme à partir d’une généalogie historique de l’idée d’Europe. En 1971, Michel Foucault, dans un article très connu sur « Nietzsche, la généalogie, l’histoire », définit les principes de provenance et d’émergence en matière de généalogie historique, sur une base kantienne et sa reformulation nietzschéenne. Archéologie du discours et généalogie de l’histoire se situent alors dans l’horizon historique d’une histoire universelle de l’Europe, avec une part dominante réservée à l’inventivité du Sujet. Michel Foucault considère que « l’inquiétude d’aujourd’hui » des citoyens européens porte non plus sur son inscription dans une temporalité historique, désormais ancrée dans nos manières d’être au sein d’une société perçue comme naturelle, mais sur les modes de présence de « l’espace du de hors » en nous-mêmes, espace tissé par le réel de relations instables, donc hétérogènes mais qui me revient dans mon regard comme un espace virtuel ouvert aux possibles. Une telle inquiétude n’est donc plus de l’ordre des espaces nationaux, elle a saisi l’espace européen et le regard que porte ses dirigeants sur les citoyens européens. C’est à ce titre nous proposons de fonder une pratique spécifique de lecture du discours européen sur des bases épistémologiques situées au plus près de l’archéogénéalogie. Notre exposé se présente en trois temps. En premier lieu, nous abordons la question classique et récurrente de la crise de la conscience européenne, sous un angle limité au trajet des humanistes de la Renaissance aux philosophes allemands. En second lieu, nous considérons la sémiotique de l’idée d’Europe, là encore dans un trajet des savants humanistes aux philosophes contemporains du langage. Ce n’est donc que dans un troisième temps, une fois posés de tels préalables historique et sémiotique, que nous abordons le problème du nouvel horizon épistémologique de l’idée d’Europe. Nous proposons alors de situer le principe épistémologique de l’analyse du discours européen dans une perspective néo-wittgenstienne et néo-sausurienne au sein d’une démarche empirique, c’est-à-dire au plus près des expériences langagières. A ce titre, il convient que l’analyse du discours européen soit intimement liée à l’histoire nominale et empirique de la conscience européenne, que nous esquissons sur la base épistémologique de la généalogie historique proposée par Michel Foucault.

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Conférence : « L’histoire de l’art comme histoire de l’idée d’art » – 18 novembre 2014

L’axe 3 de la MSHS Sud-Est organise le 18 novembre 2014, la prochaine conférence du cycle de séminaires internes « L’Europe et ses autres : Figures et Histoires » :

Intervenante : Carole TALON-HUGON (PR, philosophie de l’art, CRHI).

Discutante : Josiane RIEU (CTEL)

16h00-18h00, MSHS, Campus Saint-Jean d’Angely, salle 128.

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Culture démocrate chrétienne et identité européenne : idéalisme et/ou pragmatisme ?

Bruno BÉTHOUART (Professeur d’histoire contemporaine, Université du Littoral Côte d’Opale)

Colloque international « La construction européenne et ses apories », Nice, 29-31 janvier 2015, organisation MSHS Sud-Est, soutiens cercle condorcé 06, CRHI et CMMC,  Axe 3 : « L’Europe et ses autres »

Résumé :


Dans la genèse de la mise en place d’une communauté européenne, il convient de réfuter deux « légendes : celle d’un projet d’une « internationale noire », résumé par la formule de Vincent Auriol « trois tonsures sous la même calotte » et celle de l’antériorité des sentiments européistes de la démocratie chrétienne. Les propos de Jacques Maritain et Luigi Sturzo évoquant dès 1940  la création d’une « Europe fédérale » incluant l’Allemagne à l’issue du conflit ne sont pas pris en compte dans l’immédiat après-guerre par la majorité des responsables issus de la résistance d’inspiration chrétienne et rendent caduque la thèse d’une Europe vaticane même si, à la suite du pape Benoît XV, Marc Sangnier plaidait déjà à Bierville pour le rapprochement franco-allemand durant l’entre-deux-guerres et que Don Sturzo tentait une ébauche d’organisation européenne au sein du Secrétariat international des partis démocratiques d’inspiration chrétienne en 1927.

            Jacques Maritain pourtant, dès 1940, dans un manuscrit l’Europe et l’idée fédérale pose en termes clairs les enjeux de l’identité européenne : « Mais d’abord et avant tout, les peuples européens, si une Europe fédérale doit naître et si elle doit être viable, ont à comprendre que la politique est intrinsèquement liée à l’éthique, et qu’une bonne politique est une politique juste et humaine, et que sans justice politique il n’y a pour les nations ni paix ni liberté ni bonheur : c’est dire qu’il leur faut renoncer décidément aux principes de Machiavel et aux dogmes de la Realpolitik qui ont empoisonné l’histoire moderne. Et ils ont à comprendre qu’il y a un bien commun de la civilisation que la gloire de chacun est de maintenir et accroître par la générosité et la surabondance de sa propre existence et activité, et qui doit se redistribuer sur chacun des membres de la communauté. C’est dire qu’il leur faut renoncer à l’antique idée de l’empire, ou la transfigurer. A tous il leur faut également reconstruire leur philosophie politique, renoncer aux faux dogmes politiques de l’individualisme libéral du totalitarisme révolutionnaire sous diverses modalités, demander aux vérités qui ont formé l’Occident de promouvoir en lui cet idéal commun de civilisation sans lequel une véritable organisation fédérale n’est pas durablement réalisable. L’Europe fédérale n’existera que si l’esprit chrétien la fait exister ».

            À partir du discours du 9 mai 1950, exemple type d’une avancée pragmatique, la mise en place d’un système politique dans lequel les corps intermédiaires que sont les États et les institutions européennes permettant la formation d’une communauté correspond selon Robert Schuman à « un programme d’une démocratie généralisée dans le sens chrétien du mot ». Elle s’appuie sur le respect des droits de la personne par définition solidaire et responsable, elle nécessite le dialogue et la coopération dans le but d’avancer par consentement mutuel et progressivement en refusant l’affrontement. Le principe de subsidiarité cher à la pratique ecclésiale devient une règle de fonctionnement dans une Europe à vocation fédérale où selon Jacques Maritain les nations « en consentant le sacrifice d’une partie de leur souveraineté en faveur d’une communauté supranationale pacifique, […] donneraient l’exemple du refus de l’absolutisme étatique, et montreraient ainsi, au monde délivré, le chemin de l’union et de la paix ». L’échec de l’avancée intégrationniste d’une Communauté Européenne de Défense en août 1954 proposée par de Gasperi révèle des appréciations divergentes au sein de la famille démocrate chrétienne :  celle-ci en revient à une pédagogie européenne appuyée sur la nécessité d’une programmation pragmatique d’étapes reposant sur des actes concrets. Mais comme le rappelle  Robert Schuman, « cet ensemble ne pourra et ne devra pas rester une entreprise économique et tech­nique. Il lui faut une âme, l’Europe ne vivra et ne se sauvera que dans la mesure où elle aura conscience d’elle-même et de ses responsabilités, où elle fe­ra retour aux principes chrétiens de so­lidarité et de fraternité ».

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Intégrer sans partager des valeurs : les limites de l’Europe des Universités

Arnauld LECLERC (Professeur de science politique, directeur de l’UMR Droit et changement social, Université de Nantes)

Colloque international « La construction européenne et ses apories », Nice, 29-31 janvier 2015, organisation MSHS Sud-Est, soutiens cercle condorcé 06, CRHI et CMMC,  Axe 3 : « L’Europe et ses autres »

Résumé :


Cette contribution se propose d’analyser les limites d’une intégration purement systémique des Universités à travers les exemples du processus de Bologne, du programme Erasmus, des différentes initiatives d’excellence en Europe avec leur logique de classement. A partir de la distinction proposée par Jürgen Habermas dans sa Théorie de l’agir communicationnel, il est possible de montrer que l’Europe des Universités se développe selon une logique purement fonctionnelle à partir de mécanismes systémiques privilégiant donc une coordination de surface. De tels mécanismes conduisent à une neutralisation et une marginalisation du jugement académique et obère la construction d’un nécessaire dialogue académique européen autour de l’idée d’Université. Pourtant, l’Europe offre d’importantes ressources intellectuelles pour engager un tel dialogue : du Conflit de facultés de Kant ou des écrits de Humboldt aux travaux contemporains de Jürgen Mittelstraß, de John Henry Newman aux travaux récents de Ronald Barnett, de Alain Renaut à Jacques Derrida, une réflexion profonde sur l’Université existe en Europe mais n’est pas mobilisée par la construction de l’Europe des Universités alors même que les résistances à cette construction sont aussi multiformes que nombreuses.

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Identité culturelle de l’Europe et diversité culturelle en Europe : l’Europe (n’) a-t-elle (qu’) une âme ?

Laurent MARTIN (Professeur d’histoire, Université Paris III Sorbonne-Nouvelle)

Colloque international « La construction européenne et ses apories », Nice, 29-31 janvier 2015, organisation MSHS Sud-Est, soutiens cercle condorcé 06, CRHI et CMMC,  Axe 3 : « L’Europe et ses autres »

Résumé :


Depuis le début des années 1970 au moins, disons depuis le sommet de Copenhague à l’occasion duquel les chefs d’Etat et de gouvernement des futurs Neuf de la Communauté européenne affirment leur volonté d’introduire la notion d’identité européenne dans leurs relations extérieures communes, le thème de l’identité culturelle européenne est au centre des interrogations des responsables de l’Europe. Les débats autour de l’adoption d’une « Charte culturelle européenne », devenue simple « déclaration européenne sur les objectifs culturels » à Berlin en 1984 montrent à la fois l’importance de ce thème et la difficulté des Européens à en préciser les contours et le contenu. Si l’on réaffirme à l’envi tout au long des années 1980-90 et jusqu’aux négociations sur la Constitution européenne au début des années 2000 ce postulat d’une identité culturelle au-delà des frontières politiques qui divisent l’Europe et dont le patrimoine commun de valeurs et d’idéaux constituerait le cœur, c’est bien entendu parce que son existence ou l’entente sur son contenu sont rien moins qu’assurées. La tension est permanente entre l’aspiration à, ou l’affirmation d’une unité culturelle de l’Europe et le constat de ses divisions internes, qui n’ont pas connu de solution avec la réunification de l’Allemagne et de l’Europe après 1989. La dynamique de l’unification se heurte à la persistance des rivalités nationales, à la méfiance des gouvernements et des opinions envers tout ce qui pourrait remettre en cause la souveraineté culturelle des Etats-nations, ainsi qu’aux tensions entre communautés à l’intérieur de certains Etats, la crise ukrainienne actuelle étant là pour nous le rappeler. Je voudrais revenir sur l’émergence et la trajectoire conceptuelle de la notion d’ « identité culturelle européenne », dans un premier temps, avant d’examiner la tension qu’elle entretient avec la notion concurrente et complémentaire de « diversité culturelle », devenue, après l’ « exception culturelle », un pilier du discours communautaire depuis les années 1990. Dans un troisième temps, je me propose d’examiner la façon dont la notion de « diversité culturelle » est elle-même retravaillée à partir des questions posées par la réalité multiculturelle des pays européens, les appels au « pluralisme culturel », au « dialogue interculturel » voire au « multiculturalisme ». Ma proposition relève donc au premier chef d’une histoire conceptuelle de la construction européenne, approchée à partir des questions de politique culturelle. Le corpus est constitué par les textes des grandes conférences internationales du Conseil de l’Europe et des diverses instances communautaires, des traités européens, des rapports remis à intervalles réguliers sur ces questions. J’espère pouvoir lier cette étude des discours officiels à une analyse des politiques concrètes mises en œuvre sous couvert de ces mots d’ordre, à différentes échelles.

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Racines chrétiennes de l’Europe ? Sur le rapport entre ressources religieuses, identité et sphère public européennes

Graziano LINGUA (Professeur de philosophie à l’Université de Turin, directeur du CESPEC, Cuneo)

Colloque international « La construction européenne et ses apories », Nice, 29-31 janvier 2015, organisation MSHS Sud-Est, soutiens cercle condorcé 06, CRHI et CMMC,  Axe 3 : « L’Europe et ses autres »

Résumé :


Dans mon intervention, je voudrais aborder la question ambiguë de l’identité européenne et le rapport que la construction de l’Europe entretient avec son propre passé. En prenant comme référence la proposition soutenue par Joseph Weiler dans le livre L’Europe chrétienne? et la critique qu’en a faite Jean-Marc Ferry, j’entends proposer une réflexion de nature normative sur la relation entre la matrice historique de l’Europe et son utilisation politique. Weiler, du fait que les racines chrétiennes de l’Europe sont historiquement indéniables, en tire l’argument selon lequel l’UE doit faire droit à cette référence à la religion et à Dieu dans sa Constitution à venir. L’Europe ne peut pas nier sa propre identité et donc elle doit l’expliciter avec une référence normative auto-identifiante. Ferry, tout en estimant que les ressources religieuses devraient avoir un rôle dans la sphère publique européenne, fait valoir que cette référence ne peut pas avoir une valeur normative parce qu’une éventuelle Constitution européenne ne doit pas se référer d’abord à des traditions culturelles, mais à des convictions réflexives. Pour cette raison, il est important de distinguer entre l’Europe historique et Europe politique.

Grâce à la comparaison entre ces deux positions, j’essayerai de mettre en évidence dans mon discours quelques questions ouvertes par rapport au thème de l’identité européenne et au rôle que peuvent jouer les différentes traditions, religieuses et non-religieuses, dans cette identité. Ensuite je vais discuter, d’un point de vu normatif ce que peut et doit être le rôle des ressources religieuses dans la construction d’une sphère publique européenne.

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La politique fiscale peut-elle contribuer à la citoyenneté européenne ?

Fabrice BIN (Maître de conférences en droit public, Université Toulouse 1 capitole)

Colloque international « La construction européenne et ses apories », Nice, 29-31 janvier 2015, organisation MSHS Sud-Est, soutiens cercle condorcé 06, CRHI et CMMC,  Axe 3 : « L’Europe et ses autres »

Résumé :


L’impôt n’est pas seulement l’objet du droit fiscal. Il est aussi « chose de l’homme » (G. Vedel) et catalyse un ensemble de représentations philosophiques, politiques, psychologiques, culturelles qui contribuent à bâtir une société.

La politique fiscale occupe une place quelque peu spécifique dans la construction européenne. Compétence largement conservée par les Etats-membres, la fiscalité n’a été développée que partiellement, et en partie accessoirement, comme élément structurant du grand marché unique. Ces caractéristiques sont en totale contradiction avec le modèle fiscal des Etats-nations modernes, notamment de ceux qui ont contribué à la construction européenne.

L’UE et les impasses de la citoyenneté fiscale

Fondée sur des éléments spécifiques différents de ceux du droit interne, la citoyenneté européenne instaure une relation spécifique au territoire de l’Union (cf. M. Benlolo-Carabo, Les fondements juridiques de la citoyenneté européenne, thèse Paris X 2003, Bruxelles, Bruylant, 2007). Elle est un instrument de l’intégration européenne. Ce rapport au territoire, ou plus exactement aux frontières de l’Union, fonde d’ailleurs la seule compétence financière incontestable de l’Europe : le droit douanier (qui, à proprement parlé n’est pas un droit fiscal même s’il partage avec lui plusieurs éléments). Dès lors, la fiscalité européenne ne contribue que de façon indirecte et très limitée à la construction d’une identité commune des citoyens européens. Ceux-ci n’ont de lien fiscal avec l’Union qu’au travers de leurs Etats respectifs. L’harmonisation directe de la fiscalité ne concerne que quelques prélèvements limités au droit des affaires et marginalement à l’environnement. Le cas d’harmonisation le plus poussé concerne la taxe sur la valeur ajoutée mais il n’a été possible que pour résoudre un problème de financement de l’Union. Qui plus est les recettes récoltées par les Etats-membres ne sont utilisées qu’indirectement pour financer le budget européen. Depuis quelques années, c’est avant tout une citoyenneté fiscale négative que construit la Cour de justice de l’Union européenne. L’harmonisation de la fiscalité directe des sociétés et des particuliers passent par la censure de dispositifs nationaux entravant la libre circulation économique au sein du Marché unique. C’est une fiscalité de protection des contribuables au nom de l’Union mais pas une fiscalité de participation des citoyens européens au financement et donc à la construction européenne.

L’inadaptation du modèle fiscal de l’Etat-nation

Dotée d’un parlement élu au suffrage universel direct mais dépourvu d’une compétence fiscale de principe, l’Union européenne est en totale contradiction avec le modèle du parlementarisme bâti pour exercer le pouvoir fiscal du peuple souverain. Les citoyens européens n’exercent pas ensemble une souveraineté qui fortifierait leur communauté d’idées, d’intérêt et de destin. Ils sont appelés tous les cinq ans à élire un parlement dépourvu de la compétence fiscale fondamentale des parlements nationaux. Cette institution parlementaire unique au monde a été « démocratisée » à la fin des années soixante-dix pour renforcer le lien personnel des particuliers à l’Union européenne mais en un total oubli de la fonction fondatrice des parlements : voter l’impôt. Leurs représentants n’exprimant pas un consentement à l’impôt – et pour cause, il n’y a pas d’impôt européen véritable – les citoyens européens ne peuvent matériellement s’attacher  au Parlement et plus largement à l’Union. Le caractère abscons des nombreuses compétences législatives exercées par le Parlement européen ne suffit pas à compenser cette absence. Dès lors, une nouvelle fois, l’originalité renouvelée du modèle sui generis de construction institutionnelle de l’Union européenne rend inexploitable les outils conceptuels forgés pour analyser l’Etat-nation.

Les apports du fédéralisme fiscal

Une des seules perspectives d’analyse disponibles reste désormais le corpus du fédéralisme fiscal – qui rassemble une série d’analyse s’appliquant aux institutions composites au-delà du seul aspect fiscal d’ailleurs. Parmi ses leçons, la nécessité pratique pour des raisons d’efficacité de l’adaptation du niveau de décision à la sphère géographique d’application des règles fiscales militent dans le sens d’un partage du pouvoir fiscal entre les Etats-membres et l’Union européenne. Si le changement radical qui en résulterait – notamment en termes de progression du fédéralisme institutionnel – nécessiterait une redéfinition éventuelle du périmètre de l’Union, les effets intégratifs majeurs d’une telle mesure transformerait la nature du Parlement européen et permettrait d’établir une véritable citoyenneté fiscale dans l’Union. Sans une telle mesure, il est douteux que la politique fiscale européenne puisse passer d’un statut bancal de pur instrument économico-normatif technique à celui d’un élément de construction identitaire d’une véritable société européenne.

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La participation des groupes d’intérêt dans la ‘nouvelle gouvernance européenne’. Quelle théorie du choix rationnel ?

Marc MAESSCHALCK (Philosophe, professeur à Université catholique de Louvain/ Louvain-la-Neuve)

Colloque international « La construction européenne et ses apories », Nice, 29-31 janvier 2015, organisation MSHS Sud-Est, soutiens cercle condorcé 06, CRHI et CMMC,  Axe 3 : « L’Europe et ses autres »

Résumé :


Différents modèles de justification des mécanismes participatifs de consultation et de décision s’affrontent pour évaluer les résultats produits par les injonctions de la « nouvelles gouvernance européenne » (Cf. O. De Schutter, « The role of evaluation in experimentalist governance : learning by monitoring in the establishment of the area of freedom, security and justice », in C.F. Sabel and J. Zeitlin (eds), Experimentalist Governance in the European Union: Towards a New Architecture, Oxford University Press, Oxford, 2010, pp. 261-296). Si d’aucuns reprochent à la participation son incapacité à réduire les incertitudes et à garantir l’efficacité des processus décisionnels, d’autres y voient une occasion d’accroître l’adhésion des différents acteurs concernés à des chemins de contrainte nouveaux. Lindgren et Persson  (2011) soulignent, par exemple, que entre, d’un côté « la nature élitiste de la démocratie associative », la surreprésentation des acteurs industriels et de leurs associations dans les mécanismes consultatifs et, d’un autre côté, une plus grande participation effective des groupes concernés, un meilleur accès à l’information, les gains en transparence du processus, enfin les chances d’influencer le processus de décision, la balance pour les acteurs est favorable non à l’ « input legitimacy », mais bien à tous les gains de l’ « output legitimacy » ! Ce qu’il faut retenir, selon ces auteurs c’est la préférence que portent les acteurs non seulement à la qualité des résultats d’un système, mais aussi à la justice des procédures qui ont conduit à ces résultats.

Malgré l’apparente opposition de ces évaluations, un point commun les rassemble : elles ne mettent pas en cause la légitimité des acteurs convoqués, ni leur représentativité, encore moins les conditions nécessaires de leur transformation pour devenir les acteurs d’un processus décisionnel commun susceptible de redéfinir une politique de l’intérêt public. Il semblerait donc que les formes d’approches théoriques disponibles du participationisme européen soient largement déficitaire sur le plan des attentes normatives correspondant à un accroissement de démocratie, non seulement du haut vers le bas, mais aussi entre parties prenantes, sur le plan « horizontal » engagées par les mécanismes de convocation.

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