Entre efficacité économique et justice politique, l’Union européenne en quête d’un équilibre social

Jean-Marc FERRY (Professeur, Université de Nantes)

Colloque international « La construction européenne et ses apories », Nice, 29-31 janvier 2015, organisation MSHS Sud-Est, soutiens cercle condorcé 06, CRHI et CMMC,  Axe 3 : « L’Europe et ses autres »

Résumé :


La construction européenne manque d’une perspective substantielle. Trois imaginaires concurrents d’un ordre social existant, possible ou souhaitable reflètent les projections idéologiques de constructions théoriques qui sont principalement le fait de l’Economie politique classique (18e siècle), de sa critique marxiste (19e siècle) et de sa révision, voire de sa métacritique keynésienne (20e siècle):

  1. Le modèle d’un ordre spontané, idéalement autorégulé, c’est-à-dire l’idéologie d’un ordre naturel, à quoi renvoie l’Economie politique classique.
  2. Le modèle d’un ordre administré, idéalement maîtrisé, c’est-à-dire l’idéologie d’un ordre planifié, à quoi renvoie la critique marxienne de l’Economie politique classique.
  3. Le modèle d’un ordre négocié, idéalement cogéré, c’est-à-dire l’idéologie d’un ordre concerté, à quoi renvoient les impulsions données par la révision keynésienne à l’économie mixte et à l’État social redistributif.

Ce dernier paraît le mieux approprié au projet européen, bien que l’on ne puisse sans doute pas répliquer le principe de l’État social national (et du keynésianisme national) au niveau quasi continental de l’Union européenne. C’est ce que l’on tâchera de justifier en montrant comment, dans chacun des trois modèles, se donnent à comprendre l’efficacité économique, la justice politique, et surtout, le rapport entre l’efficacité économique et la justice politique.

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