Souveraineté européenne et rapports de pouvoir

Jean ROBELIN (Professeur honoraire de philosophie, CRHI, Université Nice Sophia Antipolis)

Colloque international « La construction européenne et ses apories », Nice, 29-31 janvier 2015, organisation MSHS Sud-Est, soutiens cercle condorcé 06, CRHI et CMMC,  Axe 3 : « L’Europe et ses autres »

Résumé :


On voit souvent la construction européenne comme une entreprise inachevée, souffrant d’une déficience démocratique, manque qu’il conviendrait de pallier, par un zeste de citoyenneté, voire une larme de démocratie sociale accompagné d’un doigt de démocratie participative. L’examen des rapports de pouvoir et des formes d’exercice du pouvoir, montre au contraire que l’Europe est une formation sociale résolument antidémocratique, que le processus même de sa construction néo-libérale à partir d’un grand marché censé socialiser cet espace commun, ne pouvait que provoquer des tendances lourdes de destruction de la démocratie. Bref, la prétendue économie sociale de marché, loin d’être la condition de la démocratie s’en révèle l’antithèse.  La distribution des rôles entre les institutions européennes et les États nationaux, en charge de la gestion de la force de travail,  divise les forces sociales oppositionnelles, dans un processus qui rappelle que c’est la vigueur des conflits, leur institution et l’autonomie des subalternes, qui sont le moteur de la démocratie. Cette analyse conduira à considérer l’Europe comme une formation politique originale, celle d’une véritable souveraineté sans appareil étatique, vérité du caractère néo-libéral de sa construction, concentration de l’hégémonie du capitalisme financier fondée sur les formes actuelles de management des procès de production.

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