Décours temporel du mécanisme de chunking en mémoire de travail : approches comportementale et computationnelle

Benoît LEMAIRE (Conférencier, LPNC – Université de Grenoble 2), Sophie PORTRAT (LPNC – Université de Grenoble 2) et Alessandro GUIDA (CRPCC – Université de Rennes 2)

Symposium «Extraction de régularités et de connaissances», Nice, 14 novembre 2014,  Axe 1 : «Cognition et coopération»

Résumé :


La mémoire de travail est classiquement présentée comme un système cognitif dévolu à la fois au maintien et au traitement des informations. En effet, les processus cognitifs qui gèrent cette mémoire sont capables de suspendre le maintien d’informations pour réaliser des tâches annexes, même si cela peut affecter les traces mnésiques. C’est par exemple le cas lorsqu’un signal d’appel détourne notre attention au beau milieu de la production d’une phrase. Le modèle TBRS (Barrouillet, Portrat & Camos, 2011) et sa version computationnelle TBRS* (Oberauer & Lewandowsky, 2011) décrivent bien cette dualité. Cependant, un autre mécanisme est à l’oeuvre qui permet d’alléger notre mémoire par la détection et la gestion de groupes d’items connus (ou chunks). La mémoire de travail réalise donc en réalité du stockage, du traitement et du chunking. Nous présentons ici une extension du modèle TBRS* qui décrit la reconnaissance et la gestion de chunks et prédit les gains de mémoire qui en découlent. Des données comportementales issues d’une tâche de rappel sériel permettent d’estimer les nouveaux paramètres de ce modèle et montrent bien l’intérêt de ce mécanisme de chunking, trop souvent délaissé dans les modèles de mémoire de travail existants.

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