Représenter l’incertitude dans la restitution graphique des dynamiques spatio‐temporelles

Nicolas POIRIER (GdR 3359 Modys, CNRS UMR 5608 TRACES – Toulouse), Johnny DOUVINET (GdR 3359 Modys, Université d’Avignon, UMR 7300 ESPACE), Laure CASANOVA (Université d’Avignon, UMR 7300 ESPACE)

2ème Table Ronde « Démarches, méthodes et approches de la connaissance incertaine », Nice, 28 juin 2013, MSHS Sud-Est, Saint-Jean d’Angély 3, Projet « Faire Science avec l’Incertitude », Axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux »

Résumé :


L’objectif de l’intervention est de présenter des éléments de l’état des lieux, dressé dans le cadre du GdR Modys, pour ce qui concerne la représentation de l’incertitude dans les restitutions graphiques des dynamiques spatio-temporelles.

            Le GdR 3359 Modys (2010-2013), situé au croisement des sciences historiques et de la géographie a pour objet la formalisation et la modélisation de phénomènes localisés dans l’espace et dans le temps. Le programme est structuré selon deux axes : 1) multi-temporalités et longue durée, 2) incertitude et multi-représentations. L’ambition est de contribuer à améliorer la compréhension des transformations des objets spatiaux considérés, selon les disciplines, dans le temps long.

            On s’attachera dans une première partie à donner des exemples de procédés utilisés pour représenter les dynamiques spatio-temporelles. On s’interrogera en particulier sur l’utilisation des cartes et restitutions 3D animées : ne condamnent-elles qu’à animer des successions d’états au détriment de la représentation des dynamiques elles-mêmes ? Les outils proposés par la Time Geography (comme l’aquarium spatio-temporel) permettent une réelle représentation conjointe des dynamiques dans l’espace et le temps. La chrono-chorématique et la modélisation graphique animée contribuent enfin à la définition et la formalisation de réelles sémiologies graphiques pour les processus spatio-temporels.

            Une deuxième partie décrira les différents facteurs d’incertitude pouvant affecter les restitutions graphiques des processus spatio-temporels. On abordera d’abord l’incertitude liée à l’imprécision des mesures et au hasard : elle concerne le pas de temps de mesure des processus et l’incertitude liée aux datations, particulièrement sensible en sciences historiques ;  elle porte également sur la résolution spatiale de localisation et d’emprise des objets étudiés ; elle renvoie enfin à la lacunarité des informations mobilisables, dans le temps et dans l’espace. On abordera ensuite l’incertitude liée au comportement inattendu ou imprévisible des systèmes complexes étudiés, notamment dans le cadre d’études prospectives.

            Une troisième partie interrogera la manière dont sont pris en compte (ou non) ces facteurs d’incertitude en matière de représentation graphique des processus spatio-temporels.  Une telle prise en compte peut prendre la forme d’un changement d’échelle conduisant par exemple à mobiliser des données spatiales imprécises à très petite échelle pour masquer cette imprécision, ou encore à grouper des points temporels incertains dans des classes chronologiques dont l’amplitude sera supérieure au degré d’imprécision. On peut également faire le choix de composer avec l’incertitude, en la niant tout simplement ou en tentant de la quantifier. On verra enfin que la représentation graphique de l’incertitude répond à des règles sémiologiques encore peut formalisées mais largement partagées (épaisseur des traits, niveaux de transparence, etc…).

 

 

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