« Appropriation spatiale touristique multiniveau en Méditerranéen. Bilan et prospective de recherche » – 26 février 2015

Yanis OUSSALEM (ESPACE).

Séminaire interne de l’axe 4 / Projet : « tourisme durable », MSHS-Sud Est Nice, 26 février 2015

Résumé :


Le contexte actuel, caractérisé par la mondialisation, la globalisation et l’individualisation, se distingue par une sensibilisation aux impacts économiques, sociaux et environnementaux des phénomènes touristiques en Europe et particulièrement en Méditerranée. Cette présentation a pour objectif de définir et d’analyser les différents niveaux d’appropriation spatiale touristique, à partir de cas concrets. Elle mettra e n évidence les résultats obtenu s lors de ma thèse réalisée en cotutelle doctorale, entre l’Université Nice-Sophia Antipolis (France) et l’Université d’Oradea (Roumanie) avec la participation active des universités de Belgrade, Iasi et Cluj – Napoca ainsi que les financements d’institutions comme la Commission Européenne, le Conseil Général 06 et les programmes d’études doctorales Basileus et Ionescu. Ce travail a définit l’appropriation spatiale touristique multiniveau, les sens et enjeux des représentations et usages dans les Pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO), notamment dans les Carpates, le Danube et le littoral de la mer Noire. De plus, des perspectives de recherches, en partenariat avec des universités de France, d’Espagne, d’Italie, d’Algérie et du Maroc, concernant le tourisme durable sur le littoral ouest – méditerranéen, seront abordées. Au travers des exemples méditerranéens et européens, cette recherche itinérante propose une nouvelle façon d’appréhender le tourisme, sous des aspects multiples (acteurs, lieux, représentations, choix, usages, mobilité, appropriation, etc.).

Cette approche multidisciplinaire, basée sur le champ conceptuel de la géographie psychosociologique du tourisme, empreinte une démarche méthodologique qualitative. Cette dernière, centrée sur l’observation participante et l’entretien auprès de touristes, de professionnels du secteur et d e la population locale, fait apparaître des niveaux d’appropriation différents selon les échelles du tourisme (du global au fin). Le Système d’Analyse Multiniveau de l’Appropriation Spatiale Touristique (SAMAST) que j’ai pensé et développé utilise trois en quêtes, basées sur les perceptions et usages spatiaux, afin de mettre en évidence les formes d’appropriation , selon différents n i veaux d’espace s , de temps et d’acteurs. Avant le départ, le choix de la destination, de l’hébergement et des activités touristiques est fortement influencé par l’image perçue des futurs visiteurs. La prise de décision et d’information, notamment par le biais des guides touristiques et des TIC, constitue une forme de préappropriation touristique de l’espace. Cette dernière s’oriente vers l’autonomie et l’altérité des individus, car elle comprend la réservation d’activité s et de lieux touristiques, propre s au projet de voyage. Une fois sur place, le touriste s’approprie l’espace d’accueil par ses usages de consommation, de mobilité et de changement d’habiter. Le touriste privatise temporairement les lieux, comme les espaces de production et d’hébergement touristiques et y laisse des marques. Ces formes d’appropriation contribuent à modifier les lieux et l’image perçue du touriste, par l’amélioration de la connaissance des lieux fréquentés. Enfin, au retour du séjour, la désappropriation de l’espace s’effectue par le partage du vécu, des souvenirs et des expériences de voyage. Par la transmission et la diffusion d’avis et d’informations sur les espaces visités, l’individu influence le choix et participe à la préappropriation de l’espace potentiellement convoité par autrui. Cette postappropriation interconnectée referme ainsi le cycle (la boucle) de l’appropriation spatiale touristique.

 

 

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