Framing Consequences

Dino BORIE, Dorian JULLIEN (GREDEG).

Séminaire de l’axe 4 : « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux », Nice, 17 mars 2015

Résumé :


Sur 600 personnes qui vont mourir à cause d’une maladie inconnue, préférez-vous un programme pour combattre la maladie dont la conséquence sera que « 200 personnes seront vivant es  » ou bien un autre programme où « 400 personnes seront mort es « ? Bien évidemment, peu d’entre nous préfère nt le second programme, même lorsque nous réalisons qu’il s’agit de la même conséquence, décrite de deux manières différentes. Une somme non négligeable de régularité s empirique s s’est accumulée autour de ce type d’effets de cadrage (« framing effects ») depuis l’étude pionnière de Daniel Kahneman et Amos Tversky (1981). En psychologie cognitive comme en psychologie sociale, u n nombre important de modèles proposent des explications aux effets de cadrage, mais très peu de modèle s formalisé s (au sens mathématique du terme) ont été proposé s en théorie de la décision ; aucun de ces modèles ne rend compte de la complexité qui émerge des régularités empiriques. Nous proposons une formalisation susceptible de combler cette lacune, principalement en retravaillant la structure des objets de choix, en raffinant les « conséquences » du modèle standard vers des « conséquences décrites ». Nous discutons également la relation de notre modèle avec l’émergence récente d’interprétations des effets de cadrages en termes de pragmatique linguistique, ce qui pose la question suivante. Si l’on s’affranchit de l’hypothèse d’arrière-plan de la théorie de la décision selon laquelle c’est « la Nature » qui pose les problèmes de décision, alors comment représenter formellement l’impact de celui qui pose le problème sur celui qui y répond ? Notre modèle offre certaines pistes de recherche pour répondre à cette question.


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