Journée d’étude « Emancipation et nouvelles formes d’exploitation dans la société de la connaissance » – 8 septembre 2015

Journée d’étude organisé en salle 129, de 14h à 18h

Coordinateur : Emmanuel KESSOUS (Professeur de sociologie, GREDEG, Nice).

 Programme :


14h-15h30 : Yann MOULIER BOUTANG (Professeur d’économie, COSTECH, UTC de Compiègne) :

« Émancipation et exploitation dans le capitalisme cognitif : doblebind ? résilience ? ou sortie par le haut ? »

Résumé :


 La révolution numérique est passée à une deuxième étape de destruction des emplois qu’on avait crus difficilement substituables. Avec les machines learning nourries de big data alimenté par l’interconnectivité généralisée des objets, l’automation frappe désormais les tâches intellectuelles. On parle de plus en plus ouvertement de fin du salariat canonique. Est-on au bord de l’émancipation généralisée du capitalisme, une reprise cette fois-ci décisive de ce que Marx décrivait dans le raguent sur les machines dans les Grundrisse ? Est-on au contraire dans une résilience féroce de la prolétarisation intellectuelle avec Netariat, cognitariat, générations précaires? on se proposera d’examiner en quoi le concept d’exploitation subit une mutation radicale qui elle-même modifie profondément les termes d’une émancipation humaine à la lumière de concept comme ceux d’externalités, de pollinisation, de capture par des dispositifs numériques ce qui est devenu le cœur de la valeur économique.

Discussion : Yannick RUMPALA (MCF en Science politique, ERMES, Nice)

Pause café

15h45-17H15 : Patrick CINGOLANI (Professeur de sociologie, IDHES, Université de Nanterre)

« Politique et domestique – réflexions sur le régime de vie des travailleurs des « industries culturelles et créatives »

Résumé :


 La critique et la mise en cause politique du domestique a tantôt relevé de l’imaginaire utopique (Fourier) tantôt de la contestation féministe. On voudrait s’interroger sur les nouvelles modalités d’une telle critique au moment où, à la conjonction de transformations technologiques et de transformations dans les mœurs, on constate dans de nombreux secteurs du travail informationnel et culturel une domestication du travail. A distance de toute velléité surinterprétative on voudrait envisager quels sont les sens de ce nouveau régime de vie et de travail mais aussi éventuellement quels en sont les embarras ? Si la fonction économique et policière de la famille a été sous le feu d’une critique à la fin du XXe siècle, on se propose de questionner le rapport entre capitalisme et célibat au seuil du XXIe siècle. Comment penser le célibat et la domestication du travail dans la tension entre domination et émancipation et comment d’ores et déjà comprendre les nouvelles formes collectives de vie qui émergent dans l’horizon d’une mise en commun du travail, de l’information et de la contestation ?

Discussion : Nicolas AURAY (Professeur de sociologie, GREDEG, Nice)

17H15-17H45 : discussion générale

17h45 : pot de clôture

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