Axe 4 : Territoires : construction, usages, pouvoirs

Responsable

Frédérique BERTONCELLO (CEPAM)

Thématique

En raison de ses multiples composantes (environnementales, sociales, économiques, institutionnelles, etc.), le territoire peut en effet être conçu comme un système complexe dont la dynamique résulte des interactions entre un espace géographique (présentant lui-même des composantes environnementales et sociales) et des acteurs qui agissent sur cet espace en fonction de leur système de représentations, ces éléments pouvant être considérés comme trois sous-systèmes du système territorial [1]. Cette acception a une triple incidence sur la manière dont sont appréhendés les territoires au sein de l’Axe 4 :

–    une perspective interdisciplinaire s’impose pour appréhender les territoires dans leurs multiples dimensions : la MSHS est le lieu adéquat pour croiser les regards, non seulement des chercheurs, mais aussi des acteurs des territoires, qu’il s’agisse des entreprises, des collectivités territoriales, des aménageurs ou des citoyens. Fédérant déjà des chercheurs membres de plusieurs laboratoires de la MSHS (CEPAM, CRHI, GREDEG, GRM, ESpACEn LAPCOS, URMIS), le projet de l’Axe 4 a vocation à élargir les collaborations non seulement au sein de la MHSH, mais au-delà au sein de la COMUE UCA (laboratoires et écoles) et avec les acteurs des territoires (collectivités territoriales, parcs, musées, associations, etc.) en renforçant l’inscription de ses recherches dans les territoires régionaux. Les territoires couverts par les espaces protégés (parcs naturels régionaux, nationaux, transfrontaliers en particulier) de l’UCA et par la ville territoire qu’ils animent, seront des lieux privilégiés pour conduire les approches développées au sein de l’Axe.

–    les territoires sont considérés dans leur dimension matérielle, en tant que résultats de l’action concrète des sociétés sur une portion d’espace dont elles tirent leurs moyens d’existence, et dans leur dimension immatérielle, symbolique ou idéelle, qui rend compte de la manière dont les sociétés appréhendent leur environnement (au sens large). On s’intéressera donc non seulement aux territoires appropriés, occupés, exploités, aménagés, mais aussi aux territoires vécus, perçus, ressentis, voire idéalisés. Dans ce cadre, l’entrée par les usages et les pouvoirs apparaît particulièrement opérante pour identifier les acteurs en jeu, leurs usages, besoins et stratégies, qui peuvent être convergents ou bien contradictoires. De ces stratégies d’acteurs émerge un ensemble de pouvoirs, qui se matérialisent dans l’organisation des territoires ;

–    l’approche systémique implique une attention particulière aux interactions entre les éléments du système, qui définissent sa structure et la font évoluer. On s’intéresse donc aux processus à l’œuvre dans la construction et l’évolution des territoires, processus qui nécessitent d’être observés dans une certaine durée, plus ou moins longue selon la question posée, et dans une approche à la fois rétrospective et prospective, de la Préhistoire aux évolutions futures des systèmes territoriaux. Dans cette optique, un angle d’approche privilégié (mais non exclusif) sera l’analyse des réseaux qui façonnent les territoires, qu’il s’agisse de réseaux d’acteurs, de réseaux d’entreprises, de réseaux d’habitats/de villes, etc. En permettant d’identifier la place occupée par les différents acteurs (nœuds) dans le réseau et la nature des relations qu’ils entretiennent, « l’approche réseau » apparaît pertinente pour comprendre la structure des territoires et les processus qui la sous-tendent. À la différence de l’Axe 2 de la MSHS, on s’intéressera ici à des réseaux spatialisés, qu’ils soient physiques (réseaux routier par exemple) ou qu’ils rendent compte de liens sociaux, économiques, etc. qui se matérialisent par un ancrage territorial. Sur le modèle du travail conduit sur l’incertitude, la réflexion sur les réseaux pourrait prendre la forme d’une réflexion épistémologique et méthodologique pluridisciplinaire sur la manière dont le concept de réseaux est conçu, utilisé et mis en œuvre dans différentes disciplines, en SHS et au-delà.

Ces approches, plurielles et complémentaires, seront développées au travers de plusieurs projets de recherche centrés sur différentes dimensions des dynamiques territoriales.

[1] Alexandre Moine, Le Territoire. Comment observer un système complexe. L’Harmattan, Itinéraires géographiques, 2007, 178 p.

  • Réseaux aristocratiques et pouvoir territorial, dans l’Antiquité et à l’époque moderne
  • Lieux d’images, lieux de pouvoirs, de la Préhistoire à l’actuel
  • Pertes, restes, et territoires
  • Tourisme
  • CompAg (Compensation écologique et transition agroécologique)
  • Territoires d’innovation
  • Ressources Humaines et Territoires
  • TEPAS : Territoires et patrimoine du sport en région PACA
  • INTREPID : Indicateurs TeRritoriaux pour les Espaces Protégés : Itinérance et Développement durable

 

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