Séminaire « Incertitude et probabilités, perspective historique et épistémologique » – 2 septembre 2016

2 septembre 2016 à 14h00, salle 128/129 : 1er étage du bâtiment recherche SJA3 MSHS.

Séminaire « Incertitude et probabilités, perspective historique et épistémologique », dans le cadre du projet « Histoire de l’idée d’incertitude » de l’axe 4.

Intervenant: Thierry MARTIN, directeur du Laboratoire Logiques de l’Agir (EA 2274), université de Franche-Comté (Besançon).


Résumé :
L’objet de ce séminaire est de présenter les questions épistémologiques soulevées par l’émergence d’un traitement mathématique de l’incertitude, pensé indépendamment de toute considération technique, mais dans une orientation à la fois historique et philosophique.


Présentation de l’intervenant :
Thierry MARTIN est Professeur à l’Université de Franche-Comté, chercheur associé à l’IHPST. Il dirige le laboratoire Logiques de l’agir de l’Université de Franche-Comté (EA 2274). Il est également coresponsable du Séminaire sur l’histoire du calcul des probabilités et de la statistique, organisé à l’EHESS par le Centre d’Analyse et de Mathématiques Sociales et le Centre A. Koyré.

Ses recherches portent sur la philosophie des mathématiques sociales, et plus précisément l’histoire et la philosophie des probabilités. Elles se proposent notamment d’interroger la relation de la théorie mathématique au réel, particulièrement dans le champ socio-politique. Ses recherches récentes, concernant les conditions et difficultés d’application de la théorie, s’orientent vers l’analyse de la maîtrise rationalisée de l’action collective.

La nature de cet objet d’étude appelle une pratique de la recherche qui ne peut s’en tenir au déploiement d’une réflexion personnelle. L’orientation de son travail consiste, au contraire, à inscrire, le plus souvent, ses propres recherches dans une entreprise collective mobilisant la participation de chercheurs dont les préoccupations, les champs disciplinaires et les méthodes sont différents (mathématiciens, philosophes, économistes, géographes, historiens, démographes, sociologues).

 

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Colloque « Auto-analyse et objectivité scientifique » – 8 – 10 juin 2016

Le colloque se déroulera du 8 au 10 juin en amphi 031 à la MSHS Sud-Est.

Résumé :


L’auto-analyse est le procédé par lequel le scientifique analyse sa position relativement à son objet d’étude, de façon à identifier et à neutraliser les biais qu’elle engendre dans sa recherche. Elle est donc nécessaire à l’objectivation scientifique, qui intègre la perspective du sujet qui l’entreprend. L’exigence d’auto-objectivation relève également d’une nécessité éthique et déontologique : la neutralisation, non seulement analytique, mais aussi axiologique des biais attachés à la position du scientifique (ses prénotions et ses préjugés).

La reconnaissance de la nécessité et de la primauté de l’auto-analyse dans le procès scientifique entraîne alors un étonnement et une difficulté. L’étonnement tient à ce qu’en dépit de son importance, force est de constater que, dans la recherche comme dans l’enseignement, l’auto-analyse est rarement pratiquée. Il est vrai qu’elle est recommandée dans certaines disciplines : la psychanalyse, la sociologie et l’anthropologie notamment. Mais elle ne l’est pas dans toutes : en particulier, elle ne l’est pas en philosophie. Quand elle l’est, il semble de plus : qu’elle ne le soit pas systématiquement ; qu’elle ne le soit pas non plus intrinsèquement, c’est-à-dire qu’elle demeure à part du résultat scientifique ; qu’elle ne soit pas codifiée méthodologiquement ; et qu’elle soit réalisée quasi-exclusivement au sein de chaque discipline, c’est-à-dire sans interdisciplinarité. Ce constat justifie à notre sens une interpellation de la communauté scientifique.

La reconnaissance de la nécessité et de la primauté de l’auto-analyse dans le procès scientifique entraîne également une difficulté, qui concerne la possibilité même de l’auto-analyse : une telle position de neutralité est-elle accessible ? Le scientifique en général, le spécialiste des sciences humaines et sociales en particulier, peut-il parvenir à se dégager totalement de l’appartenance à son objet d’étude ? Son savoir peut-il ne pas être situé ? Inversement, une telle difficulté, voire impossibilité, de l’auto-objectivation doit-elle conduire à se défaire de l’exigence scientifique d’objectivité ?

Ce triple constat, non seulement en France mais à l’échelle internationale, de la primauté scientifique, de la rareté en fait et de la difficulté épistémologique de l’auto-analyse constitue la raison principale du projet d’un colloque interdisciplinaire et international sur le thème « Auto-analyse et objectivité scientifique », et forme ce que nous proposons d’appeler « le problème de l’auto-objectivation ».

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