Conférence « Qu’appelle-t-on avoir une identité collective? » – 2 décembre 2015

Conférence donnée dans le cadre du programme « Questions d’Europe », mercredi 2 décembre de 14h à 16h, amphi 031 à la MSHS.

Intervenant: Vincent DESCOMBES (EHESS)

Cette conférence abordera trois questions :

1° Comment passe-t-on de l’identité au sens logique d’un jugement d’identité à l’identité au sens moral d’une définition de soi qui mette en cause l’amour-propre d’un individu ou d’un groupe et le sentiment qu’ils ont de leur dignité ?

2° Quels sont les critères d’identité pour un être collectif (tel qu’une université, une profession, une ville, un Etat, une nation, etc.) ?

3° L’identité européenne est-elle culturelle ou politique ?

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Séminaire interne « Nicolas de Cues (1401-1464) et l’Islam » – 5 février 2015

Séminaire interne, Axe 3, le 5 février de 16h à 18h, en salle 129 à la MSHS.

Animé par Hervé PASQUA (CRHI). Discutant : Fabrice WENDLING (CEPAM)

Hervé PASQUA, membre statutaire du CRHI, enseigne la philosophie médiévale, spécialiste du Moyen Âge tardif, il est l’auteur de plusieurs études sur Maître Eckhart et Nicolas de Cues, dont il traduit et publie l’œuvre latine aux PUF dans la collection Epiméthée. Il est  Président de la Société Française Cusanus,  Membre de la Société Philosophique de Louvain, Membre du Wissenschaftlichen Beirates der Cusanus-Gesellschaft, Membre de la Société Internationale pour l’Etude de la Philosophie Médiévale.
Dernière publication : Le pouvoir-est de Nicolas de Cues, Introduction, traduction et notes, PUF Epiméthée, Paris 2014.
Prochaine publication : La chasse de la sagesse de Nicolas de Cues, Introduction, traduction et notes, PUF Epiméthée, Paris 2015.

 

Résumé :


L’intérêt pour le monde musulman s’est manifesté dès le Moyen Âge avec les premières traductions du Coran. Parmi celles-ci celle de Pierre le Vénérable dont s’inspire Nicolas de Cues auteur d’un ouvrage important, la Cribratio Alchorani (Le Coran tamisé), qu’il acheva dans le courant de l’hiver 1461. Il dédia cette œuvre au pape Pie II, qui l’avait prié de lui donner les éléments d’une appréciation critique du mahométisme. Dans cette œuvre, conformément à l’esprit irénique du De pace fidei, écrit en 1453, l’année même de la chute de Constantinople, le Cardinal cherche avant tout à souligner les points d’accord entre les religions, ouvrant ainsi un dialogue exemplaire avec l’Islam qui peut nourrir le thème de recherche sur l’Europe et les autres qui anime ces rencontres interdisciplinaires.

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Journée d’étude « Modéliser et représenter les circulations en Europe et dans le monde » – 10 avril 2015

Dans le cadre de l’axe 3 « l’Europe et ses ‘Autres' », une journée d’étude est organisée en amphi 031, sur le thème « Modéliser et représenter les circulations en Europe et dans le monde », avec le concours du Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine, Nice  http://cmmc-nice.fr/ et le soutien du groupement RES-HIST  http://reshist.hypotheses.org/

PROGRAMME

09h00 : Silvia MARZAGALLI (CMMC, Université Nice Sophia Antipolis & Institut Universitaire de France). Introduction


I. Représenter et modéliser les transports.  La circulation des navires et des hommes


09h15 : César DUCRUET (géographe CNRS, UMR Géographie-Cités, Paris et PI du programme ERC Starting Grant « World-Seastems »). Régions, flux, réseaux : cartographie des types de trajectoires portuaires à partir de données maritimes à l’échelle mondiale (1890-2008)


10h15-10h40 : Pause café


10h40 : Laurent ETIENNE (géomaticien, BDTNL, Université de Tours). Patrons de trajectoires de navires


11h40 : Sandrine ALINAT (géographe, Telemme, IUT Aix-Marseille). Mobilité en territoires ruraux. Usages et pratiques. Digne-les-bains. Alpes-de-Hautes-Provence


12h40 : Pause déjeuner


II. Représenter et modéliser les circulations culturelles


14h00 : Pierre-Yves BEAUREPAIRE (CMMC, Université Nice Sophia Antipolis & Institut Universitaire de France). Circulation, territoires et réseaux dans l’Europe des Lumières : retour sur le programme ANR CITERE


15h00 : Marion MAISONOBE (doctorante en géographie, UMR LISST – Laboratoire interdisciplinaire Solidarité, Sociétés, Territoires, Université Toulouse Jean Jaurès). Les réseaux contemporains de collaborations scientifiques : leur spatialisation et leur visualisation à travers une approche bibliométrique


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Conférence « la crise de l’Europe » – 20 janvier 2015

Conférence organisée de 17h à 19h dans l’amphi 031 de la MSHS.

Intervenant : Jean-Paul GUICHARD, Professeur émérite d’économie, Centre d’excellence Jean Monnet de l’Université Nice Sophia Antipolis, Chaire Jean Monnet ad personam « Europe-Balkans-Russie ».

Jean-Paul GUICHARD enseigne et donne des conférences à Nice (Université Nice Sophia Antipolis), Moscou (Université RUDN et Académie d’Administration Publique), Irkoutsk ( Université du Baïkal) , Belgrade (Académie d’économie). Il a récemment publié L’Etat-parti chinois et les multinationales (L’Harmattan, 2014) et, en collaboration avec Antoine Brunet, La visée hégémonique de la Chine, l’impérialisme économique (L’Harmattan, 2011), ouvrage traduit en neuf langues, mention d’honneur Prix Turgot 2012. Il a également publié des ouvrages collectifs dans le cadre de l’Association CEMAFI international L’intégration euro-méditerranéenne en panne (CEMAFI international, 2013), La Russie, l’Europe et la Méditerranée dans la crise (L’Harmattan, 2013), et La grande Europe en devenir (CEMAFI international, 2014).

Résumé :


La situation de l’Europe vis-à-vis du monde est aujourd’hui considérablement dégradée par rapport à ce qu’elle fut. A la suite de l’écroulement du mur de Berlin et de l’Empire soviétique, on pouvait espérer que s’épanouisse une Europe unie et prospère ; il n’en est rien. Les tensions sont très vives entre l’Union Européenne et la Russie qui, du fait de la conjonction des sanctions économiques et de la chute du prix des produits pétroliers, entre en récession. L’Union Européenne elle-même apparait comme particulièrement divisée et affaiblie avec, notamment, un Royaume Uni jouant un jeu très « personnel » axé sur la City et les relations avec la Chine et une zone euro marquée par une profonde division Nord/Sud ; celle-ci oppose une Europe « germanique » constituée par l’Allemagne et ses dépendances (Autriche, Pologne, etc.) à une Europe du Sud , dont la France .Cette division a une base économique : l’euro, une monnaie sans Etat (l’Union Européenne n’en est pas un) qui a supprimé, pour les pays de cette zone, la possibilité d’équilibrer leurs échanges de biens et services ; il en résulte des déficits commerciaux récurrents et très importants des pays du Sud vis-à-vis d’une Allemagne qui est de plus en plus en mesure de dicter sa loi à ses partenaires. A cela s’ajoute un problème externe d’une extrême gravité pour ces pays : leurs déficits concernent le commerce non seulement avec l’Allemagne mais aussi avec la Chine , ce qui suscite des déficits budgétaires considérables et le gonflement d’un endettement externe abyssal, un grand danger pour leur indépendance. On commence à s’apercevoir que la « construction européenne » a constitué, dans une large mesure, un relais du processus de la mondialisation dont on ressent les inconvénients aujourd’hui. Pour comprendre la cause de cette orientation, il faut sans doute revenir aux origines mêmes de cette « idée française » qui a pu s’imposer au lendemain de la guerre ; deux conceptions, très différentes l’une de l’autre s’opposaient : celle de De Gaulle et celle de Monnet ; en dépit de l’immense prestige du Général, la « méthode Monnet » fut adoptée . La crise grave de l’Europe devrait conduire à sa mise en question.

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Premier séminaire du programme « Le libéralisme dans tous ses États : circulation des hommes et des idées en Europe (XVIIIe-XXIe) » – 12 décembre 2014

1er séminaire du programme « Libéralisme dans tous ses États : circulation des hommes et des idées en Europe (XVIIIe-XXIe) » .
Vendredi 12 décembre 2014, de 13h30 à 16h, amphi 031 de la MSHS. Ce séminaire est le 1er des 3 prévus en 2014-2015.

Intervenants :

Marc MARTI (Pr. à l’Université Nice Sophia Antipolis, LIRCES): « Aristocrates et bourgeois libéraux dans l’Espagne de la fin du XVIIIe : contractions et évolutions de la pensée économique »


Picto_Doc2Paul CHENEY (University of Chicago):  « L’économie politique de la colonisation : de la monarchie composite à la nation ».
Article en ligne sur Academia.edu (Draft : Do not cite without persmission).

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Colloque international : « La construction européenne et ses apories », 29-31 janvier 2015

Source:Photo : Rock Cohen (flickr.com)

Source Photo : Rock Cohen (flickr.com)


La construction européenne et ses apories

Maison des Sciences de l’Homme et de la Société Sud-Est
25 avenue François Mitterrand, Nice
Bâtiment de l’Horloge, rez-de-chaussée, salle plate/amphi 031

Colloque international organisé par la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société du Sud-Est,  dans le cadre de son axe 3 « L’Europe et ses « Autres » », en coopération avec le Cercle philosophique Clio, le Centre de Recherches en Histoire des Idées (CRHI) et le Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine (CMMC), avec le soutien du Cercle Condorcet de Nice et de la section départementale de la Ligue de L’Enseignement.

Ce colloque a donné lieu à la publication, sous la direction de Silvia MARZAGALLI et Pierre-Yves QUIVIGER, d’un dossier intitulé ‘Les apories de la construction européenne’, publié par la Revue française d’histoire des idées politiques, n° 43, avril 2016, p. 9-304 : http://www.editions-harmattan.fr/
Les apories de la construction européenne – Liste des contributions

 

PROGRAMME


 Jeudi 29 janvier 2015


13:30    Accueil


13:45    Allocution de bienvenue et présentation


Session I – La crise de l’Union Européenne dans le processus de la mondialisation. Impasses et perspectives
Président de séance : Pierre-Yves QUIVIER, CRHI, Université Nice Sophia Antipolis


Picto_Doc214:00    Etienne BALIBAR (Professeur émérite, philosophie morale et politique, Université de Paris-Ouest). « La crise de la construction européenne : une fin de cycles ? »


Picto_Doc214:40   Jean-Marc FERRY (Professeur, Université de Nantes). « Entre efficacité économique et justice politique, l’Union européenne en quête d’un équilibre social »


15:20    Discussion


15:40    Pause café


Picto_Doc216:00    Michel DÉVOLUY (Professeur émérite, Université de Strasbourg, Chaire Jean Monnet d’économie européenne). « Dépasser les impasses du fédéralisme tutélaire européen »


Picto_Doc216:40    Cédric DURAND (CEPN, CNRS/Université Paris 13). « Six thèses sur l’Europe »


Picto_Doc217:20   André TOSEL (Professeur honoraire de philosophie, CRHI, Université  Nice Sophia Antipolis). « L’Union Européenne ou un hybride à vocation sub-impériale dans le capitalisme mondialisé »


18:00     Discussion


Vendredi 30 janvier 2015


Session II – Figures d’apories : Etat social, peuples-nations et guerre. Le conflit social comme recours ?
Présidente de séance : Silvia MARZAGALLI, CMMC, IUF et Université Nice Sophia Antipolis


Picto_Doc209:00    Robert CHARVIN (Professeur émérite, Doyen honoraire de la Faculté de Droit, Université Nice Sophia Antipolis). « L’UE est-elle autre chose que l’Europe des apories ? » 


Picto_Doc209:40   Edouard DELRUELLE (Professeur, Université de Liège). « L’institution européenne du conflit. L’Etat social à l’épreuve de la mondialisation »


10:20    Discussion


10:40    Pause café


Picto_Doc211:00     Marie-Claire CALOZ-TSCHOPP (Collège International de Philosophie, Genève-Paris). « Europe. Penser la guerre. Lutter pour la civilité »


Picto_Doc211:40    Pierre-Yves QUIVIGER (Professeur de philosophie, directeur du CRHI, Université Nice Sophia Antipolis). « Europe des États, Europe des nations, Europe des peuples, etc. : analyse de quelques lieux communs à la lumière de la théorie générale de l’Etat en droit public »


12:20    Discussion


12:40    Pause déjeuner


Session III – Modes de gouvernance européenne et exercice des rapports de force
Président de séance : Clément STORA, Président Fondateur du Cercle philosophique  CLIO


Picto_Doc213:50    Jean ROBELIN (Professeur honoraire de philosophie, CRHI, Université Nice Sophia Antipolis). « Souveraineté européenne et rapports de pouvoir »


Picto_Doc214:30    Jean-Pierre DARNIS (Maître de conférences HdR, italianiste, CMMC, Université Nice Sophia Antipolis). « La construction du ‘mythe négatif’ de l’Europe, corollaire des progrès de l’intégration : le cas de la nomination du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini »


15:10    Discussion


15:30    Pause


Picto_Doc215:50    Marc MAESSCHALCK (Philosophe, professeur à Université catholique de Louvain/ Louvain-la-Neuve). « La participation des groupes d’intérêt dans la ‘nouvelle gouvernance européenne’. Quelle théorie du choix rationnel ? »


Picto_Doc216:30     Fabrice BIN (Maître de conférences en droit public, Université Toulouse 1 capitole). « La politique fiscale peut-elle contribuer à la citoyenneté européenne ? »


17:10    Discussion


 Samedi 31 janvier 2015


Session IV – Les valeurs européennes entre identité et diversité
Président de séance : Albert MAROUANI, Président honoraire de l’Université Nice Sophia Antipolis


Picto_Doc209:00    Graziano LINGUA (Professeur de philosophie à l’Université de Turin, directeur du CESPEC, Cuneo). « Racines chrétiennes de l’Europe ? Sur le rapport entre ressources religieuses, identité et sphère public européennes »


Picto_Doc209:40    Bruno BÉTHOUART (Professeur d’histoire contemporaine, Université du Littoral Côte d’Opale). « Culture démocrate chrétienne et identité européenne : idéalisme et/ou pragmatisme ? »


10:20    Discussion


10:40    Pause


Picto_Doc211:00    Arnauld LECLERC (Professeur de science politique, directeur de l’UMR Droit et changement social, Université de Nantes). « Intégrer sans partager des valeurs : les limites de l’Europe des Universités »


Picto_Doc211:40    Laurent MARTIN (Professeur d’histoire, Université Paris III Sorbonne-Nouvelle). « Identité culturelle de l’Europe et diversité culturelle en Europe : l’Europe (n’) a-t-elle (qu’) une âme ? »


12:20     Discussion


12:40     Clôture du colloque et déjeuner

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Questions d’Europe : conférence « Europe, crise et populisme » – 13 juin 2014

Axe 3, Séminaire : « Questions d’Europe »

« Europe, Crise et Populisme. Analyse des élections européennes des 22-25 mai 2014 »

Christine PINA (ERMES), Natalia TIMUS (Maastricht University), Gilles IVALDI (URMIS, organisateur)

Le 13 juin 2014, à 14h, MSHS Sud-Est, amphi 031.

Ce séminaire est ouvert à tout public. Entrée libre.

Résumé :


Les élections européennes des 22-25 mai 2014 représenteront un moment décisif pour une Union européenne en crise, traversée par une vague de scepticisme, sur fond d’insatisfaction face aux politiques d’austérité et sous la menace croissante de mouvements eurosceptiques et populistes. A l’occasion de cette conférence, Christine Pina, Natalia Timus et Gilles Ivaldi analyseront les résultats et principaux enseignements du scrutin en France et dans les autres Etats membres de l’UE. Qu’en est-il du déficit démocratique chronique de l’Union européenne vis-à-vis de ses citoyens ? Ces élections seront-elles marquées par de nouveaux records d’abstention ? Les enjeux européens, notamment la désignation de la prochaine Commission, prendront-ils le pas sur les enjeux strictement nationaux qui dominent traditionnellement ces élections ? Quelle majorité pour le nouveau parlement ? Quels groupes politiques et alliances transnationales ? Qu’en sera-t-il, enfin, de la réalité hétérogène du phénomène populiste pan-européen et de l’impact des formations radicales sur les nouveaux équilibres politiques au sein de l’UE ?

Christine PINA Maître de Conférence en Science politique – ERMES Co-directrice du Master 2 « Expertise du politique et affaires publiques » Université de Nice-Sophia Antipolis (UNS) http://www.ermes-unice.fr/?q=node/58

Natalia TIMUS Researcher at Maastricht Graduate School of Governance, Maastricht University, Adjunct Professor, Sciences Po. Paris, Campus Menton http://www.merit.unu.edu/about-us/profile/?staff_id=1715&stage=

Gilles IVALDI (organisateur) Chargé de recherche CNRS en science politique – URMIS Université de Nice-Sophia Antipolis (UNS) http://urmis.unice.fr/spip.php?article21

 

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« Une migration économique atypique: les mobilités dites roms en Europe occidentale » – 9 avril 2014

La conférence organisée à la MSHS, salle 128.

Les quelques pistes de réflexion présentées ci-dessous émanent d’une enquête de terrain en cours dans la région de Nice auprès de migrants roumains dits roms. Elles demandent à être encore travaillées et problématisées. La présentation de ce chantier devant les collègues de la MSHS lors de son séminaire interne n’a en cela nullement vocation à faire état de résultats d’enquêtes mais plutôt d’inviter ces derniers à une discussion en vue d’enrichir ces questionnements et, pourquoi pas,  à élaborer un projet de recherche interdisciplinaire commun.

Résumé :


Aux portes de nombreuses villes de France, on voit ressurgir depuis une petite dizaine d’années des bidonvilles. Ces formes d’habitats extrêmement précaires avaient alors servi de palliatif au manque de logement pour les travailleurs étrangers, en majorité issus des (anciennes) colonies, venus participer à l’effort de reconstruction nationale après la 2ème guerre mondiale. Aujourd’hui, la recrudescence de ces baraquements est –pour partie au moins- liée à une nouvelle migration, celle de populations pauvres et marginalisées venues d’Europe de l’Est et stigmatisées sous l’identification ethnique de « Tziganes » ou « Roms ». En évitant de prendre la catégorisation ethnique de façon essentialiste, on cherchera à mieux définir ces mouvements de façon à saisir ce qui les rapproche et ce qui les distingue d’autres formes de migrations économiques plus traditionnelles. On questionnera en particulier les formes d’altérités qui lui sont associées dans le territoire d’origine comme dans les espaces de migration, le rapport à l’espace européen, les parcours des individus et des collectifs ainsi que les projets –d’ascension sociale ou pas- portés par ces mobilités. A travers ces migrations, c’est la société européenne contemporaine qui peut être analysée.

–       D’un point de vue politique tout d’abord : si la mobilité des travailleurs, après celle des capitaux, fut longuement discutée dans le processus d’élargissement de l’UE ; la migration (économique) de populations faisant l’objet d’un fort rejet social de la part des majoritaires questionne la capacité d’intégration de l’Union et de ses Etats. En France, la primauté de la composante ethnique mise en avant dans les politiques publiques et dans les media invite par ailleurs à interroger le regard portée sur la misère et les processus de mise à distance de celle-ci. Les bidonvilles seraient-ils traités, politiquement, avec aussi peu de moyens si leurs habitants n’étaient pas préalablement perçus –et construits- sur le mode de la Différence. La transformation d’un problème social en un problème ethnique introduit une distanciation qui « rend tolérable » une situation autrement perçue comme politiquement critique. Il conviendrait de travailler sur les discours et les représentations liées à ces populations de façon à éclairer le traitement dérogatoire dont elles font l’objet.

–       D’un point de vue sociologique, il conviendrait d’étudier les formes de sociabilités et les modes de vie engendrés par ces lieux d’habitation. Le bidonville, habitat précaire s’il en est, est non seulement soumis aux aléas naturels (inondations, destruction par des tempêtes, feu…) mais il fait régulièrement l’objet de destruction par les pouvoir publics, avec ou sans proposition de relogement. Les migrants sur lesquels nous portons notre attention ne sont que très rarement –ou de façon mythique – nomades ; ils ne correspondent pas à la catégorie des « gens du voyage » et ne sont pas accueillis sur les aires réservées à cet effet. Il s’agit généralement, comme la majorité des migrants économiques, de personnes ayant quitté –souvent temporairement- un habitat très modeste dans leur pays d’origine et cherchant à vivre à peu de frais durant leur période migratoire de façon à économiser sur les gains obtenus pendant la migration. Même précaire, l’habitat reste source de liens affectifs et de sensibilité mais la labilité de ces habitats induit des pratiques et des relations sociales spécifiques : les expulsions et la destruction de ces lieux de vie obligent leurs habitants à se réinstaller, à négocier régulièrement leur place dans de nouveaux territoires, souvent déjà occupés par d’autres, à tisser des liens avec de nouveaux voisins dans des espaces où la solidarité –comme la notion de communauté- ne va pas de soi. Lorsque les déplacements s’effectuent sur des distances supérieures à quelques dizaines de kilomètres, ce sont souvent également d’autres formes d’insertion locales qui sont à réaménager : les lieux de « travail » (qu’il s’agisse de salariat, de mendicité, de récolte de déchets ou autre), les espaces de ressources (liens avec des associations caritatives auprès desquelles il est parfois difficile de se faire accepter), les espaces de scolarisation des enfants, etc. En ce sens, ces migrants, particulièrement exclus, doivent développer des capacités d’adaptation et d’insertion, tels des savoir-faire, qu’il conviendrait d’éclairer.

–       « En France, on trouve des choses plus belles dans les poubelles ». Au delà de la question de l’habitat, la migration d’une population laissée à la marge des sociétés dominantes dans leur pays d’origine comme dans les pays qui « les accueillent », invite à s’interroger sur l’économie de l’exclusion. De nombreux travaux ont montré comment les emplois subalternes des pays occidentaux pouvaient apparaître comme des opportunités très prisées pour des migrants issus de pays plus pauvres. On a moins souvent abordé la question en termes de relégation : en quoi est-il plus enviable, voire « plus rentable » de vivre à la marge d’une société riche ? Dans quelle mesure le niveau de vie global d’une société impacte ceux qui en sont dits exclus mais dont pourtant les activités lucratives en sont fortement dépendantes ? Reprenant le vocabulaire des informateurs, cela amènera à interroger la notion même de travail.

 

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Colloque international « Les consuls, figures de l’intermédiation marchande en Europe et dans le monde méditerranéen (XVIIe-XIXe siècles) » – 10-12 avril 2014

Le Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine organise du jeudi 10 au samedi 12 avril 2014 le colloque international « Les consuls, figures de l’intermédiation marchande en Europe et dans le monde méditerranéen (XVIIe-XIXe siècles) ». Ce colloque a reçu le soutien de l’axe 3 de la MSHS du Sud Est « L’Europe et ses autres ».

Résumé :


Les travaux récents sur les agents consulaires européens ont porté sur la mise en place des réseaux consulaires européens à l’époque moderne et au XIXe siècle, sur la diversité des missions qui étaient confiées aux consuls et sur la variété de leurs statuts. Ils y sont définis comme des agents de l’État au sein des réseaux consulaires français et espagnols, et, du moins avant le XXe siècle, comme des commerçants privés pour les autres nations. Des enquêtes prosopographiques de grande ampleur ont par ailleurs été menées sur le déroulement des carrières consulaires qui sont tantôt marquées par la mobilité, tantôt, au contraire, par la constitution de « dynasties » locales. Les thèmes de l’insertion des consuls dans leur contexte social, culturel et institutionnel local, tout autant que celui de leur rôle dans la circulation de l’information ont également été abordés, comme en ont témoigné les colloques récemment organisés sur ces sujets à Nice (24-26 novembre 2011) et à Séville (27-28 septembre 2012). En revanche, les études consacrées aux fonctions assumées par les consuls dans l’intermédiation marchande proprement dite sont demeurées rares. Pourtant, qu’ils soient pourvoyeurs d’information vis-à-vis des ressortissants placés sous leur juridiction ou arbitres dans des différends commerciaux, lobbyistes face aux autorités locales ou entremetteurs au sein de leur communauté, les modalités d’intervention des agents consulaires dans la réduction de l’incertitude marchande et dans l’optimisation des transactions commerciales sont multiples. Poser la question du consul en tant que figure de l’intermédiation marchande, c’est donc s’interroger sur l’efficacité des services commerciaux assumés par les consuls et, à plus grande échelle, sur le rôle qu’ils ont joué dans le décloisonnement des espaces marchands européens.

Informations et programme sur le site du CMMC

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Conférence : « L’avenir de l’Europe » – Mme Nicole Fontaine – 20 mars 2014

Nicole FONTAINE
Ancienne présidente du Parlement européen, Ancien ministre déléguée à l’industrie, Avocate (Barreau des Hauts-de-Seine), Professeur titulaire d’une chaire Jean Monnet ad personam à l’Université Nice Sophia Antipolis.

Conférence organisée à 18h, dans les locaux de la MSHS, amphi 031.

Résumé :


Le désamour des peuples à l’égard de la construction européenne ne date pas d’hier. Après une période d’enthousiasme prononcé, un fossé s’est peu à peu creusé entre les décideurs communautaires et les citoyens et la première fracture est apparue en France au moment du référendum sur le Traité de Maastricht (1992). L’échec du référendum sur le projet de Traité constitutionnel en mai 2005 a confirmé s’il en était besoin cette fracture. Mais la crise survenue brutalement en 2008 a accéléré le processus. Une analyse superficielle a ancré fortement chez les populations le sentiment que l’Europe était le problème. Aujourd’hui, tout le monde semble s’accorder pour dire que la construction européenne doit être totalement remise à plat. Oui, mais comment ? Entre ceux qui préconisent un désengagement de l’action européenne et un retour à la simple coordination intergouvernementale et ceux qui estiment que la solution est dans plus de fédéralisme, quelle est la voie d’avenir ? Des propositions différenciées commencent à émerger qui proposent notamment de renforcer l’intégration des pays membres de la Zone Euro. Mais les Etats qui pèseront d’un poids décisif dans la décision finale sont-ils susceptibles de s’entendre sur une telle perspective ? A cet égard, la vision européenne de l’Allemagne et celle de la France sont-elles compatibles ? Enfin, l’avenir de l’Europe est-il avec ou sans la Grande-Bretagne ? Toutes ces questions seront au cœur du prochain débat que portera les nouvelles personnalités qui seront appelées aux rênes des Institutions Européennes notamment à la Présidence de la Commission. Elles méritent aujourd’hui l’analyse et la réflexion approfondie de tous ceux qui pensent que l’Europe est la SOLUTION.

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Appel à propositions pour le séminaire « L’Europe et ses autres : figures et histoires. »

L’idée est de permettre aux différents collègues concernés par l’axe 3 de la MSHS (« L’Europe et ses autres ») de se rencontrer et de travailler ensemble.

Dans cette optique, il est proposé la mise en place d’un séminaire, qui se tiendra tous les deux mois environ, intitulé L’Europe et ses autres : Figures et histoires. Lors de chaque séance, un membre d’une des équipes de la MSHS présentera un travail récent ou en cours de publication (article, ouvrage, etc.), ce travail sera ensuite discuté par un collègue d’une autre équipe de la MSHS, avant de faire l’objet d’une discussion générale. Ce séminaire entend ainsi prouver, par l’exemple, que le dialogue interdisciplinaire est possible et fructueux.

Si vous êtes intéressé à présenter vos recherches dans ce cadre, merci de contacter la responsable de l’axe 3, Silvia Marzagalli (marzagalli@wanadoo.fr)

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