Colloque « Mobilités, surveillance, assistance en Méditerranée occidentale (XVIe – XXIe siècles) » – 17-19 novembre 2016

Dans le cadre des activités de la MSHS Sud-Est (axe 3 « l’Europe et ses Autres ») et de l’axe interdisciplinaire Altérités et mondialisation de l’UNS, les laboratoires URMIS – CMMC – ERMES ont lancé un appel à communication pour ce colloque :

      Le contrôle du territoire et des hommes qui y circulent constitue la réalité très actuelle
des rivages de la Méditerranée occidentale. Depuis longtemps, ces espaces cosmopolites et très attractifs (commerce, tourisme, industrie…) sont caractérisés par le contact constant entre altérités qui favorisent aussi bien les attractions et les circulations de populations que les redéfinitions et les crispations identitaires. L’heure de la globalisation n’empêche pas certains espaces d’afficher aujourd’hui avec force, parfois avec violence, leur particularité, où la religion et les pouvoirs politiques constituent un puissant instrument de définition et d’encadrement des sociétés, un marqueur incontournable des identités. Parmi ces espaces où resurgissent les antagonismes sans empêcher les échanges et les mobilités humaines, les rivages de la Méditerranée occidentale offrent un cadre pertinent d’étude des sociétés littorales dans le temps long, des mobilités et des différentes formes d’acceptation, d’assistance, d’encadrement ou de refus de ces mobilités, considérées par les autorités et les individus comme une source à la fois de richesses et de dangers (identitaires, économiques, sociaux…).

Ce colloque se déroulera à Nice, du 17 au 19 novembre 2016, à la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société Sud-Est, amphi 031 (rez-de-chaussée du bâtiment recherche).

COLLOQUE MOBILITES – Voir le programme

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XXXVèmes rencontres internationales d’archéologie et d’histoire d’Antibes – 14/16 octobre 2014

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Dans le cadre de l’axe 4, les XXXVèmes Rencontres Internationales d’archéologie et d’histoire d’Antibes sont organisées du 14 au 16 octobre 2014, Espace Fort Carré Antibes.

Cette année, le colloque a pour thème : Les systèmes de mobilité de la Préhistoire au Moyen-Age.

Organisateurs : Nicolas NAUDINOT (UMR 7264 CEPAM), Liliane MEIGNEN (UMR 7264 CEPAM), Didier BINDER (UMR 7264 CEPAM), Guirec QUERRÉ (UMR 6566 CReAAH), Claudia MOATTI (Université Paris 8/University of Southern California)

 

Programme, Résumés et participants aux 35e rencontres d’Antibes

 

 

 

Présentation :


 Se déplacer, transporter, échanger… Ces comportements et leur organisation ont toujours été et, à l’heure de la mondialisation, sont toujours, au cœur des systèmes socio-économiques. La mobilité constitue ainsi une thématique de recherche particulièrement heuristique pour les archéologues, les historiens et les ethnologues.

Les rencontres internationales d’Histoire et d’Archéologie d’Antibes constituent un parfait terreau pour aborder ce sujet complexe et inévitable dans nos champs disciplinaires. Ces journées jouissent en effet d’une très forte visibilité pour les différentes communautés d’historiens et d’archéologues. Elles constituent un rendez-vous attendu chaque année, notamment par les jeunes chercheurs, auxquels elles offrent un excellent moyen de diffusion de leurs travaux les plus innovants. Elles sont également réputées pour leur capacité à regrouper des communautés très diversifiées autour d’une grande question aux larges implications. La diachronie et l’interdisciplinarité sont ainsi les deux éléments structurants de ces rencontres internationales. Grâce à un important soutien des différents partenaires locaux et régionaux avec qui des relations privilégiées ont été nouées au fil du temps, ces journées bénéficient d’un fort ancrage régional et d’une excellente visibilité auprès du grand public. Dans le même temps, grâce à un comité d’organisation et un comité scientifique composés de chercheurs de rang international, elles permettent de toucher une large communauté scientifique et de bénéficier de débats de haut niveau mettant souvent en place des bases de réflexion heuristiques. Ce support constitue ainsi le cadre idéal pour appréhender la notion de mobilité dans toute sa complexité et diversité.

Ce colloque vise en effet à regrouper différentes communautés scientifiques afin d’appréhender les stratégies de mobilité dans toute leur diversité et complexité, dans le cadre d’une réflexion collective largement diachronique et interdisciplinaire. Les discussions permettront dans un premier temps de s’interroger sur les différentes formes que peut prendre la mobilité : de la dynamique de peuplement d’un continent, de la circulation d’artisans sur différentes régions, aux mouvements de population au sein d’espaces plus restreints en passant par les systèmes d’exploitation des territoires par les communautés de chasseurs-collecteurs, la mobilité regroupe une multitude de comportements aux échelles spatio-temporelles différentes et de natures variées. Ces différentes expressions de la mobilité se combinent d’ailleurs parfois pour former un système particulièrement complexe. Ces multiples facettes de la mobilité sont autant d’axes de réflexion qui pourront être abordés durant ces rencontres.

De quels éléments disposons-nous pour aborder les systèmes de mobilité à leurs différentes échelles ? C’est essentiellement autour de cette vaste question que s’organiseront ces rencontres d’Antibes. Les dynamiques et traçabilité des ressources, des pratiques et des usages, lorsqu’elles sont abordées à partir d’approches croisées mettant à contribution des champs disciplinaires variés tels que l’Archéologie et les Archéosciences, l’Histoire et l’Ethnologie, constituent un angle d’approche particulièrement stimulant. L’analyse des systèmes de mobilité est par ailleurs une solide passerelle vers la compréhension d’autres sphères des systèmes socio-économiques. Elle permet d’aborder les relations sociales au sein d’une communauté humaine aussi bien qu’entre différents groupes et de discuter des interactions avec le milieu naturel.

Ce colloque sera donc l’occasion de réfléchir aux cadres conceptuels élaborés par les différentes communautés scientifiques concernées afin de les tester et de les confronter. Après une première session méthodologique visant à aborder les différentes approches à disposition pour traiter de ces questions, les journées s’organiseront autour de thématiques portant sur la longue durée et rendant compte des différentes échelles de la mobilité : grandes dynamiques de peuplement, fondements socio-économiques de la mobilité, organisation des territoires ou encore interculturalité.


 Voir aussi : Actes des rencontres internationales d’archéologie et d’histoire d’Antibes

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« Une migration économique atypique: les mobilités dites roms en Europe occidentale » – 9 avril 2014

La conférence organisée à la MSHS, salle 128.

Les quelques pistes de réflexion présentées ci-dessous émanent d’une enquête de terrain en cours dans la région de Nice auprès de migrants roumains dits roms. Elles demandent à être encore travaillées et problématisées. La présentation de ce chantier devant les collègues de la MSHS lors de son séminaire interne n’a en cela nullement vocation à faire état de résultats d’enquêtes mais plutôt d’inviter ces derniers à une discussion en vue d’enrichir ces questionnements et, pourquoi pas,  à élaborer un projet de recherche interdisciplinaire commun.

Résumé :


Aux portes de nombreuses villes de France, on voit ressurgir depuis une petite dizaine d’années des bidonvilles. Ces formes d’habitats extrêmement précaires avaient alors servi de palliatif au manque de logement pour les travailleurs étrangers, en majorité issus des (anciennes) colonies, venus participer à l’effort de reconstruction nationale après la 2ème guerre mondiale. Aujourd’hui, la recrudescence de ces baraquements est –pour partie au moins- liée à une nouvelle migration, celle de populations pauvres et marginalisées venues d’Europe de l’Est et stigmatisées sous l’identification ethnique de « Tziganes » ou « Roms ». En évitant de prendre la catégorisation ethnique de façon essentialiste, on cherchera à mieux définir ces mouvements de façon à saisir ce qui les rapproche et ce qui les distingue d’autres formes de migrations économiques plus traditionnelles. On questionnera en particulier les formes d’altérités qui lui sont associées dans le territoire d’origine comme dans les espaces de migration, le rapport à l’espace européen, les parcours des individus et des collectifs ainsi que les projets –d’ascension sociale ou pas- portés par ces mobilités. A travers ces migrations, c’est la société européenne contemporaine qui peut être analysée.

–       D’un point de vue politique tout d’abord : si la mobilité des travailleurs, après celle des capitaux, fut longuement discutée dans le processus d’élargissement de l’UE ; la migration (économique) de populations faisant l’objet d’un fort rejet social de la part des majoritaires questionne la capacité d’intégration de l’Union et de ses Etats. En France, la primauté de la composante ethnique mise en avant dans les politiques publiques et dans les media invite par ailleurs à interroger le regard portée sur la misère et les processus de mise à distance de celle-ci. Les bidonvilles seraient-ils traités, politiquement, avec aussi peu de moyens si leurs habitants n’étaient pas préalablement perçus –et construits- sur le mode de la Différence. La transformation d’un problème social en un problème ethnique introduit une distanciation qui « rend tolérable » une situation autrement perçue comme politiquement critique. Il conviendrait de travailler sur les discours et les représentations liées à ces populations de façon à éclairer le traitement dérogatoire dont elles font l’objet.

–       D’un point de vue sociologique, il conviendrait d’étudier les formes de sociabilités et les modes de vie engendrés par ces lieux d’habitation. Le bidonville, habitat précaire s’il en est, est non seulement soumis aux aléas naturels (inondations, destruction par des tempêtes, feu…) mais il fait régulièrement l’objet de destruction par les pouvoir publics, avec ou sans proposition de relogement. Les migrants sur lesquels nous portons notre attention ne sont que très rarement –ou de façon mythique – nomades ; ils ne correspondent pas à la catégorie des « gens du voyage » et ne sont pas accueillis sur les aires réservées à cet effet. Il s’agit généralement, comme la majorité des migrants économiques, de personnes ayant quitté –souvent temporairement- un habitat très modeste dans leur pays d’origine et cherchant à vivre à peu de frais durant leur période migratoire de façon à économiser sur les gains obtenus pendant la migration. Même précaire, l’habitat reste source de liens affectifs et de sensibilité mais la labilité de ces habitats induit des pratiques et des relations sociales spécifiques : les expulsions et la destruction de ces lieux de vie obligent leurs habitants à se réinstaller, à négocier régulièrement leur place dans de nouveaux territoires, souvent déjà occupés par d’autres, à tisser des liens avec de nouveaux voisins dans des espaces où la solidarité –comme la notion de communauté- ne va pas de soi. Lorsque les déplacements s’effectuent sur des distances supérieures à quelques dizaines de kilomètres, ce sont souvent également d’autres formes d’insertion locales qui sont à réaménager : les lieux de « travail » (qu’il s’agisse de salariat, de mendicité, de récolte de déchets ou autre), les espaces de ressources (liens avec des associations caritatives auprès desquelles il est parfois difficile de se faire accepter), les espaces de scolarisation des enfants, etc. En ce sens, ces migrants, particulièrement exclus, doivent développer des capacités d’adaptation et d’insertion, tels des savoir-faire, qu’il conviendrait d’éclairer.

–       « En France, on trouve des choses plus belles dans les poubelles ». Au delà de la question de l’habitat, la migration d’une population laissée à la marge des sociétés dominantes dans leur pays d’origine comme dans les pays qui « les accueillent », invite à s’interroger sur l’économie de l’exclusion. De nombreux travaux ont montré comment les emplois subalternes des pays occidentaux pouvaient apparaître comme des opportunités très prisées pour des migrants issus de pays plus pauvres. On a moins souvent abordé la question en termes de relégation : en quoi est-il plus enviable, voire « plus rentable » de vivre à la marge d’une société riche ? Dans quelle mesure le niveau de vie global d’une société impacte ceux qui en sont dits exclus mais dont pourtant les activités lucratives en sont fortement dépendantes ? Reprenant le vocabulaire des informateurs, cela amènera à interroger la notion même de travail.

 

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